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L'achat des tracteurs pour le labour et le sarclage par les députés nationaux serait un énorme gâchis d'argent et aurait des risques énormes sur l'environnement, avec notamment la dégradation des sols, de l'avis de certains techniciens avisés
en la matière. Ce sont des coûts onéreux pour résultats maigres, disent-ils. Avec un seul de ces tracteurs qui coûtent 3,5 à 4 millions l'unité, donnés à crédit aux députés désireux de s'en procurer, il est possible de se payer plusieurs unités de culture attelée avec tous les accessoires.
Le plus grave est que lorsque ces engins de 2 à 3 chevaux vapeur sont utilisés sur des sols dunaires, ils dégradent considérablement les sols avec les disques. Cet état de fait a été observé plusieurs fois. Or, les cultivateurs canadiens, avec leurs 3 ou 5 dents à scarification combinée permettent l'enfouissement de l'engrais et éventuellement la matière organique (déchets domestiques) à travers le scarifiage plus adapté pour ces types de sols. Ensuite, parce qu'ils qui fonctionnent avec une traction azine ou bovine on peut réaliser un travail important dans les périmètres irrigués. Ils permettent de faire au paysan une économie considérable sur le carburant et les pièces de rechange, qui sont au demeurant chers. L'une des forces du projet de Maradi dans les années 1987-1990 est justement d'avoir pu largement vulgariser la culture attelée. Aujourd'hui les acquis de cette démarche sont palpables, parce que les paysans ayant compris tout le bénéfice qu'ils peuvent tirer de la culture attelée ne veulent plus se replier sur la houe ancestrale. Tant qu'ils peuvent l'éviter en tout cas ! Et il est incontestable que les résultats de cet engagement se sentent quand même dans la production de la région. Le plus grand des avantages est que du fait de leur coût abordable, ils permettent de toucher un plus grand nombre de paysans avec des moyens plus limités, toute chose qui aurait pu guider le choix des options du programme spécial. Au regard de ces avantages, ne seraitil pas intéressant de recréer les structures de crédit des équipages attelés aux paysans comme la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA) et lutter pour leur approvisionnement par les partenaires du Niger, plutôt que de leur demander de nous donner quelques tonnes de riz ou de maïs chaque fois qu'on a faim ? Ibrahim Manzo 07 Février Publié le 05 Février Source: L'Autre Observateur
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