Le Président du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie, Chef de l’Etat, le Chef d’Escadron Djibo Salou, a rencontré, hier après midi dans la salle de réunion du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Nigériens de l’Etranger, les représentants des opérateurs économiques, du monde rural, et des opérateurs du domaine de la communication.
Cette rencontre s’est déroulée en présence du Premier ministre, du Secrétaire Permanent du CSRD, ainsi que des membres du CSRD et du gouvernement.« Nous ne saurions bâtir les fondements d'une restauration véritable de la démocratie, de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance, dans la pauvreté et la morosité économique », déclare le Chef de l’Etat
Après le discours introductif prononcé par le Président du CSRD, Chef de l’Etat, plusieurs participants à cette rencontre se sont exprimés. C’est ainsi que dans son intervention, le président de la Plate forme paysanne, M. Djibo Bagna, a souligné qu’il y a des textes comme le Code pastoral qui doivent être adoptés pour le développement du secteur rural. Il a en effet rappelé que ce code a été présenté au Parlement pendant le régime de la 5ème République, mais malheureusement, il n’a pas été validé. « Nous pensons que ce document, qui a reçu la participation de tous les acteurs et qui a été largement discuté au niveau de la base et au niveau régional, mérite d’être adopté », a indiqué le président de la Plate forme paysanne. Selon lui, il faut impliquer, secteur par secteur, les organisations de la Plate forme paysanne dans la composition du Conseil consultatif. M. Djibo Bagna a aussi indiqué que la Stratégie de Développement Rural (SDR) tarde toujours à se mettre en route.
Quant au représentant du Réseau des Chambres d’Agriculture du Niger, il a félicité le Chef de l’Etat pour la noble ambition qu’il nourrit pour le Niger, mais aussi pour les initiatives prises au profit des populations rurales, notamment la mise à disposition des vivres aux populations vulnérables. Il a enfin assuré le CSRD du soutien total des paysans nigériens. La représentante de l’APRTPN, Mme Moussa Kaka Djamila, a pour sa souligné que la radio doit bénéficier d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics. Elle devait par la suite demander au Chef de l’Etat la réouverture de la radio Sahara FM d’Agadez, membre de leur association. Le représentant de l’Association pour la Redynamisation de l’Elevage (AREN), a souligné que le Conseil consultatif ne doit pas être pléthorique. Selon lui, ce Conseil doit tenir compte de toutes les spécificités socio-culturelles du pays. Il doit également légitimer un certain nombre de textes qui seront élaborés par des spécialistes. Il doit avoir une administration et la convocation des autres membres doit se faire par session. Quant au président de la Chambre de Commerce d’Industrie, d’Agriculture et d’Artisanat du Niger, M. Idi Ango Ibrahim, il a souligné que les meilleurs alliés du secteur privé et des opérateurs économiques, ce sont la stabilité politique et sociale et la sérénité dans le climat des affaires. « Toutes ces choses étaient devenues des denrées rares dans notre pays depuis plusieurs mois. Pourtant, dans ce contexte difficile de tension politique, il a fallu faire fonctionner nos entreprises, c'est-à-dire, payer les impôts à l’Etat ; payer nos salariés ; assurer nos investissements ; créer des emplois ; créer des richesses. Nous l’avons fait dans des conditions difficiles », a ajouté M. Idi Ango Ibrahim. Il a ensuite indiqué que sa structure s’est investie dans la rédaction d’un document dans lequel elle suggère la prise en compte du secteur privé national comme un partenaire incontournable de tous les investisseurs qui vont venir dans notre pays dans le cadre de la mise en valeur des ressources minières. Enfin, le président de l’ANEPI, M. Boubacar Diallo, a fait au cours de son intervention, un plaidoyer en faveur de la dépénalisation du délit de presse, de l’alternance à la tête de l’ONC, et de la réouverture de la Maison de la presse fermée depuis 2008 par le gouvernement défunt pour des raisons inconnues. Après toutes ces interventions, le Président du CSRD, Chef de l’Etat, a exprimé à l’adresse des représentants des opérateurs économiques, du monde rural et des associations paysannes, tous ses remerciements pour leur soutien. En direction des opérateurs exerçant dans le domaine de la communication, il leur a demandé solennellement de les aider à maintenir un climat social apaisé, notamment à travers un traitement responsable de l’information qui cadre avec l’objectif de réconciliation nationale. (Ci-dessous l’intégralité du discours du Président du CSRD).
