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Le Sahel sera « moins vulnérable » aux crises alimentaires d’ici à 10 ans, selon le CILSS Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Le Sahel sera « moins vulnérable aux crises alimentaires dans les dix prochaines années », a indiqué le Secrétaire exécutif du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), le professeur Alhousseini Bretaudeau.



ImageDans un entretien à APA, en marge de la 8ème conférence des nations unies sur la désertification, dont les travaux se poursuivent dans la capitale espagnole, il a déclaré que le CILSS est en train de mettre en place des outils sur les prévisions pluviométriques et les productions agricoles, pour améliorer la maîtrise de l’eau, afin qu’elle s’infiltre.

Selon lui, cela va permettre d’améliorer le couvert végétal et le développement des cultures de contre-saisons.

« Cela est possible car il y’a bien des endroits au Sahel où après avoir dégradé les ressources naturelles des espaces, l’homme a restauré l’environnement »,a-t-il indiqué.

Entre autres exemples, le Professeur Bretaudeau a cité « la remontée de la nappe phréatique « jusqu’ à 7mètres » dans la région de Tahoua (Niger), ce qui a eu pour conséquence « une augmentation de la production maraîchère ».

La quantité des oignons secs produits au Niger a évolué selon la FAO de « 107.800 tonnes en 1980 à 270.000 tonnes en 2005, et 80% des oignons du Niger provient de la région de Tahoua.

« Il existe des solutions techniques, organisationnelles et politiques adaptées et reproductibles existent » a dit Professeur Brétaudeau.

Selon lui, ces solutions sont « souvent bien maîtrisées à l’échelle locale par les populations qui ne demandent qu’à être soutenues dans leurs efforts de lutte et d’adaptation face aux défis de la désertification.

Si l’optimisme dans la lutte contre la désertification est permis, « il ne faut cependant pas occulter les nombreuses difficultés auxquelles la région fait encore face pour la mise en œuvre de la convention (sur la lutte contre la désertification) » ajoute-t-il.

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Le Secrétaire exécutif du CILSS note qu’ « au niveau national ou sous régional, les partenaires se détournent de plus en plus de la lutte contre la désertification et de la gestion des ressources naturelles, compromettant à terme les efforts consentis jusque là ».

« Les Etats sahéliens sont assez démunis pour vaincre la désertification et ses corollaires » a-t-il plaidé, soulignant « qu’il est bien connu que le processus de la désertification dans le Sahel se poursuit lentement mais inexorablement du nord vers le Sud ».

Cette évolution s’accompagne, a-t-il poursuvi,« d’un déplacement des populations des zones rurales vers les Centre Urbains qui grossissent de manière démesurée. Toutes nos capitales et grandes villes sont aujourd’hui envahies par des millions de jeunes à la recherche de conditions minimales de vie ».

Selon le Professeur Bretaudeau « la logique actuelle voudrait que le Sahel devienne Sahara, que la zone soudanienne devienne sahélienne et que la zone guinéenne disparaisse et laisse la place à la zone soudanienne, et ainsi de suite.

Au final, toutes les zones climatiques laisseront la place à un désert ».

« Pendant ce temps où seront les populations ? » s’est il interrogé, appelant à un sursaut global pour « aider le Sahel à recréer les conditions écologiques favorables à la vie des espèces végétales, animales et des populations, qui dès lors limiteront leurs déplacements à la recherche d’un nouvel environnement plus favorable à la vie ».

« J’en appelle à un engagement et non à des intentions de nous aider à inverser la tendance de dégradation de nos écosystèmes » a-t-il souhaité.

Créé en 1973 au lendemain d’une des plus grandes sécheresses connues dans le Sahel, le CILSS compte neuf Etats membres : Cap Vert, Guinée Bissau, Gambie, Burkina, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.


Par Djibril Saidou

13 Septembre 2007
Publié le 13 Septembre
Source: http://www.apanews.net/


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