23-07-2008
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Entretien avec Madame Absatou Daddy, Directrice de l'EFTP Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Mme la directrice, quelles sont les relations de votre direction avec les écoles d'enseignement professionnel privées? 
Madame Absatou Daddy: Avec les établissements privés de formation professionnelle et technique,

nous avons des relations de suivi et d'encadrement. Nous leur apportons notre soutien et notre aide dans le cadre de la formation pédagogique des formateurs, de l'encadrement de proximité du point de vue de la pédagogie, car c'est surtout à ce niveau-là qu'on constate des insuffisances, qui ne sont d'ailleurs propres qu'aux établissements privés. Il est général, du moment que même dans le public, il y a beaucoup d'enseignants qui exercent sans avoir reçu de formation pédagogique. Or, il est très difficile d'exercer le métier d'enseignant quand on n'a pas été formé spécifiquement pour cela. Donc nous passons dans les classes, en liaison avec les inspections pédagogique, nous assistons à des cours, nous faisons les observations en vue d'améliorations nécessaires. Nous organisons aussi des sessions de formation pédagogiques à l'intention des formateurs.

Quelles sont, Madame la Directrice, les différentes filières les plus fréquemment enseignées dans ces établissements ?

Madame Absatou Daddy: Les filières qu'on retrouve le plus couramment sont les filières dites tertiaires. Ce sont les métiers de la finance, de la comptabilité, des banques, de l'administration, du secrétariat bureautique et du secrétariat informatique. Et justement, en liaison avec la Direction des Examens et de la validation des acquis professionnels, nous sommes entrain de répertorier toutes ces filières pour pouvoir harmoniser, afin que les élèves et apprenants ayant les mêmes niveaux d'entrée reçoivent les mêmes types de formation et sortent avec les mêmes diplômes.

Est-ce qu'il y a des domaines de formation professionnelle qui n'existent pas actuellement au Niger ?

Il y a eu des études qui ont été faites et qui ont démontré qu'il y a des filières dites porteuses dont l'économie nationale a besoin. Donc on essaie actuellement d'orienter cette formation privée vers ces métiers dits porteurs.

Et dans le domaine de l'industrie, est-ce nous avons des écoles de formation professionnelles ?

Madame Absatou Daddy: Vous savez, dans le cadre de la formation professionnelle, les filières industrielles coûtent excessivement cher. Alors, c'est très difficile pour les opérateurs du privé, parce que cela réclame beaucoup d'investissements. Par exemple, on dit que le coût de formation professionnelle d'un élève fait 8,2 fois le produit intérieur brut national par habitant. Donc, il faut plus d'un million pour qu'un élève puisse être formé, et particulièrement dans les filières industrielles. Or, il y a beaucoup d'engouements pour ces filières, alors que les promoteurs eux, hésitent à investir dans ce secteur. C'est pourquoi nous les encourageons et nous sommes entrain de voir dans quelle mesure l'Etat ou les partenaires techniques peuvent les appuyer.

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Quel changement la profusion de ces écoles et instituts a-t-elle apporté dans le domaine de la formation au Niger ?

Madame Absatou Daddy: Cela a enrichi, de façon quantitative, l'offre de formation. On a beaucoup d'écoles et beaucoup d'élèves qui les fréquentent. Sur ce plan, il n'y a pratiquement pas de problème. Maintenant, ce qu'il faut, c'est améliorer la qualité et varier l'offre de formation en rapport avec les besoins de l'économie. Et entre autres, c'est vraiment la principale mission de la Direction de la formation professionnelle et technique privée. Pour ce faire, nous devons agir à plusieurs niveaux. Nous sommes actuellement entrain d'agir sur la qualification des formateurs, et pour cela, nous envisageons des formations pédagogiques à leur profit, notamment à travers des ateliers. La recherche de financement et de partenariat pour l'équipement des ateliers et salles de travaux pratiques constitue aussi une de nos priorités en matière d'appui, car sans matériel, la formation professionnelle n'est pas possible.

Votre dernier mot ?

Madame Absatou Daddy: A l'adresse des promoteurs et des chefs d'établissement, je dirai que notre direction est là pour eux et avec eux. Nous voulons vraiment développer avec eux des relations partenariales afin d'améliorer la qualité de l'offre de la formation professionnelle et technique privée.

Réalisée par Maïmouna Tchirgni

20 Mars
Publié le 14 Mars 2008
Source: Sahel Dimanche

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