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Mois de l'histoire des afro-américains à Tahoua
Les manifestations entrant dans le cadre de la commémoration du mois de l'histoire des afro-américains se sont déroulées, samedi dernier à Tahoua, sous le haut patronage de
l'ambassadeur des Etats Unis au Niger SE Mme Bernadette Mary Allen. Les autorités de la région étaient aux côtés de la diplomate américaine pour partager avec elle les moments forts de ces manifestations, notamment la conférence-débat sur le thème " l'Afrique dans la littérature des écrivains Africains Américains : convergences et influences " et les compétitions de la coupe " Martin Luther King Jr " organisées par Centre Culturel de l'ambassade des Etats Unis organise en collaboration de la Fédération nigérienne de basket-ball.
La conférence-débat a été animée par M Amadou Saibou Adamou, enseignant chercheur à l'Université Abdou Moumouni de Niamey, sur le thème : " l'Afrique dans la littérature des écrivains africainsaméricains : convergences et influences ". Avant l'exposé du conférencier, le directeur du Centre Culturel Américain(CCA), M Stephen J. Posivak, a pris la parole pour situer le cadre de la conférence qui est la commémoration du mois de l'histoire des afro-américains célébrée chaque année en février. Il s'agit, a-t-il indiqué d'une décision du Congrès américain qui vise à " rendre hommage à l'inestimable contribution de la population noire à la construction des Etats Unis d'Amérique ".
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Martin Luther King Jr et Rosa Parks sont des figures représentatives de cette communauté. La célébration de ce mois " est aussi une opportunité pour mettre l'accent sur la grande richesse que représente la diversité de la population des Etats Unis à la fois pour ses citoyens et pour le reste du monde ", a ajouté M Posivak. Parlant de la culture et particulièrement de la littérature, le thème qui sera abordé par le conférencier, le directeur du CCA a relevé que c'est " un puissant facteur de rapprochement et de mutuelle compréhension entre les peuples. ". Ce qu’a essayé de montrer M Amadou Saibou Adamou dans la conférence qu'il a animée.
Le conférencier a d'abord rappelé la tragédie de la traite des noires qui a constitué l'une des principales causes de la présence de la communauté noire aux Etats Unis. Les rescapés de cette traite qui a duré quatre siècles vont faire face à des traitements désobligeants plusieurs années après l'abolition de l'esclavage. Selon M Amadou Saibou Adamou, les membres de la communauté noire américaine qui étaient tantôt désignés par les termes ''d'hommes de couleurs'', de ''negro'', de ''black'', d'afro-américains et plus tard, par le terme plus illustratif de leur double identité de ''Africains-américains'', vont chercher dans leur lutte pour l'émancipation et la quête d'une identité leur repère dans la littérature à travers une référence à leur origine, l'Afrique. Cette lutte contre la ségrégation a commencé vers le 18ème siècle et plus tard, a souligné le conférencier avec la renaissance de Harlem à travers les figures littéraires de Web Dubois, Marcus Garvey, Langston Hugues et Cuntee Culen.
On retrouvait dans cette littérature une évocation de la situation difficile du noire, son rôle dans la société américaine, la quête d'une identité. La question fondamentale, a relevé M Amadou Saibou Adamou portait sur ce que l'Afrique représentait pour ces écrivains. Dans cette référence à l'Afrique des écrivains Africains-américains, on découvre une description du continent noire présenté comme un paradis perdu, une magnification de ses valeurs culturelles et religieuses. Cette littérature va déboucher sur une prise en compte de la réalité africaine et un engagement aux cotés des écrivains et élites africaines qui luttaient pour l'indépendance du continent. Finalement l'Afrique va occuper une bonne place dans la littérature des écrivains Africains Américains. Le conférencier a ainsi pu faire ressortir à travers la littérature que les africains américains et les africains ont en commun quatre choses : la même race, la même origine, un même langage qui est fait d'émotivité, d'expressivité, de rythme, malgré les siècles qui les séparent et qu'ils ont aussi en commun avec tous les autres peuples du monde, le même avenir.
Les débats qui ont suivi ont porté surtout sur les questions de convergences entre les deux littératures et les liens actuels entre les africains américains et les africains. Parmi ces interventions, celle de l'ambassadeur des Etats Unis au Niger SE Mme Bernadette Mary Allen, elle-même africaine américaine, a fortement enrichi la conférence-débat.