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Depuis une semaine, les yeux et les oreilles des Nigériens sont tournés vers Dosso qui abrite les compétitions sportives et culturelles entrant dans le cadre de la 29ème édition du championnat national de lutte traditionnelle.
Les clameurs de ce grand rendez-vous de la fraternité, sur fonds d'étalage de force physique, de talents sportifs et de fair-play, se répandent, par la magie des ondes radiophoniques ou télévisuelles, sur l'ensemble du territoire national. Pour ne pas rater le moindre détail sur le déroulement des combats, les auditeurs des quatre coins du pays, voire la communauté nigérienne vivant dans les pays voisins, restent constamment cramponnés à leur poste radio et, dès que tombe le soir, à leur téléviseur grace aux signaux satellitaires de l'ORTN.
C'est dire combien la lutte traditionnelle constitue, au Niger, un réel objet d'engouement général, mais également un facteur de cohésion sociale et d'unité nationale. Avec l'atmosphère empreinte de mutualisme et d'unisson qui règne entre les membres des différentes délégations au sein de l'arène et dans la cité des Djermakoye durant tout le temps des compétitions, la jeunesse nigérienne, assurément jalouse de la quiétude et l'unité de notre nation Une et indivisible, vient une fois de plus d'administrer une belle leçon de patriotisme aux pourfendeurs des valeurs chèrement acquises et rigoureusement élaborées, sauvegardées et consolidées par nos ascendants. Ceci est d'autant plus vrai que de nos jours, le choix des supporters mobilisés derrière les 80 gladiateurs engagés dans la course au prestigieux sabre est de nos jours beaucoup plus fondé sur l'appréciation des talents et autres valeurs intrinsèques des lutteurs que sur leur appartenance à telle région ou à telle autre. En effet, pour avoir accumulé plusieurs années d'expériences dans l'organisation des championnats de lutte traditionnelle, les Nigériens ont unanimement compris que la victoire finale revient en définitive à l'ensemble des Nigériens, quelle que soit la destination prise par le sabre. Un état de fait que nous devons aux anciennes grandes gloires de la lutte traditionnelle qui ont brillé dans les arènes aussi bien par leurs talents de grands pugilistes que par le fair-play. C'est le cas, en cette ultime occasion de rendre un vibrant hommage aux grands pionniers de cette discipline que sont Kadadé, Kassou Kazouga et Issoufou Aboubakar de Tahoua, Ibrahim Tchiama de Diffa, Yacouba Kantou et Labo Maikafo de Maradi, Salma Dan Rani de Dosso, Balla Kado et Langa-Langa de Zinder, Naroua Sanou de Tillabéri, Barmou Lallé de Niamey et Salami Mato d'Agadez. La voie étant désormais toute tracée pour la nouvelle génération de lutteurs, il ne reste plus qu'à renforcer la barque en propulsant la lutte traditionnelle nigérienne vers de lendemains meilleurs pour son affirmation sur le plan continental, et pourquoi pas, international. Assane Soumana 29 Février Publié le 29 Février 2008 Source: Sahel Dimanche |