Oumarou Moussa
«Mesdames et Messieurs les représentants des opérateurs économiques, du monde rural et du secteur privé,
Le jeudi 18 février 2010, les Forces de Défense et de Sécurité ont pris le pouvoir, avec le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD), qui préside désormais aux destinées de notre pays. Cette nouvelle intervention des Forces de Défense et de Sécurité sur la scène politique nationale, nous a été imposée par la situation politique que vous connaissez. Comme l'ensemble du peuple nigérien et la Communauté internationale, vous avez été témoins de l'impasse dans laquelle notre pays s'est trouvé plongé. En dépit de tous les efforts déployés pour rechercher une solution à la crise, tant au niveau national, qu'à celui des amis du Niger, le processus de médiation, conduit par le Général à la retraite, Abdul Salami Aboubacar, s’est malheureusement soldé par l'échec que l'on sait. Vous avez ressenti, dans vos secteurs d'activités respectifs, les effets pervers induits par cette crise politique. Cela s'est traduit, en plus du blocage généralisé du pays, par une morosité de l'économie et un ralentissement sans précédent des activités, dont les effets étaient de plus en plus perceptibles, autant qu'ils menaçaient jusqu'à l'existence de nombre de vos entités. Il fallait, de toute évidence, trouver les moyens de sortir de cette impasse et offrir une nouvelle perspective et une nouvelle espérance au peuple nigérien ; il fallait donner à notre processus démocratique, si durement éprouvé, une chance de repartir sur de nouvelles bases ! C'est dans ce contexte que les Forces de Défense et de Sécurité, ont été amenées, une fois encore, à prendre et à assumer leurs responsabilités, celles de créer les conditions d'une restauration de la démocratie. Nous avons tenu, ce faisant, à être très clairs, Mesdames et Messieurs; nous ne sommes nullement intéressés par le pouvoir d'Etat et il n'est pas question, pour nous, de le confisquer et de nous y maintenir !
Il s'agissait, tout simplement, pour nos Forces de Défense et de Sécurité, qui ont toujours démontré leur caractère "républicain", de mettre fin à la situation de blocage politique et institutionnel dans laquelle le pays était plongé. C'est pour cette raison, que le CSRD, fidèle à son Serment, a décidé de convoquer, sans retard et sans atermoiements, un "Conseil consultatif", au sein duquel vous devrez, très rapidement, désigner vos représentants. Tout en souhaitant que ce Conseil soit suffisamment représentatif du Peuple Nigérien, dans sa pluralité, dans sa richesse et dans sa diversité, nous ne voudrions pas que sa composition soit pléthorique ! Ce Conseil Consultatif sera le creuset, au sein duquel nous mettrons à plat tous les problèmes qui, de l'avènement de la démocratie pluraliste à nos jours, ont régulièrement contrarié le développement de notre processus démocratique et empêché son enracinement véritable. Nous vous avons conviés, Mesdames et Messieurs les représentants des opérateurs économiques nationaux, du monde rural et du secteur privé, parce que vous êtes et avez toujours été des acteurs de premier plan, qui avez toujours occupé votre place et joué votre rôle, dans les grands débats de société qui engagent l'avenir de la Nation nigérienne. C'est pourquoi, vous devez, en tant que représentants des opérateurs économiques et du secteur privé, nous donner, sans complaisance et en toute objectivité, votre sentiment quant à l'entreprise d'assainissement de notre environnement financier, économique et social et d'amélioration du climat des affaires, à laquelle nous allons nous atteler. Nous ne saurions bâtir les fondements d'une restauration véritable de la démocratie, de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance, dans la pauvreté et la morosité économique.
De même, serons-nous particulièrement attentifs à votre contribution, Mesdames et Messieurs les représentants du monde rural et des associations paysannes, parce que vous représentez, avec l'Agriculture, l'Elevage, la Pêche et l'Artisanat, les principaux piliers sur lesquels est bâtie notre société. Comment ne pas évoquer, aussi, toute la gravité avec laquelle le CSRD appréhende la situation, particulièrement préoccupante, sur le plan alimentaire et nutritionnel, dans laquelle vivent aujourd'hui nos compatriotes des villes comme des campagnes, avec les signes évidents de la famine qui les menace. Nous avons, d'ores et déjà, instruit les structures compétentes de l'Etat, afin que toutes les dispositions soient prises, pour cerner au plus près, la réalité de la situation sur le terrain, étayée par des chiffres précis et fiables.
De même, nous avons engagé toutes les actions et initiatives que commande la réalité du terrain et l'urgence de la situation, notamment les distributions gratuites, là où il le faut, et la vente à prix modérés des céréales de base, sur toute l'étendue du territoire national. En tout état de cause, parce que le développement harmonieux et durable du Niger ne saurait se concevoir sans la prise en compte des réalités du monde rural, votre contribution au sein du Conseil consultatif sera de la première importance, quant à la définition de nos objectifs et priorités. Je vous remercie. »
16 mars 2010
publié le 16 mars 2010
Source : Le Sahel














































énigrer le...