Comment souhaitez-vous vous présenter aux internautes de Nigerdiaspora ?Ibrahim Tiémogo : Très simplement : un agronome nigérien résidant en Europe.
Nigerdiaspora : Quel a été votre parcours académique ?
Ibrahim Tiémogo : Ingénieur Agro économiste, titulaire d’un doctorat es sciences agronomiques, j’ai successivement fait mes études universitaires en Côte d’Ivoire (Université et ENSA d’Abidjan), en France (ENSA de Montpellier, Université de Montpellier I), aux USA (Université de Madison, Wisconsin) et au Maroc (Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II).
Nigerdiaspora : Quels sont les facteurs qui ont orienté votre carrière ?
Ibrahim Tiémogo : Le désir et la volonté d’être plus utile, en particulier en direction des communautés rurales. J’ai eu un parcours professionnel très varié, mais j’ai toujours gardé à l’esprit que la finalité est celle d’apporter ma contribution aussi modeste soit elle, au développement socio économique de ce qui est communément appelé le monde rural.
Nigerdiaspora : Pouvez-vous nous donner un aperçu de vos expériences professionnelles nationales et internationales?
Ibrahim Tiémogo : Au cours de ma longue carrière professionnelle, j’ai eu à diriger pendant de nombreuses années au Niger, plusieurs organisations et établissements publics et privés œuvrant dans le domaine des politiques agricoles, planification, vulgarisation, irrigation et promotion des organisations paysannes. J’ai ensuite poursuivi mon parcours dans certaines organisations internationales. Depuis 1996, je travaille pour le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale-CTA ACP-EU, dont le siège se trouve aux Pays Bas, en qualité de responsable du programme des partenariats locaux et nationaux.
Nigerdiaspora : Quelles sont les difficultés et les éléments facilitateurs que vous avez rencontrés en tant que fonctionnaire international ?
Ibrahim Tiémogo : Les difficultés font partie de l’apprentissage permanent de nous tous. L’essentiel c’est de développer une capacité pour y faire face et trouver des solutions. C’est ce à quoi je m’attelle en permanence. Je suis naturellement très optimiste et ne garde que le bon côté des choses de la vie. Il reste cependant bien entendu qu’il n’est jamais très aisé de vivre en dehors de son pays et loin des siens. Sur le plan professionnel, de nombreux efforts doivent quotidiennement être déployés pour satisfaire les besoins et les attentes de nombreux pays et organisations avec lesquels je travaille. Tout ceci m’apporte bien sûr beaucoup de satisfaction et un immense enrichissement personnel et professionnel et constitue un encouragement à aller toujours de l’avant.
Nigerdiaspora : Quels sont les enseignements que vous avez tirés de votre expérience ?
Ibrahim Tiémogo : La victoire est toujours au bout de l’effort. Donner le meilleur de soi, faire preuve d’abnégation, d’engagement et de saine conviction constituent à mes yeux le meilleur exemple que moi et tous ceux de ma génération peuvent léguer à nos cadets et à nos enfants.
Nigerdiaspora : Qu'est ce qui vous a poussé vers l' Agro"?
Ibrahim Tiémogo : C’est une histoire assez ancienne qui remonte aux années 1963-1964. J’étais au CM2 à l’Ecole Primaire Garçons de Filingué. Le chef du service agricole venait nous donner des cours d’initiation à l’agriculture et aux sciences naturelles. De là naquit cette passion qui est toujours vivace en moi.
Nigerdiaspora : Quels conseils donnez-vous aux jeunes Nigériennes et Nigériens qui voient en vous un modèle ?
Ibrahim Tiémogo : Toute expérience reste individuelle et par conséquent non reproductible. Je reste toutefois persuadé que seul le travail bien fait peut être payant et valorisant. J’exhorte par conséquent tous les jeunes à croire fortement en leurs capacités et en leurs valeurs, à être convaincus qu’il n’y a pas de fatalité immuable et qu’il faut se lever et se battre dans la vie de tous les jours. Je reconnais également que la situation actuelle n’est pas facile dans notre pays, dès lors, nous devons joindre tous nos efforts, nos énergies et nos intelligences pour faire bouger les choses.
Nigerdiaspora : Quels constats faites-vous aujourd'hui de la situation alimentaire mondiale ?
Ibrahim Tiémogo : Selon les récentes estimations des experts, plus de 100 millions de personnes dans le monde pourraient être précipitées dans la misère du fait de l'augmentation des prix pour les denrées alimentaires. Que faut-il faire face à cette crise mondiale ?
