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samedi, 25 juin 2011 09:50

L'air du temps/cousinage : faut pas fâcher... Spécial

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Plaisenterie_2010_Depuis bientôt une semaine, les téléspectateurs se ruent, chaque soir, sur le petit écran pour suivre en direct les manifestations cultuelles entrant dans le cadre du mois de l'expression de la parenté à plaisanterie, qui battent leur plein au CCOG de Niamey.

A l'image des éditions précédentes, cette 4ème édition vient raviver dans les cœurs et les esprits tout le sens et la quintessence des liens de cousinage que nos ancêtres, assurément très prévoyants, ont eu l'idée de tisser entre différentes composantes de notre société. En effet, ces rapports de cousinage constituent un trésor inaliénable qui participe beaucoup à cimenter la cohésion au sein de notre société. En tant que véritable régulateur de tension, le cousinage permet de détendre l'atmosphère et, du coup, de surmonter les situations les plus délétères.

Un exemple assez illustratif, c'est cette scène que nous avons vécue, un jour, aux guichets d'une banque de la place, à une heure de grande affluence. Tandis que tous les clients étaient alignés dans les rangs, un monsieur fit irruption dans la banque, puis marchant gaillardement jusqu'au guichet, il brûla la politesse à tous les autres clients l'ayant devancé. Murmures et agitations dans les rangs, sans que nul n'osa le rappeler directement à l'ordre.

Soudain une dame éleva la voix pour l'apostropher en ces mots : "Il y a des signes qui ne trompent guère. Il faut être un Bagobiri pour faire ça ! Ils aiment tellement l'argent, que ça les rend sourds aveugles et effrontés, par dessus le marché ! ".  Tous les regards se tournent vers cette femme qui apostrophait l'intéressé. Le ton était assez rude, mais chacun a tout de suite compris que la dame venait d'engager une approche plutôt diplomatique pour régler le problème.

" C'est pareil pour les Djerma, quand ils se trouvent devant du ''copto'' bien assaisonné de ''tigadagué'', ainsi que pour les Songay, quand ils se retrouvent avec une pincée de ''soundou'' ou un plat de poisson bien épicé », rétorqua le monsieur. Rires et railleries dans les rangs devant cet épisode de plaisanterie sur fond d'empoignade entre le cousin Bagobiri et sa cousine Djerma. L'atmosphère se décante et les pourparlers s'engagent. Après que l'intéressé eut expliqué le mobile de son empressement, la cousine plaida sa cause pour qu'on le laisse passer à la caisse.

Un consensus fut ainsi trouvé et le monsieur ne manqua pas, avant de partir, de glisser un billet de 2000 FCFA à sa parente pour clore l'incident en toute beauté.  Une scène pareille, on la vit presque tous les jours et en toutes circonstances, partout au Niger. En effet, chaque attroupement de personnes, cérémonie et autres occasions du genre sont, mine de rien, agrémentés par des séquences d'altercations verbales, au goût plutôt plaisant entre Peulh, Maouri et/ou Béri-béri ; Djerma, Songay, Bagobiri et Touareg, Gourmantché et Touareg, etc. Comme quoi, au Niger, la concorde nationale n'est pas un vain mot, car elle tient sa force de ses racines ancestrales.

Assane Soumana

25 juin 2011
Publié le 24 juin 2011
Source : Sahel Dimanche
Lu 1335 fois Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15

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