Niamey–Dakar : Diomaye Faye dépêche Cheikh Niang auprès du Général Tiani pour « bâtir les solidarités ouest-africaines »

Porteur d'un message du président Bassirou Diomaye Faye au Général d'armée Abdourahamane Tiani, le chef de la diplomatie sénégalaise, Cheikh Niang, a été reçu ce vendredi 6 novembre 2026 par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine. Au nom d'un Sénégal qui préside désormais la CEDEAO, il est venu à Niamey « écouter les conseils » des autorités nigériennes et réaffirmer le respect de Dakar pour le choix souverain de l'AES.
C'est à la Primature que le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a accordé audience, le vendredi 6 novembre 2026, à une délégation sénégalaise conduite par M. Cheikh Niang, ministre de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur. L'émissaire de Dakar était porteur d'un message du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à son « homologue et frère du Niger », le Général d'armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l'État.
Selon l'Agence nigérienne de presse (ANP), le ministre sénégalais a également présenté, au nom du président Faye, ses condoléances au Chef de l'État à la suite du décès de son père, survenu la veille.
Une relation « de confiance » héritée des indépendances
Au sortir de l'audience, Cheikh Niang a inscrit sa visite dans la continuité d'un compagnonnage ancien entre les deux pays :
« Je suis venu dans le cadre du suivi des relations d'excellence qui ont toujours existé entre le Sénégal et le Niger. En effet, depuis nos indépendances respectives, nos deux pays ont noué et entretenu des relations de qualité. Et ces relations sont toujours excellentes, en tout cas au vu de tout ce qui se passe entre nos deux pays, entre nos peuples et entre nos deux gouvernements. »
Une relation, a-t-il insisté, « de confiance qui est là, qui se fortifie de jour en jour ».
CEDEAO–AES : Dakar respecte le choix de Niamey
Le diplomate sénégalais n'a pas éludé le contexte régional, marqué par la création de la Confédération des États du Sahel par le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Il a pris acte de cette nouvelle architecture et salué la légitimité du choix des trois pays sahéliens :
« Comme vous le savez, le contexte ouest-africain, c'est un contexte où nous assistons à une partition de l'espace ouest-africain entre deux entités : la CEDEAO et l'AES. Nous comprenons et nous respectons le choix qui a été fait par nos frères du Mali, du Burkina, du Niger pour créer cette entité. »
Pour Cheikh Niang, les frontières institutionnelles ne sauraient effacer ce qui unit les peuples de la sous-région :
« Je ne vois pas de peuple nigérien, sénégalais ; je vois un peuple ouest-africain, avec des racines historiques extrêmement fortes, avec un héritage commun, mais aussi avec des défis communs, avec des aspirations communes. Donc il est tout à fait important que nous puissions nous consulter et échanger. »
D'après l'ANP, le ministre a par ailleurs plaidé pour la préservation de la libre circulation des personnes et des biens, rappelant que les peuples de la région commerçaient et échangeaient bien avant la colonisation.
Le Sénégal, président de la CEDEAO, à l'écoute de Niamey
Cette démarche intervient alors que le président Bassirou Diomaye Faye assure, depuis juillet 2026, la présidence en exercice de la CEDEAO, tandis que le Général sénégalais Birame Diop a pris la tête de la Commission de l'organisation en septembre. Une double responsabilité que Dakar entend mettre au service du dialogue avec les pays de l'AES, et non de la confrontation :
« Le Sénégal assurant la présidence en exercice de la CEDEAO, nous avons pensé qu'il était important de venir parler à nos frères nigériens, écouter leurs conseils, écouter leurs suggestions, partager nos vues et voir comment, de la manière la meilleure possible, nous pouvons continuer à bâtir ces solidarités ouest-africaines que demandent nos peuples. »
En venant « écouter » Niamey plutôt que lui faire la leçon, Dakar confirme une ligne de respect de la souveraineté des États sahéliens, que le Niger a toujours défendue et qui tranche avec la logique de sanctions de 2023.
Des liens séculaires dans divers domaines
L'audience s'est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l'extérieur, M. Bakary Yaou Sangaré, et du ministre directeur de cabinet du Premier ministre. Elle témoigne, selon la Radio-Télévision du Niger (RTN), « de l'exemplarité de la coopération bilatérale entre la République du Niger et la République du Sénégal, deux pays qui entretiennent des liens séculaires de coopération, cela dans divers domaines ».
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