Les prix des denrées alimentaires ont explosé. Quelles sont les causes et les conséquences de cette crise ? Les céréales telles que le blé, le riz et le maïs constituent l'alimentation de base de l'humanité. Leurs prix ont presque doublé en un an, entraînant une hausse mondiale des cours des produits alimentaires. Ce qui apparaît comme étant la première crise alimentaire mondialisée soulève des questions simples appelant des réponses concrètes. Que se passe-t-il concrètement ? Les cours de la plupart des matières premières agricoles ont brusquement flambé sur les marchés mondiaux à partir de 2006 à un rythme qui s'est accéléré en 2007 et 2008.
Nigerdiaspora : Que pensez-vous l'agriculture au Niger ?
Ibrahim Tiémogo : Le secteur agricole du Niger doit actuellement faire face à de nombreux défis dont les plus importants sont la dégradation de la fertilité des terres cultivées et des parcours, la diminution de la capacité de charge des zones de pâturage liée à l’augmentation des effectifs de bétail, et la pression démographique galopante qui non seulement affecte l’exploitation abusive des ressources naturelles mais aussi exacerbe le déficit alimentaire devenu structurel. Sans des interventions soutenues et s’inscrivant dans le long terme, le déficit alimentaire ne peut que s’aggraver. En effet, les statistiques agricoles du pays montrent par exemple, que les superficies des terres agricoles du Niger sont passées de 11 500 000 ha en 1999 à 12 600 000 ha en 2003 soit une augmentation de 220 000 ha chaque année. Pendant cette période, les niveaux de rendements des principales cultures, et donc la production agricole, ne se sont pas améliorés. L’extension des superficies cultivées s’est donc faite essentiellement aux dépens des terres marginales qui autrefois étaient laissées en jachère ou servaient comme terrains de parcours. Le Niger, qui était autosuffisant en denrées alimentaires et même exportateur de céréales jusqu'à la fin des années soixante, est devenu déficitaire.
Nigerdiaspora : Les medias ont toujours donné une image du Niger comme un pays ou l'agriculture est à la traîne. Quelle est votre opinion sur la situation et les perspectives de ce secteur au Niger ?
Ibrahim Tiémogo : Comme vous le savez, l’information est difficilement neutre. Il est vrai que nous avons souffert et nous continuons de souffrir de certaines images et écrits sur le Niger, notamment en relation avec la situation alimentaire nationale. En ce qui concerne les perspectives, je reste persuadé que le Niger a les ressources et les potentialités pour retrouver son auto suffisance alimentaire des années soixante. Pour ce faire, je suis très heureux de constater que les responsables nigériens du secteur agricole déploient de nombreux efforts qui vont dans le bon sens. A cet effet, je note tout simplement l’espoir soulevé par le démarrage prochain des travaux de construction du barrage de Kandaji qui sera le fer de lance de la reconquête de notre autosuffisance alimentaire.
Nigerdiaspora : Je vous laisse le mot de la fin.
Ibrahim Tiémogo : Je vous remercie très sincèrement pour cette opportunité qui m’a été offerte pour m’adresser à vos internautes. Je me permettrai de saluer cette heureuse initiative qu’est Nigerdiapora qui en l’espace de 5 années a pu et su s’imposer dans la toile. Je vous encourage par conséquent à persévérer encore davantage, afin de renforcer la présence des couleurs nigériennes sur l’internet.
Ibrahim Tiémogo
A travers cette interview nous tenons à rendre hommage au grand frère Ibrahim Tiémogo, le parrain de Nigerdiaspora. Nous le remercions sincèrement pour son soutien, ses conseils et ses encouragements.
Réalisée par Boubacar Guédé
21 Septembre 2008
Publié le 21 Septembre 2008
Source : Nigerdiaspora, La communauté Virtuelle du Niger
Commentaires (16)
le nigérien de la semaine ibrahim tiémogo
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Sincerement
Saidou Hangadoumbo, MD, MPH, Ph.D
International M&E Consultant, Global Fund HIV/AIDS Project
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Car enfin, on pourrait gloser longuement sur la signification des particules nobiliaires des filles et fils de ce Niger-là dans toutes nos langues locales ou nationales, mais un sens particulier et commun semble se dégager!
Chacun et chacune a quelque chose de bien unique et particulier en soi qui pourrait utile dans le nécessaire (re) positionnement de ce pays.
Karimou DIA HANTCHI, M.Sc.T., M.Sc. Ph.D., Ed.B., CT
Professeur
Tous mes encouragements à NigerDiaspora.
Encouragements
Sur la situation de l agriculture au niger, il n y a pas de miracle a attendre puisque les tous les indicateurs de la securite alimentaire sont au ROUGE.
