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Yolehinza
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Assemblée nationale/Audition du ministre du Développement Agricole
“Excellence Monsieur le président de l'Assemblée nationale; Honorables députés nationaux ; Comme à l'accoutumée, l'honneur m'échoit aujourd'hui de vous entretenir sur le
déroulement de la campagne agricole d'hivernage 2007/2008 et vous présenter les résultats de son évaluation provisoire. Mais auparavant, je voudrais vous rappeler les dispositions prises par mon département ministériel pour assurer une bonne campagne agricole. Ces efforts ont d'abord porté sur un appui de plus de 1.650 tonnes de semences améliorées de mil, sorgho et niébé, ainsi que 54.000 litres de produits phytosanitaires gracieusement offerts aux producteurs. En plus, en vue de soutenir les populations dans leurs efforts de production, le gouvernement a mis en vente, à prix modérés, 10.537 tonnes d'engrais sur une prévision de 16.000 tonnes. D'autre part, l'opération vente à prix modérés et à crédit des tracteurs a porté sur 368 engins dont 196 ont été vendus au cours de la présente campagne avec des prix de 750.000 F pour les motoculteurs et 3.500.000 F pour les tracteurs de 35 CV par exemple. Cette opération a été élargie aux responsables des institutions, aux membres du gouvernement, aux députés nationaux, aux gouverneurs et aux opérateurs économiques pour permettre la modernisation de notre agriculture et ainsi augmenter les superficies emblavées et la productivité de nos systèmes de production. Sur instructions de Son Excellence Monsieur le Président de la République, des dispositions sont également prises pour que les 172 tracteurs restants soient vendus au niveau des communes rurales qui en exprimeront le besoin.
Excellence Monsieur le président ; Honorables députés ;
Du point de vue de son déroulement, la campagne agricole d'hivernage 2007 a démarré à partir de la 1ère décade du mois d'avril avec les premières pluies utiles qui ont permis d'effectuer des semis partiels réussis de mil au niveau de certaines localités des départements de Gaya dans la région de Dosso et de Bouza dans la région de Tahoua.
Excellence Monsieur le Président; Honorables députés ;
La campagne a été caractérisée par des précipitations irrégulières et mal réparties dans le temps et dans l'espace jusqu'à la 2ème décade de juin. Le retour à une situation pluviométrique normale est intervenu à la 3ème décade du même mois. A partir de cet instant, et ce jusqu'en fin août, des pluies régulières et abondantes, voire diluviennes par endroits, se sont abattues sur l'ensemble de la zone agricole de notre pays, occasionnant hélas des inondations dans certaines localités et sur certaines cultures. L'abondance et la régularité des pluies ont permis un développement végétatif normal des cultures jusqu'au 10 septembre. A partir de cette date, et bien avant pour certaines localités, on a assisté à un affaiblissement précoce des activités pluvio-orageuses. Cette situation s'est accentuée à partir de la deuxième décade entraînant l'assèchement des cultures pour cause de sécheresse et d'épuisement de la réserve utile en eau du sol. L'espoir de voir les pluies se poursuivre au 30 septembre s'est estompé et des dessèchements allant jusqu'au point de flétrissement permanent ont été observés dans les parties septentrionales du pays. Au 30 septembre, les cumuls pluviométriques varient entre 400 et 920 mm sur la majeure partie de la zone agricole. Comparés à 2006, ce cumul est excédentaire sur 67% des postes. De même, comparé à la normale 1971-2000, le cumul pluviométrique au 30 septembre 2007 est excédentaire sur 77% des postes de suivi de la campagne.
