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Idées et opinions/ "Une nation qui produit de jour en jour des élites intellectuelles et politiques corrompues et peureuses achète à crédit sa propre mort spirituelle" Par Hamma Hamadou

 
C’est vrai, la démocratie peut être compliquée mais nos différends ne sont-ils pas l’essence de notre liberté ?
Les Nigériens n'en veulent à personne, ils veulent la paix et la sécurité pour leur peuple.
Les Nigériens n'en veulent à personne, ils aspirent juste au bonheur et au progrès partagés.
Les Nigériens n'en veulent à personne, ils veulent une école qui transmette le savoir.
Les Nigériens n'en veulent à personne, ils veulent une justice qui les protège équitablement.
Les Nigériens n'en veulent à personne, ils veulent une alimentation, la santé et un habitat décents.
Les Nigériens n'en veulent à personne, ils veulent du respect et de la dignité pour tous.
J’en profite pour noter, une fois n’est pas coutume, le silence de la communauté universitaire face aux périls qui guettent notre Nation. Je prends particulièrement en exemple les juristes, politologues et sociologues qui se font très discrets depuis le début de la guerre contre le terrorisme. Il y a des exceptions heureusement, mais, dans l’ensemble, il s’agit d’un échec retentissant d’une intelligentsia pourtant essentielle.

{xtypo_quote}Une nation qui produit de jour en jour des élites intellectuelles et politiques corrompues et peureuses achète à crédit sa propre mort spirituelle.{/xtypo_quote}

Les dirigeants évitent de s'attaquer réellement aux problèmes :
 
  • économiques (4,13% des projections budgétaires 2022 consacrées aux finances et à l’économie, soit 1,35% du PIB),
  • éducatifs (12,37% des projections budgétaires consacrées au savoir, soit 4,04% du PIB),
  • judiciaires (0,76% des projections budgétaires, soit 0,24% du PIB),
  • sécuritaires (9,19% des projections budgétaires y compris l’ordre public, soit 2,98% du PIB),
  • et sociaux, notamment en ruralité (8,46% des projections budgétaires, soit 2,76% du PIB pour les ¾ de Nigériens) auxquels font face nos compatriotes, préférant assommer toute dissidence à l’aide d’amalgames tendancieux liant critiques légitimes, complotisme et patriotisme.
 
Les politologues se taisent pour la plupart, tout comme leurs collègues économistes et juristes.
C’est vrai, une société démocratique peut abandonner ses droits les plus fondamentaux dans la panique et ensuite s’accommoder assez bien de la nouvelle normalité. Les cas abondent dans le monde. Une réaction ferme de la société civile, et de la communauté universitaire, est essentielle pour éviter de telles dérives. Il faut des organisations et des individus prêts à prendre le risque de s’opposer quand il le faut.
La communauté universitaire est-elle devenue trop à l’aise avec le pouvoir pour se permettre de le critiquer ouvertement ?
Évidemment, un peuple qui aime dormir fait plaisir à un gouvernement qui aime tricher.
Mais, j’espère finalement que chacun comprenne que, quand le Titanic a coulé, c'était y compris avec les passagers de première classe.

Par Hamma Hamadou