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Des réformes pour redynamiser le système éducatif
Le rôle de l'éducation dans le processus de développement économique et social, mais également dans l'épanouissement de la personne humaine, a suffisamment été démontré. L'éducation est donc de facto, un facteur d'intégration et de
promotion, mais aussi il est facteur de paix et de compréhension. Les dirigeants du monde entier le reconnaissent et c'est pour cela que différents investissements sont consentis chaque année dans ce secteur. Au Niger, le recensement scolaire réalisé en mars 2000 dénombre 4531 écoles, 16445 classes et 19385 enseignants pour un effectif total de 694 989 élèves inscrits dans l'enseignement pré-scolaire, primaire, secondaire, technique et professionnel. A lui seul, l'enseignement primaire bénéficiait de 4112 écoles, 13 460 classes et 14 249 enseignants, pour un effectif total de 579 486 élèves inscrits. L'enseignement secondaire général ne comptait que 18049 élèves, contre 3995 élèves inscrits dans l'enseignement technique et professionnel et 1368 élèves dans les écoles normales de formation d'instituteurs et d'instituteurs adjoints. Très peu d'enfants bénéficient d'un enseignement pré-scolaire (10360 élèves) et le taux d'abandon augmente considérablement au fur et à mesure que s'élève le niveau d'enseignement. Au niveau de l'enseignement supérieur, il existe 5 facultés et une École Normale Supérieure qui totalisent à la rentrée 2006-2007, 7680 étudiants.
DES SOLUTIONS AUX PROBLÈMES DE L'ÉDUCATION
Malgré les problèmes auxquels l'école est confrontée, il convient de rappeler qu'au Niger, d'énormes sacrifices ont été consentis en termes d'allocations de ressources matérielles, physiques et humaines au profit de l'éducation. Cependant, en dépit de tout, il est constaté une crise de l'école mettant le pays dans une situation de blocage. On se pose encore la question de savoir pourquoi, après toutes les réformes effectuées dans le domaine, le taux d'admission aux différents examens n'enregistre pas la hausse souhaitée. Et pourtant, ce ne sont pas les écoles ou les instituts qui manquent. Niamey, la capitale, est même saturée de collèges, lycées, instituts publics et privés qui fleurissent aux quatre coins de la ville. Aux efforts de l'Etat à garantir un enseignement supérieur de qualité aux plus chanceux qui accèdent à l'après baccalauréat, s'ajoutent d'autres contributions. Nombreuses sont les écoles supérieures qui délivrent des diplômes post BAC. Des diplômes dits ''maison'' et parfois mieux, des diplômes reconnus par l'Etat et par tous ses partenaires, à l'exemple du Brevet de Technicien Supérieur (BTS). Pour les écoles professionnelles privées, la multitude de tutelles et l'absence de programmes officiels et de cadre légal de suivi et de contrôle, influent négativement sur la qualité de l'enseignement. Même si ces dernières années, l'enseignement supérieur privé connaît un véritable essor, il demeure encore embryonnaire et ne concerne que les secteurs de la communication des entreprises, de la comptabilité, du management, de l'électronique et de l'informatique de gestion. Ainsi, après plusieurs réformes au niveau du BAC ou du
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BTS, aujourd'hui il est inscrit dans la tendance de parler de LMD (Licence-Master-Doctorat) dans le domaine de l'enseignement supérieur. Cette tendance caractérise la nouvelle architecture des études universitaires en Europe, surlignant les sorties à Bac + 3, Bac + 5 et Bac + 8. Ainsi, l'entrée en vigueur des LMD va, selon les prévisions, changer beaucoup de choses dans nos facultés. Ce cycle permettra une amélioration de la qualité de l'enseignement et un meilleur cheminement des étudiants vers la professionnalisation, en encourageant l'apprentissage des compétences transversales. La mise en place progressive du système LMD et le développement de la formation à distance permettent aux étudiants de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions et pour certaines spécialités, d'approfondir leur formation à l'étranger.
DU CONSTAT AUX RÉFORMES
Une analyse approfondie des malaises de notre système révèle que celui-ci, dans son ensemble, souffre d'un manque de cohérence interne important. Ce système, hérité de la colonisation, n'a pas connu de bouleversements importants. Il a, pour l'essentiel, pendant longtemps, préservé les finalités et les structures mises en oeuvre par l'école coloniale. Ainsi, la recherche d'un système éducatif propre au Niger a consacré la mise en place de plusieurs plates-formes de réflexion tant au niveau des structures techniques de l'éducation qu'au niveau national. Parmi celles-ci, on peut retenir les Etats Généraux de l'éducation tenus à Niamey du 2 au 13 novembre 1992. Ces Etats généraux ont retenu que " l'école nigérienne doit être une école de développement. Elle se charge de former un type nouveau de citoyen ayant le sens de l'honneur et susceptible de s'intégrer dans l'économie, animé de patriotisme, attaché aux valeurs républicaines, aux idéaux de la démocratie, de la liberté, de la justice sociale, de l'unité nationale et africaine, et ouvert aux progrès scientifique et technique du monde moderne dans le respect de nos valeurs socio-culturelles et historiques." Il s'agissait, à travers cette rencontre, de promouvoir le bienêtre social du citoyen notamment dans son adéquation formation-emploi. Dans cette logique, l'Etat et l'Université Abdou Moumouni ont conjugué leurs efforts pour répondre aux attentes des étudiants désireux de se professionnaliser dans une filière. C'est dans ce cadre qu'est intervenue la création des Instituts Supérieurs de Technologie.
Ainsi, cette initiative s'inscrit dans la logique de la plate-forme qui prévoyait aussi de revoir les structures actuelles du système dans son ensemble et à repenser les contenus de la formation, en appuyant davantage sur une qualification de la main d'oeuvre et sur les branches techniques. Il s'agissait aussi de maîtriser les problèmes scientifiques et techniques en orientant davantage les étudiants vers des secteurs qui répondent aux besoins réels du pays et en investissant encore plus dans la recherche qui, à l'heure actuelle, est pratiquement inexistante. Un des objectifs fixés par les Etats Généraux, c'est aussi de développer les langues nationales. Un programme qui est en passe d'être revalorisé. Les bases sont donc jetées pour une redynamisation de notre système éducatif et une professionnalisation des structures.