Excellence Monsieur le président; Honorables députés ;
En ce qui concerne les semis, trois principales vagues de semis ont ainsi été observées : Les semis du mois d'avril qui ont intéressé 212 villages, soit 2% des villages agricoles répartis au niveau des régions de Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéri et de Zinder ; les semis des mois de mai et juin ayant concerné près de 60% des villages soit 6380 villages ; les semis du mois de juillet marquant le parachèvement de cette opération dans la zone agricole du pays avec 4013 villages, ou 38% dont 367 à la 3ème décade, soit 3,46%. Au 31 juillet 2007, l'ensemble des 10 605 villages agricoles ont effectué leurs semis en humide contrairement à l'année 2006 où 452 villages n'ont semé qu'à la première décade d'août. Il faut cependant retenir que la majorité des villages agricoles (85%) ont effectué leurs semis à l'intérieur de la période normale d'installation de la campagne au Niger. A la faveur des bonnes conditions hydriques enregistrées en juillet et août, l'état végétatif des cultures a été globalement satisfaisant et leur développement s'est accéléré pendant la période. L'indice de satisfaction des besoins en eau des cultures a varié en moyenne entre 80 et 100 % sur la majeure partie de la zone agricole et ce jusqu'au 10 septembre. Cependant, les pluies vont s'arrêter avant cette date dans quelques localités, et dans tous les cas, au cours de la 2ème décade de septembre, au moment où les cultures au stade de floraison avaient le plus besoin d'eau. Ces cultures qui ont vu leur développement perturbé, sont situées dans les zones ayant enregistré les derniers semis. Malgré tout, au 30 septembre, pour les céréales, les stades observés varient de l'épiaison floraison à la maturité avec une prédominance de la maturité qui couvre 65% des emblavures. Pour les légumineuses, ils varient de la formformation des gousses à la maturité.
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Excellence Monsieur le président; Honorables députés ;
Sur le plan phytosanitaire, la campagne agricole 2007 a incontestablement été l'une des plus calmes que notre pays ait connu au cours de la décennie écoulée. Même si la surveillance du criquet pèlerin dans ses aires traditionnelles de l'Air et du Tamesna n'a pas été effective au cours de la campagne, la situation relative à ce ravageur est restée calme. En ce qui concerne les autres ennemis des cultures, la pression a été également faible, comparativement aux situations de l'année dernière et à la moyenne des dix dernières années. Les interventions phytosanitaires effectuées tout au long de la campagne ont couvert 139.154 hectares sur les 235.560 infestés soit un taux de couverture de 60 %, ce qui a permis de contenir dans des proportions supportables, l'ampleur des dégâts sur les récoltes.
Excellence Monsieur le président; Honorables députés ;
J'en viens maintenant aux résultats de la campagne agricole : L'enquête permanente agricole communément appelée Enquête de Prévision et d'Estimation des Récoltes (EPER) a été conduite en 2007 dans 578 zones de dénombrement contre 470 en 2006 répartis sur l'ensemble du territoire national à l'exception du département de Bilma. Ce sont ainsi plus de 7 400 exploitations agricoles qui ont été enquêtées pour les besoins de la prévision et de l'évaluation. Il ressort de cet exercice que la campagne agricole d'hivernage 2007/2008 a enregistré une production céréalière prévisionnelle brute (mil, sorgho, maïs, riz, blé et fonio) estimée à 3 959 506 tonnes, soit une réduction de 2,45% par rapport à 2006 qui a enregistré une production brute totale de 4 059 123 tonnes. De cette production, la contribution des aménagements hydro agricoles s'élève à 78 500 tonnes de riz et de blé. En déduisant les pertes et les quantités destinées aux semences qui représentent 15% de cette production brute, la production céréalière disponible pour les besoins de consommation des ménages est de 3 349 880 tonnes. Les besoins de la population actualisée au 30 Avril 2008 étant estimés à 3 198 201 tonnes, il se dégage alors un surplus brut de 151 679 tonnes contre 277 587 tonnes en 2006. Quant au bilan céréalier qui intègre le différentiel de stocks et le solde importexport, il dégage un excédent net de 303 170 tonnes contre 488 817 tonnes en 2006. En ce qui concerne les principales cultures de rente et de diversification, on s'attend à une production de : 795 831 tonnes de niébé ; 147 229 tonnes d'arachide ; 46 398 tonnes de sésame ; 14 323 tonnes de souchet. Par ailleurs, en prélude à l'établissement du bilan alimentaire, nouvel outil ouest africain d'analyse et de suivi de la souveraineté alimentaire, mon département ministériel a procédé à la prévision des productions de la campagne irriguée 2007/2008 comme suit : 327 664 tonnes de tubercules et racines ; 900 984 tonnes de légumes ; 106 000 tonnes de fruits ; 29 533 tonnes d'épices et stimulants ; et 259 866 tonnes de canne à sucre. Ainsi, les productions brutes cumulées des cultures irriguées représentent 1 563 474 tonnes, correspondant à 258 658 tonnes d'équivalent céréalier, ce qui devrait contribuer à réduire la facture d'importation de produits alimentaires. Il convient de préciser que le bilan alimentaire prend en compte en plus des productions végétales, les produits animaux, les produits de pêche et autres produits forestiers.
