Notre Président, Baba Tandja, comme d’aucuns le nomment, est un président spécial. À preuve, le programme dont il s’est doté est lui aussi spécial. Faut-il s’en étonner? Sa qualité déteint sur tout ce qu’il fait, et tout ce qu’il dit. Son programme spécial, chanté sur les ondes, a transformé le Niger en un havre de paix, en une oasis de prospérité.
Notre Président, vous-dis-je, est fort spécial. Le Niger nous dit-il n’est pas le dernier pays du monde. Puisqu’il ne sied pas de répondre vertement au premier magistrat de notre pays (le respect dû au chef de l’État nous en dissuade) Croyons que le Niger de Tandja est le premier pays du monde en commençant par le bas. Quand notre Président spécial affirme qu’il n’y a pas de famine au Niger, nous devrions le croire, mais n’oublions pas que des Nigériens et des Nigériennes, des femmes, des enfants, des hommes meurent de faim. Quand il assure que l’esclavage n’existe pas au Niger, nous devrions le croire, en pensant que des hommes, des femmes et des enfants sont encore dans les fers. Quand il soutient qu’il n’y a pas de rébellion au Niger, nous devrions le croire, en constatant que des bandits qui ne sont pas des bandits ont pris les armes et que des militaires qui sont des militaires meurent. Mais Tandja est notre Président à tous, et il y a un peu de Tandja en chacun de nous. Je veux dire par là qu’il en chaque Nigérien cette propension à nier la réalité ou plus exactement ce qui nous gêne dans la réalité. Or nier un problème, ce n’est certainement pas le résoudre, c’est lui donner le temps de s’aggraver. Cette tendance a été remarquée plus d’une fois dans notre histoire. Ce trait de notre caractère relève-t-il d’un orgueil exacerbé ou d’un nationalisme aveugle? Dans un cas comme dans l’autre, il ne sert pas l’intérêt national. La mal gouvernance, la corruption, l’injustice la famine, l’esclavage, la rébellion, auxquels il adjoindre le régionalisme, l’ethocentrisme exploités à des fins politiques, sont des réalités quotidiennes au Niger. Les nier c’est ouvrir la voie à de sombres lendemains. Une attitude plus responsable, plus constructive consisterait à les reconnaître, à les porter sur la place publique, à en discuter ouvertement en vue de trouver des solutions. Or quelle est la tendance générale observée en face de ces questions? Négation et silence! Ces questions qui concernent notre vivre-ensemble exigent une intervention plus responsable de l’État, une attitude plus courageuse des partis politiques, une implication plus prononcée des citoyens. Farmo.Moumouni
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26 Juin 2007 Publié le 26 Juin 2007 Source: http://www.nigerdiaspora.net
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