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Enseignement professionnel et technique privé, une réorganisation Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
A partir de l'année 2000, l'on a assisté à un foisonnement des établissements privés d'enseignement supérieur et ou professionnel. Effet de mode ou réelle demande de l'économie

 

Imagenationale et surtout de l'environnement mondial, la formation professionnelle s'impose chaque jour davantage dans notre pays. Mais l'image que donne certains établissements, souvent logés dans des boutiques ou des résidences banales, suscite des interrogations sur leur crédibilité. Or, pour qu'elle joue véritablement son rôle de stimulateur de la production et de la croissance, l'enseignement privé (supérieur et professionnel) a besoin d'être réglementé, organisé. 

Conformité aux normes techniques, académiques et environnementales, qualité de la formation et crédibilité des diplômes délivrés, tels sont entre autres les défis que doivent relever les écoles professionnelles privées. C'est aussi les défis que s'active à relever la Direction de l'enseignement privé (DEPRI) dans sa mission de réglementation et de contrôle.

Le constat est parlant. Les établissements privés sont nombreux dans la capitale. Leurs nombres suscitent même des interrogations sur leur sérieux. Combien sont-ils ? D'après les données de la DEPRI, à la date du 09 octobre 2007, on dénombre 46 établissements dont 37 pour la seule capitale. Quatre (4) sont implantés à Maradi, trois (3) à Dosso, deux (2) à Agadez et un (1) à Zinder, tandis que Tillabéry, Tahoua et Diffa ne disposent d'aucun établissement d'enseignement professionnel privé. Qu'est-ce qui explique cette profusion d'établissements privés d'enseignement professionnel ? Il ne s'agit nullement d'un signe de la faillite de l'enseignement supérieur public, comme certains sont tentés de le penser.

''Au contraire, le nombre croissant de ces établissements peut, et doit même être perçu sous un angle positif. En effet, ces écoles contribuent à l'effort de formation des jeunes, notamment dans les filières qui n'existent pas à l'Université Abdou Moumouni de Niamey, dira M. Amani Noma, Directeur de l'Enseignement Privé (DEPRI) au Ministère des Enseignements secondaire et supérieur, de la Recherche et de la Technologie (MESSR/R).

C'est conscient de l'apport de ce sous secteur d'enseignement et surtout de la nécessité de le réglementer, que la DEPRI a vu le jour au sein du MESSR/T. Depuis lors cette direction a permis de mettre en place un cadre juridique et réglementaire en matière d'enseignement supérieur privé. Les textes réglementaires portent entre autres sur les conditions de création, d'ouverture et de fonctionnement desdits établissements, les modalités d'organisation des examens nationaux du Brevet de Technicien supérieur (BTS) d'Etat, les frais de vacation des enseignants, etc.

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On constate que parmi ces 46 établissements répertoriés par le MESSR/T, il y en qui sont souvent abrités dans des boutiques ou pire, dans des endroits pas du tout favorables aux études, comme les centres commerciaux. Mais d'après le DEPRI, ces sites sont provisoires et la DEPRI effectue des contrôles périodiques pour amener les fondateurs à chercher des locaux répondant aux normes techniques, académiques et environnementales, en attendant l'octroi par l'Etat de terrains définitifs. Quant aux programmes de formation, ils sont d'abord étudiés par l'université. ''L'organisation du BTS d'Etat à partir de 2003 répond au souci de crédibiliser les diplômes'' précise M. Amani Noma. Mieux, les écoles introduisent des dossiers de demande d'homologation des diplômes qui sont transmis au Ministère de la Fonction Publique et du Travail. En outre, les programmes des écoles privées sont déjà harmonisés avec ceux des établissements publics dans le domaine de la santé, et un projet d'organisation d'examens communs est en vue.

Cependant, il faut noter que malgré l'organisation du BTS d'Etat, certains établissements n'inscrivent pas leurs étudiants et continuent à délivrer des diplômes ''maison''. Mais, la conséquence, prévient le DEPRI, c'est que ''le ministère ne reconnaît plus les diplômes internes délivrés par les écoles professionnelles. Pour preuve ajoute-t-il, ''les dossiers des titulaires de ces diplômes ne sont pas pris en compte par nos services en charge du recrutement des appelés du Service civique national. De même, ils ne sont pas autorisés à concourir au niveau du Ministère de la Fonction Publique et du Travail''. Si certains établissements ont fait des remontrances lors des examens du BTS, d'autres fondateurs n'ont pas hésité à envoyer des témoignages de félicitions au ministère pour le sérieux avec lequel il gère cette question des examens.

Mais dans tous les cas, les parents et les étudiants doivent savoir que tout établissement non répertorié par les services du ministère (la DEPRI notamment) n'existe pas ou du moins exerce dans la clandestinité et l'illégalité. C'est d'ailleurs pourquoi la DEPRI effectue des visites périodiques sur le terrain pour non seulement vérifier le respect des normes, mais aussi débusquer les établissements clandestins. Rien que la semaine passée, la DEPRI a pu constater au quartier Balafon un établissement qui a continué à exercer dans l'irrégularité. Pourtant, le fondateur a reçu la notification de fermeture signée par le ministre. ''Face à cette situation, les textes, que tous les fondateurs connaissent, seront appliqués. Le ministre a une position claire et ferme là-dessus'', prévient M. Amani Noma.
Par Siradji Sanda

20 Mars
Publié le 14 Mars 2008
Source: Sahel Dimanche

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