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Il est un peu plus de 14h en cette journée de vendredi de la fin août. Le marché de Say bat son plein. Dans cette ville de tradition musulmane en effet, l'animation est à son comble surtout après la grande prière de vendredi ou ''Djoumaâ''.
Sous de grands arbres aux feuillages touffus, sont étalés divers produits aussi disparates que les moyens de transport qui les y ont apportés : charrettes à traction asine ou bovine, automobiles communément appelées ''dogon-bâré'', pirogues, etc… Vendeuses de beignets et de patates douces cohabitent aisément avec celles ou ceux de produits artisanaux ou manufacturés. ''Monsieur, vous voulez des nattes ou des cordes''? C'est une voix féminine qui nous interpelle, avec tout le respect requis du marketing, pour attirer notre attention sur sa marchandise. En effet, dans le marché de cette localité réputée pour sa vannerie, on trouve toutes sortes de produits artisanaux issus de cette activité généralement exercée par les femmes. Paniers et nattes aux diverses colories, chapeaux de formes variées, vans pour tous les usages, sont exposés en vrac à la convoitise des passants. Pourtant, en cette période d'hivernage, la vannerie n'est pas la première préoccupation de ces femmes, dont la plupart viennent des villages environnants et s'adonnent plus aux cultures de case où elles cultivent gombo, arachide, sésame, oseille, etc. ''Je viens de Lontchia Kaina, un village situé à 7 km de Say. Toutes les deux semaines, je viens au marché pour vendre des nattes confectionnées de mes propres mains. Avec les recettes, j'arrive à faire mon approvisionnement en produits de première nécessité'', nous confie Mariama Amadou, cette jeune femme, qui affirme avoir plus de 10 ans d'expérience dans la vannerie. Selon Mariama, le prix d'une natte varie de 400 à 750f CFA. Le gros de la clientèle se situe parmi les femmes, mais il y a aussi parfois des hommes qui en achètent pour les cérémonies funéraires. Parallèlement à la confection des articles de vannerie, ces femmes arrivent aussi à tirer leur épingle du jeu en vendant la matière première, lesfeuilles de palmiers doum à l'état brut. ''Nous passons 4 ou 5 jours par semaine à la cueillette des feuilles de palmier,'' affirme Mariama. ''Nous les vendons habituellement aux commerçants qui viennent de Niamey. Cette activité nous procure aussi des revenus qui nous permettent de pourvoir à l'habillement des enfants et au règlement de certains besoins quotidiens''. Mais la bête noire de Mariama et ses consoeurs, c'est les percepteurs qui, ditelle, ''même pour deux nattes amenées au marché, exigent de vous la taxe journalière de 50 francs, que vous les ayez vendues ou non''. Hadiza quant à elle, fait partie de celles qui viennent de Niamey pour s'approvisionner en feuilles de palmier-doum qu'elles vont ensuite écouler sur le marché de Katako. ''Nous achetons le fagot à 2500 FCFA et payons 1000fcfa pour son transport jusqu'à Niamey où nous le revendons à 4500fcfa''. Notons que la vannerie figure parmi les principales activités des femmes de la région de Say, mais elle n'est pas suffisamment promue pour constituer un cap dans les produits artisanaux du Niger. Pourtant, on trouve la natte appelée Say ''tangara'' dans nos villages les plus reculées. Seini Seydou Zakaria, envoyé spécial 29 Septembre 2007 Publié le 28 Septembre Source:Sahel Dimanche
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