En octobre 2007, l analyse que nous avons effectuee de 175 indicateurs qui peuvent definir le PROFIL SECURITE ALIMENTAIRE DU NIGER, explique l etat de l insecurite alimentaire chronique du pays....En rappel, chaque annee le besoin complementaire en cereales alimentaires du au taux d accroissement annuel de la population (3,3%), est plus de 100 000 tonnes!
NB: Pour plus d infos sur ce Rapport d etude, contactez HAMID AHMED, Directeur du REDES (tel.: 227-96968661; Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ).
Quant a la qualite des ressources humaines, les dirigeants savent bien qu elle existe pour aider a mieux decider dans le domaine, mais reste a prendre le temps de la chercher et de l utiliser de maniere effficae et efficiente...
GABDAKOYE BARKIRE BOURAHIMA, Ing., Ph.D.
Je ne sais pas si le Niger fait assez en les assurant avec les conditions et les opportunités qui valorisent leurs compétances !
les conditions et les opportunités qui valorisent leurs compétances.Il semblerait que souvent au Niger ce n'est pas la compétance qui importe.
Au lieu de se préoccuper jour et nuit de ses tonnaux vides de politiciens et de leurs satellites qui font trop de bruit, il est impératif que le Niger mette au centre de sa stratégie de développement, quelle soit de court terme, de long terme ou durable, tous ses technocrates, ses compétances et ses talents; autrement dit tout ce capital humain. Il doit aussi en même temps en avoir la culture et l'idéologie.A ce titre il y en a même qui disent que "le développement c'est la science devenue culture". Car il ne faut pas se tromper, pour un pays comme le Niger à l'environnement assez hostile et avec les autres ressources assez limitées, ce capital humain est la clé incontournable du developpement et du progrès social. Et il se constitue par l'éducation et la formation. D'où l'importance qu'il faut redonner à l'éducation et à la formation démocratique d'antan, qui est de surcroît un facteur de reduction des inégalités sociales, par son rôle d'ascenseur social.Et je pense que c'était ça la chance de nos parents et aînés par rapport à notre génération !
Toutes les compétences sont à valoriser
Avec cette inititaive de NigerDiaspora de nous faire decouvrir les talents nigériens, il me semble bien que le temps viendra ou une prise de conscience s'installera au sein de notre pays et de nos autorités pour faire en sorte que les compétences diverses des nigériens, rien que celles ci soient mises en valeur au détriment des recompenses politiques, esperons, ne serait ce qu'aux postes techniques et décisionnels.
En regardant chez nos voisins, le Mali a très bien compris que son développement est l'affaire de tous ses fils. Il les implique à tous les niveaux. Chez nous, malheureusement, le nigérien de l'extérieur est marginalisé, à commencer par sa famille, son entourage, ses ex-superieurs qui le découragent de rentrer, qui le blocquent dans ses investissement au pays, qui l'empêchent d'espèrer et donc hypothèquent son desir de retour (pourtant ineluctable). Par conséquent, un veritable travail d'incitation et d'appel doit se faire pour amener tous les nigériens à s'interesser au Pays. A commencer par les dénicher et les faire connaitre comme l'a fait NigerDiaspora avec Anne-Rachel Inné, Dr Tiemogo et bien d'autres. Merci à pour cette initiative. Les compétences et les expériences de tous les nigériens sont à capitaliser pour son développement. Fraternellement.
Encouragements à nigerdiaspora
Je te félicite très sincèrement El Hadj d' avoir accepté cette interview. Le Niger sait désormais où tourner son regard quand il est question de solutions aux problèmes agricoles de notre cher pays. Le mérite se doit enfin d'être valorisé.
Professeur
Salutations cordiales Ibrahim. N'attendons pas la retraite pour valoriser tous nos acquis.
commentaire
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A l'époque nous nous inspirons sur votre modèle alors étudiants ( TIADO et toi) et nous à l'école primaire.
Vous nous avez toujours reservé un temps pour les cours de vacances c'était dans les années 1973. Toujours simple,respectueux envers les mamans quand tu passes devant chez nous.
Que dieu te garde pour cette génération, le Niger a encore besoin de toi et tous ceux qui sont de ton profil.
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je me rejouis de decouvrir une autre compétence nationale; merci à Niger diasporama.
Des têtes et des carrieres bien remplies sont nombreuses; deux questions se posent: quel est le cadre qui pourrait leur permettre de se mettre pleinement au service de la nation? comment imposer une politique agricole aux politiciens?
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il donc necessaire qu'un etat de lieux des ressources humaines soit fait afin de suivre les opportinutés de developpement. à ceci il faut ajouter la formation qui contitue l'handicap majeur
merci
































énigrer le...