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Hommage à Idé Oumarou, sept ans après
Sept (7) ans après sa mort subite, la mémoire de Idé Oumarou persiste à résister au temps voire à l'actualité, comme en témoignent les nombreux hommages rendus par les médias et l'important héritage littéraire laissé par le défunt
et d'où émerge comme un pain de sucre,''Bana Bana'' un merveilleux roman paru à titre posthume en 2003.
Sans s'y attarder, ce roman dont on ne saura peut-être jamais comment il fut conçu, a permis encore une fois de plus à ce calme écrivain, de tremper sa plume dans l'encre de l'humour satirique et du persiflage cocasse. Ce qui n'est pas sans rappeler ses livres antérieurs'' Gros plan '' Le Représentant'' etc.
Honneur, bien-être, chance, Idé Oumarou a eu un destin complaisant comme on peut le constater par les postes et fonctions occupées. Du petit enseignant, il saute dans le journalisme d'où il s'affirme comme l'un des plus grands reporters et éditorialistes de son temps.La littérature et la politique le porteront au pinacle avec successivement l'obtention du Grand Prix Littéraire d'Afrique noire et sa nomination au poste de Secrétaire général de l'OUA . Sa mort le 12 février 2002 a été l'occasion pour les écrivains et les amateurs des belles lettres de produire d'importants témoignages sur l'homme et son oeuvre. Et comme l'homme et son oeuvre sont indissociables de l'évolution de la littérature nigérienne, c'est l'ensemble des repères des publications qui a été quelque peu remis au goût du jour. Cela aurait pu permettre aux intellectuels nigériens de renouer avec une tradition de débats littéraires comme cela se faisait dans les années 70 et 80. Exit …
Allure posée, tenue soignée -pas exagérément-, mais c'est surtout la blancheur de ses cheveux qui lui donne un look de gentleman et du charisme. Il inspire pour ainsi dire le respect et la sagesse. A cela s'ajoute un tempérament pondéré et une sobriété dans ses propos. Il n'est pas inutile de dire que Idé Oumarou ait lutté sur trois fronts : le journalisme , l' écriture et la politique. Et comme l'un n'exclut pas l'autre, il les a réunis en lui et les a adoptés. Mais c'est le journalisme qui fut le déclic. Editorialiste apprécié du pouvoir et des lecteurs, il fut nommé rapidement directeur de publication du journal le ''Niger''(ancêtre du quotidien le Sahel ) et du ''Temps du Niger ''(celui du Sahel dimanche) .Parallèlement à ces fonctions prestigieuses, il occupait le poste convoité de commissaire au sein du parti Etat le RDA. On ne sait comment il fut déniché par le président Seyni Kounché qui en fut son directeur de Cabinet et cela deux jours seulement après son accession au pouvoir en 1974. ''J'étais le premier civil appelé par le régime militaire à occuper une fonction importante'' nous disait-il alors sans fausse retenue.
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Chance ? Certains parlaient de ''félonie'' plutôt, ne comprenant pas comment un haut cadre du RDA allait changer de veste en moins de 48 heures. Tant pis ! Car pour Idé, c'est le début d'une carrière exaltante et fulgurante. Ministre des Affaires Etrangères; Représentant du Niger auprès de l'ONU, il fut président du conseil de sécurité de mai 1980 à juillet 1981. Et puis tout se noue et se dénoue et c'est l'apothéose ! Idé Oumarou devient le Secrétaire général de l'OUA en juillet 1985 lors de la 21ème rencontre des Chefs d'Etat au Sommet à Addis Abeba . S'il doit cette élection ''plébiscite'' au Président Seyni Kountché, il n'en demeure pas moins qu'il le mérite ; l'homme étant connu de toutes les grandes institutions internationales de ce monde. Après l'apogée c'est forcément le déclin. La loi s'applique à tous. Seuls quelques sages arrivent à transcender ces écueils. Ce qu'il fit en acceptant d'être à nouveau directeur de cabinet du Président Baré avant d'être membre actif de la fondation F.H. Boigny et un des médiateurs de la crise togolaise, Ce fut son dernier poste avant sa mort brutale. L'écrivain qu'il était, était aussi direct que le diplomate. Malgré le succès de son premier livre ''Gros Plan'', grand prix littéraire de l'Afrique Noire, Idé était resté presque indifférent aux sirènes de la gloire. Rarement, il parle de littérature ou de ses romans Ici au Niger, il n'avait jamais voulu occuper une place dans le bureau de l'Association des écrivains nigériens. A l'inverse, il reçoit avec bonhomie, les jeunes écrivains et souvent préface leur oeuvre à l'exemple du roman de Amadou Ousmane ''15 ans ça suffit''. Il ne s'est non plus jamais plaint de ce que son second livre le ''Représentant'' n'ait pas été suffisamment médiatisé, ni de ce qu'il ne fut ventilé suffisamment dans les librairies et bibliothèques nigériennes. Quant à son dernier livre, ''Temps fort et Propos avec Kountché'' il n'en fait même pas référence dans ses interviews ou alors rarement. Moi j'écris : il appartient aux autres de critiquer”, disait-il, avec modestie.