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Commercialisation de l'oignon: à la conquête du marché international
C'est la saison de la récolte de l'oignon dans la région de Tahoua. Les producteurs savourent les fruits de leurs durs labeurs. Cultivé dans une importante partie de la région,
cet oignon, appelé aussi le " violet de Galmi ", du nom d'une localité de la zone, est pour beaucoup de familles la principale source de revenus. Dans les vallées de la Maggia et de la Tarka, les bas fonds, les sites aménagés des barrages du Programme spécial, dans les zones de Bouza, Madaoua, Konni, Galmi, Badaguichiri, Tabalak, Tchintabaraden et aussi dans la Communauté urbaine de Tahoua, les producteurs de cette plante potagère n'ont en ce moment à l'esprit que les estimations des rendements de la saison 2008 et surtout, ce que pourrait rapporter cette production. Car ce n'est pas tout que de produire. La grande préoccupation des producteurs c'est d'écouler leur produit à un prix acceptable.
Cultivé sur quelque 11000 hectares à travers les huit (8) départements que compte la région, l'oignon est la principale culture maraîchère de la région. A elle seule, la région de Tahoua fournit 50% de la production nationale d'oignon, fait remarquer M Chaibou Adamou, le directeur régional du service du développement agricole. " L'oignon est la première culture maraîchère dans la région, suivie de la tomate ", précise-til. Les zones de fortes concentrations de cette production sont Galmi, Sabon Guida, Madaoua, Tamaské, Keita, Adounna, Tabalak. Ces vastes superficies sont arrosées à partir des puisards ou des mares à l'aide des moto-pompes. Selon les chiffres de la Direction régionale du développement agricole, la production de l'année 2007 est estimée à 345.000 tonnes. La grande partie de cette production est exportée vers les autres régions du pays et surtout dans les pays étrangers. Les destinations les plus en vue sont le Ghana, la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Bénin.
Il est difficile de déterminer le nombre des producteurs, même si certains sont regroupés en coopératives. Selon les chiffres du Projet de promotion de l'irrigation privée phase2, la région compte 2076 organisations paysannes avec 45. 046 adhérents. Leur adhésion à ces structures permet aux paysans d'accéder à l'appui des projets qui interviennent dans le domaine du maraîchage. C'est le cas des maraîchers de Zangarata, Tamaské dans le département de Keita qui ont pu renforcer leurs moyens de productions avec l'aide qu'ils reçoivent du Fonds d'appui aux initiatives locales ou ceux de la Communauté urbaine de Tahoua. Cet appui est apporté sous plusieurs formes, notamment l'achat de motopompes, le fonçage de puits, la formation, etc. Mais que ce soit à Tamaské, l'un des grands points de culture de contre-saison ou en d'autres endroits, les producteurs ont toujours les mêmes préoccupations : la cherté des intrants et autres produits phytosanitaires. " Le sac d'engrais revient à 22.000 FCFA. Ce n'est pas à la portée de tous les paysans ", se plaint Elhadj Oumarou Salamou, un
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producteur de la Commune rurale de Tamaské. Tout comme ce producteur, Mahamadou Ismaila, président d'un groupement de maraîchers au village de Zangarata dans la commune de Keita, se plaint du problème de l'écoulement de la production, en plus de la cherté des produits phytosanitaires. Abdou Mahamadou, membre de la coopérative Tchigaba, affiliée à la Fédération des coopératives des maraîchers Niya, qui exploite un jardin dans la Communauté urbaine de Tahoua depuis 25 ans, témoigne également au sujet de ces difficultés. Cependant, relève-t-il, beaucoup de producteurs n'ont pas connaissance des bonnes pratiques du maraîchage. Ce qui, dit-il, explique en grande partie les mauvais renderendements. " Il y a tout un processus à suivre. Des semences à la récolte en passant par le repiquage. Rien ne doit être négligé ", insiste-t-il. Mais beaucoup de producteurs ne sont pas encore organisés et ne comptent que sur leurs propres moyens. C'est le cas de Ala Ali, un producteur de Kéhéhé, rencontré à Tahoua où il est venu réparer la moto-pompe qu'il utilise pour arroser son exploitation. Il a repris les terrains qu'exploitait son père. Depuis huit ans, il travaille sur cette exploitation d'une superficie de cinq hectares. Comme d'autres exploitants, il loue les terres auprès des propriétaires. Pour chaque hectare, Ala Ali paye 10.000 FCFA par saison. " Le travail demande beaucoup d'efforts et de moyens. Je dépense 400.000 FCFA par saison pour l'exploitation de mes cinq (5) hectares ", affirme Ala Ali. Cette somme est dépensée pour l'achat des engrais et autres intrants et pour le salaire des ouvriers. Mais Ala ne se plaint pas relativement au bénéfice qu'il en tire. Déjà, avant la fin de la saison de la grande récolte, il a vendu de l'oignon pour 1.000.000 de francs CFA. Ayant semé un peu plus tôt, il a pu faire une première récolte au moment où les prix étaient favorables, le produit étant encore rare sur le marché. Ce qui augure d'une bonne saison pour ce producteur d'une quarantaine d'années. Si ses prévisions se réalisent, il espère gagner 2.000.000 FCFA cette saison. Mais il pourrait en gagner bien plus. Le plus gros profit, explique-t-il, est réalisé par les commerçants qui exportent le produit vers les pays étrangers, ou ceux qui arrivent à conserver leur production. A se fier aux déclarations d'intention d'exportation au niveau de l'antenne régionale de la Chambre de Commerce d'Agriculture, d'Industrie et d'Artisanat du Niger, l'oignon aurait rapporté, en 2007, 2.500.000.000 de FCFA. Un chiffre qui est loin de refléter la réalité, reconnaissent les responsables de ce service. Car ce chiffre ne porte que sur 25.000 tonnes. Une bonne partie des exportations n'est pas toujours déclarée.
Mais en ce moment, les producteurs se plaignent plutôt du mauvais prix sur le marché local inondé par la production. Les paysans n'ont pas une grande marge de manoeuvre devant les acheteurs qui exportent l'oignon. " Ils vont jusqu'à proposer 4000 FCFA pour le sac de 120 à 140 Kg ", s'indigne Elhadj Oumarou Salamou, un producteur de Tamaské. Le prix continue à dégringoler. " Ce qui est souhaitable, c'est l'intervention de l'Etat pour fixer un prix minimum de 10.000FCFA par sac " plaide-t-il. Et, explique Abdou Mahamadou de la coopérative Tchigaba de Tahoua, les producteurs se retrouvent dans l'obligation de bazarder leurs récoltes pour rembourser les crédits pris pour l'achat des semis ou des engrais, ou parce que ne maîtrisant pas la technique de la conservation de l'oignon. Un autre problème auquel font face les producteurs, c'est la menace fréquente d'un parasite de l'oignon que l'on appelle ici " bounsourou”.