Le Conseil National de Dialogue Politique (CNDP) s’est réuni mercredi matin au cabinet du Premier ministre. Présidée par le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Religieuses, M. Ousmane Cissé,
cette réunion a surtout permis aux autorités de la Transition de recueillir les avis des partis politiques sur la possibilité ou non de recenser exhaustivement, et surtout de faire voter les Nigériens vivant à l’étranger, lors des scrutins référendaire et présidentiels de 2010-2011. De fait, il y a une véritable course contre la montre, d’autant que, par exemple, le nouveau chronogramme de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) prévoit le 6 avril 2011 (au lieu du 11 mars prochain) comme date d’investiture du Président de la République qui sera élu. A ce problème de « timing » s’ajoutent des imprévus : le transport du matériel électoral, la location et la sécurité des bureaux de vote à ouvrir aux électeurs nigériens vivant à l’étranger, n’ont pas été budgétisés ! C’est pour ces raisons, entre autres, que le ministre Ousmane Cissé a estimé qu’il faut, à présent, que la classe politique nigérienne trouve un « consensus » quant au vote des Nigériens vivant à l’étranger lors des scrutins de 2010-2011. Auparavant, il a rappelé et salué le travail déjà abattu par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), et évoqué l’obtention, par notre pays, d’un appui de vingt (20) milliards de francs CFA de nos partenaires au processus électoral. Les débats ont permis aux tenants des deux positions – pour ou contre le vote des Nigériens vivant à l’étranger - de présenter leurs arguments. Dans le camp des «pour », il y a par exemple le vice-président du PNDS-Tarayya, M. Bazoum Mohamed, et le Secrétaire général du Moden-Lumana, M. Ladan Tchiana, qui estiment que le Code électoral règle le problème. « Nous pouvons comprendre que des arguments techniques et financiers militent cette année contre le vote des Nigériens vivant à l’étranger, mais qu’on ne nous oppose pas des arguments politiques parce que certains partis n’ont pas fait recenser leurs militants vivant à l’étranger », a soutenu en substance M. Ladan Tchiana. Dans le camp des « contre », on retiendra notamment les argumentations de MM. Moussa Harouna du MNSD-Nassara et Chaibou Dan Inna du RDP-Jama’a. Ainsi, selon M. Moussa Harouna, non seulement il est aberrant d’envoyer, par exemple, une mission en Suisse pour recenser tout juste deux Nigériens, mais il y a surtout le risque de contestations du fichier électoral car «la plupart des Nigériens vivant dans l’espace CEDEAO, qui sont les plus nombreux des électeurs potentiels, sont des exodants très mobiles qu’on pourrait recenser plusieurs fois, car une même personne peut être recensée au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Ghana, etc. ». Pire, selon M. Dan Inna, certains partis politiques n’ont même pas été informés - ou alors sur le tard - du recensement d’électeurs nigériens qui vient d’être réalisé dans certains pays : « dans les conditions actuelles, on ne peut pas faire voter les Nigériens vivant à l’étranger ! ». Tels sont grosso modo les deux camps en présence, mais d’autres arguments ont permis d’obtenir le consensus recherché par les autorités en faveur du rejet du vote des Nigériens vivant à l’étranger. En effet, d’une part, le président de l’Observatoire National de la Communication (ONC), M. Abdourahamane Ousmane, a prouvé, chiffres à l’appui, que le nombre des Nigériens vivant à l’étranger est loin d’être aussi élevé qu’on veut le faire croire mais que, pire, les deux tours du scrutin présidentiel de 1993 n’ont mobilisé qu’un tiers des inscrits : «il n’y avait par exemple que 39 votants pour l’ensemble du bureau de vote ouvert à nos compatriotes résidant en Egypte et au Soudan ! ». D’autre part, le représentant même de ces Nigériens à la réunion du CNDP doute de la faisabilité du vote dans les 23 ambassades et 9 consulats du Niger. A preuve, il a demandé un rapport sur le sujet et il l’attend toujours… Tirant les conclusions de ces échanges, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Religieuses, M. Ousmane Cissé, a déclaré que, « ce qui compte, c’est vraiment le Niger et si le vote des Nigériens vivant à l’étranger peut poser des problèmes, il ne sert à rien de forcer ! ». M. Ousmane Cissé a indiqué qu’il va « rendre compte à qui de droit » et il a aussi mis l’occasion à profit pour réaffirmer «la volonté du Président du CSRD de parachever la Transition en cours». Notons que plusieurs responsables d’institutions de la République ont assisté à cette réunion : le président du Conseil Consultatif National, le président de l’Observatoire National de la Communication, etc
Sani Soulé Manzo
10 septembre 2010
Publié le 10 septembre 2010
Source : Sahel Dimanche
































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