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jeudi, 12 février 2009 21:43

Union Africaine : plaidoyer pour une Afrique unie, plus forte et développée

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Union_Africaine_NigerLa tenue de la 12ème session ordinaire de la conférence des Chefs d'Etat et de gouvernements des Etats membres de l'Union Africaine à Addis-Abeba en Ethiopie, du 26 janvier au 31 février 2009, constitue une opportunité pour nous de jeter un coup d'oeil rétrospectif sur les avancées et les insuffisances de la construction de la maison Panafricaine.
Les actes constitutifs dont sont signataires les 53 pays fondateurs précisent ceci : “Guidés par notre vision commune d'une Afrique Unie et forte ainsi que par la nécessité d'instaurer un partenariat entre les gouvernements et toutes les composantes de la société civile, en particulier les femmes, les jeunes et les secteurs privés, afin de renforcer la solidarité et la cohésion entre nos peuples, - Sommes résolus également à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer nos institutions communes et à les doter des pouvoirs et des ressources nécessaires afin de leur permettre de remplir efficacement leur mission", Mais, le temps passe et l'impression qui prévaut est celle d'un surplace et d'une avancée à pas mesurés. Ce qui, naturellement, retarde la mise en place définitive de l'organisation et de son fonctionnement au profit des peuples qui attendent toujours et encore. Et pourtant, de 1963 à nos jours, nos Etats ont eu le temps, beaucoup et assez de temps pour créer toutes les conditions idoines afin d'atteindre l'objectif assigné : celui des Etats-Unis d'Afrique. Les raisons sont multiples ; il s'agit d'abord d'un manque de volonté affichée des certains dirigeants qui n'ont pas la même vision. Or le 25 mai 1963, à la Conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement à Addis Abéba (Ethiopie), feu Ahmed Sékou Touré, Président de la République de Guinée, disait ceci: ''Aucune de nos Nations, prises isolément, ne saurait représenter valablement l'Afrique, ni réhabiliter totalement ses peuples. La civilisation africaine, en un mot, la contribution de l'Afrique à la vie de l'humanité, requiert de tous les peuples africains leur présence consciente et leur unité d'action sur le chantier de l'édification du bonheur universel. Le Président Sékou Touré avait vu juste, car la division de nos Etats, les soubresauts dans nos Etats, les différentes déstabilisations internes ou externes, les immixtions dans les affaires, les chutes et les rechutes de nos régimes, ont fatalement eu raison de notre unité en portant préjudice à notre cohésion et à notre entente. Nos différentes lectures de la vision de l'Unité Africaine ou de l'Union Africaine ont beaucoup retardé la construction de l'Afrique. Nous avons été, à tort ou à raison, distraits par des événements qui n'avaient rien à voir avec notre philosophie du Panafricanisme. Tout comme au début de la création de l'OUA ou de celle de l'Union Africaine, notre conception de l'Unité se regroupe toujours en deux camps. Alors que certains chefs d'Etat préfèrent aller en se constituant en entités sous-régionales et régionales : CEDEAO, UEMOA, CEN-SAD, ABN, CBLT…etc., une construction de l'Afrique en puzzle pour remonter au sommet, d'autres par contre veulent bâtir vite, sans passer par les institutions régionales qui sont ou qui peuvent être des fondations solides pour soutenir la maison. L'un dans l'autre, le moment est venu où il faut enfin construire une Afrique, un continent homogène dans toute sa diversité. Il y a sans doute, au nombre des raisons qui retardent la mise en place de l'Union, ces diverses visions sur la gestion des pouvoirs politiques et économiques. Nous en voulons pour preuve les multiples rencontres parfois sans lendemain, et la résistance des Etats à déléguer une parcelle de leur pourvoir à l'institution Panafricaine, au risque pensent-ils d'être prisonniers de cette organisation. Et pourtant, l'Union Européenne l'a fait et il n'y a eu aucun dérapage dans la gestion des Etats souverains. Mieux, la cause des Etats a toujours été défendue, parce que chaque Etat ou pays remplit les conditions exigibles pour être acceptés au sein de l'Union. Ainsi, les Etats fonctionnent correctement, tandis que l'Union Européenne gère l'ensemble des préoccupations des Etats membres. Il n'y a pas d'interférence. La langue n'étant pas un critère d'obstacle à l'unité, sauf peut-être que la pesanteur coloniale continue de freiner la marche des certains de Etats au regard des relations qu'ils entretiennent avec les ex-colonies qui ne voient sûrement pas d'un bon oeil l'unité de l'Afrique. Le dernier sommet tenu à Addis Abéba en février 2009 a porté son choix sur le colonel Khadafi comme Président de l'Autorité de l'Union Africaine pour un mandat d'un an. Ainsi les commissaires deviennent des Secrétaires de l'Union. Espérons que d'ici 2012, l'Afrique trouvera sa voie aussi pour enfin donner une chance à sa construction au profit des millions de populations africaines souvent victimes des fléaux : maladies, famines, catastrophes, séparation par des frontières imposées…etc. Les peuples attendent et tous, ensemble, nous continuons à croire en une Afrique libre, prospère et démocratique malgré la mondialisation. Cette bourrasque qui broie tout sur son chemin. Nous devons mettre nos intelligences ensemble au service des peuples. L'Afrique doit s'unir ou périr. Nous disons tout de même qu'elle ne périra pas car elle a beaucoup souffert. Nous nous battrons de toutes nos forces pour laisser aux générations futures un continent viable, uni, prospère, démocratique, solidaire et généreux. Si tous les Etats africains se mettaient au travail comme au Niger avec un projet de société novateur à l'image du Programme spécial du Président de la République, SEM. Mamadou Tandja, l'Afrique atteindra son objectif : l'unité. Parce que le Programme spécial est une science et une philosophie pragmatiques dont l'objectif est de donner au citoyen tous les moyens qui concourent à son épanouissement, donc à son développement. Une philosophie et une stratégie dont se servent beaucoup de dirigeants africains pour construire et développer leurs Etats. Au niveau du NEPAD, nous constatons des prémices de l'appropriation des idées du Programme spécial. A propos, il y a lieu de saluer la récente élection de notre compatriote Ibrahim Hassane Mayaki au poste de Secrétaire exécutif du NEPAD. Ce qui, non seulement honore le Niger, mais aussi nous conforte dans notre idée que le Niger est un exemple à suivre. C'est ce que le Directeur de la FAO, M. Jacques Diouf, a exprimé en disant haut et fort que ce sont les puits, les cases de santé, les routes, les retenues d'eau, les barrages et la récupération des terres qui demeurent les meilleurs moyens pour développer l'Afrique en mal des éléphants blancs (ces chantiers grandioses et budgétivores.) Au Niger, nous sommes donc sur les rails qui conduisent à l'Union africaine en phase avec la philosophie d'un développement durable.
Abdoulaye HASSANE DIALLO
Docteur ès Sciences Politiques
Conseiller du Président de la République
12 février 2009
Publié le 12 février 2009
Source : Le Sahel
Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15

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