Monsieur le président Honorables députés ;
L'espoir suscité par les bonnes conditions agro météorologiques de juillet/août a été quelque peu déçu par l'arrêt brusque des pluies. Certaines zones du pays ont été plus touchées que d'autres et d'autres phénomènes tels que les attaques de sauteriaux ou les inondations, ont réduit les rendements des cultures. Sans oublier la pauvreté et le lessivage de certains sols, toutes choses qui ont abouti à un mauvais bouclage du cycle des cultures en place ou a des graines mal remplies. De ce fait, la campagne a très peu répondu aux attentes des producteurs de ces zones qui risquent de connaître des difficultés alimentaires au cours des mois à venir. Cette situation concerne 2.994 villages situés pour l'essentiel dans les départements de Filingué, Ouallam, Say, Dogondoutchi, Loga, Boboye, Birni N'Konni, Madaoua, Tahoua, Guidan Roumji, Madarounfa, Tanout et Matameye.
Monsieur le président ; Honorables députés;
Comme nous venons de le voir, bien qu'excédentaire, la campagne agricole 2007/2008, a quelque peu émoussé les espoirs nés en juillet/août avec l'arrêt brusque des pluies en septembre. Nous devrons donc nous convaincre de la fragilité de nos systèmes de production et de l'incidence des changements climatiques sur les écosystèmes. C'est pourquoi, le développement de l'irrigation constitue la priorité des priorités de mon département ministériel. Je voudrais rappeler à cet effet les attentes légitimes que les producteurs placent au démarrage du programme de lutte contre l'insécurité alimentaire par le développement de l'irrigation et auquel le gouvernement accorde une place primordiale. Je vous informe également que le gouvernement a déjà pris toutes les mesures nécessaires à la consolidation de la sécurité alimentaire et poursuivra le train des mesures suivantes : en plus des actions habituelles d'atténuation de la vulnérabilité alimentaire des ménages à travers le cash for work, la création et le renforcement des banques céréalières, l'appui à la petite irrigation, le gouvernement a décidé de poursuivre la reconstitution et le renforcement du stock stratégique de sécurité alimentaire; la relance de la filière semencière pour remplacer les souches en dégénérescence et la création des fermes agricoles modernes, le développement d'une chaîne nationale de solidarité qui faciliterait le transfert des excédents vers les zones déficitaires pour bannir la propension à la recherche de facilités ; la mobilisation véritable des partenaires autour des programmes que nous jugeons prioritaires pour le développement agricole du Niger et qui sont contenus dans la Stratégie de Développement Rural (SDR).
Excellence Monsieur le président; Honorables députés ;
Tout en demeurant à l'écoute de toutes suggestions venant de votre part particulièrement en ce qui concerne la bonne gestion de cette production nationale, les mesures envisagées pour l'atténuation des difficultés alimentaires des ménages déficitaires, je vous assure de l'engagement du gouvernement tout entier à tout mettre en oeuvre pour garantir la sécurité voire la souveraineté alimentaire de nos populations. Je vous remercie de votre aimable attention.”
05 décembre Publié le 05 décembre 2007 Source: Le Sahel