lundi, 20 janvier 2014 23:37

Centrafrique: une femme élue présidente pour ramener la paix

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Samba PanzaTous les espoirs de paix reposent désormais sur les épaules de Mme Samba-Panza. La maire de Bangui, Catherine Samba-Panza, a été élue lundi présidente de transition par le parlement centrafricain et a aussitôt lancé un "appel vibrant" aux miliciens chrétiens et combattants musulmans à déposer les armes après des mois de sanglantes violences interreligieuses.


Prenant la parole devant les parlementaires dès son élection, la maire de Bangui - première femme de l'histoire de Centrafrique à accéder à ce poste- a lancé un "appel vibrant" à renoncer aux armes. "Je lance un appel vibrant à mes enfants anti-balaka (miliciens chrétiens) qui m'écoutent. Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes", a-telle déclaré, ajoutant: "à mes enfants ex-Séléka qui m'écoutent aussi, déposez vos armes". "A compter de ce jour, je suis la présidente de tous les Centrafricains sans exclusive", a-t-elle assuré.

Née le 26 juin 1954 et maire de Bangui depuis 2011, décrite comme une battante et ayant déjà une longue expérience politique, elle a ajouté: "la priorité des priorités est de faire cesser la souffrance des populations, restaurer la sécurité et l'autorité de l'Etat sur tout le territoire".


Hollande salue l'élection de la présidente chargée de ramener la paix

Le président français François Hollande a félicité lundi Catherine Samba-Panza pour son élection comme présidente de transition en Centrafrique, avec pour mission première de ramener la paix, selon un communiqué diffusé par l'Elysée.
Soulignant qu'"il lui revient désormais de mener à bien la réconciliation et l'apaisement nécessaires en RCA, en vue de la tenue d'élections démocratiques", M. Hollande assure, un mois et demi après le début de l'intervention militaire française, que "la France se tient à ses côtés dans cette tâche difficile".
La maire de Bangui, Catherine Samba-Panza, a été élue lundi, au second tour, présidente de transition par le parlement centrafricain pour succéder à l'ex-président Michel Djotodia, contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses.
Elle a lancé dès son élection un "appel vibrant" aux miliciens chrétiens et combattants musulmans à déposer les armes, dans un discours devant les parlementaires.
A Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont approuvé le lancement d'une opération militaire de l'Union européenne (UE) en Centrafrique, en appui aux forces africaine et française, avec des soldats - leur nombre pourrait s'élever à 500 - qui seraient chargés d'aider à la sécurisation de Bangui.

Centrafrique: Ban Ki-moon appelle à une "action immédiate"
Le chef de l'ONU Ban Ki-moon a appelé lundi à une "action immédiate" en Centrafrique, lors d'une session spéciale du Conseil des droits de l'Homme à Genève organisée pour nommer un expert indépendant sur ce pays.
Ce poste a été attribué à l'issue de la session à l'experte ivoirienne Marie-Thérèse Keita Bocoum, qui a occupé dans le passé le poste de Rapporteur spécial de l'ONU sur le Burundi. Elle a également dirigé les sections des droits de l'Homme du Bureau des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest (Unowa) et de la Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Unamid).

"Je remercie le groupe africain pour avoir pris l'initiative d'organiser la session sur la Centrafrique - une crise aux proportions épiques qui requiert une action immédiate et concertée", a souligné Ban Ki-moon, dans un message lu par le directeur de l'ONU à Genève, Michael Moeller.
"La RCA (République centrafricaine) s'est effondrée (...), la crainte envahit le pays", a-t-il rappelé.
Des forces françaises et africaines interviennent en Centrafrique pour tenter de rétablir l'ordre et une mission européenne doit les rejoindre.
Le pays est plongé dans le chaos depuis la prise du pouvoir par les armes en mars 2013 par la rébellion majoritairement musulmane de la Séléka, et des affrontements opposent régulièrement des membres des communautés musulmane et chrétienne.
"Il y a certes un risque de génocide et ce risque va crescendo si rien n'est fait pour rétablir les attributs d'un État et aider les populations à avoir le minimum", a averti l'ambassadeur centrafricain auprès de l'ONU, Leopold Ismaël Samba.
"Il faut donc une approche holistique, mieux un plan Marshall si l'on veut sauver ce pays et éviter que la gangrène qui le frappe ne se propage chez les voisins de la sous-région", a-t-il dit.
Selon la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, "il y a eu des violations des droits de l'homme à grande échelle".
Ces violences ont provoqué des déplacements massifs de populations. Près d'un million de personnes ont fui leurs foyers en Centrafrique depuis fin mars 2013. En outre, environ 2,6 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin d'aide humanitaire.
Pour Mme Pillay, "une réponse plus robuste à cette crise est urgente pour protéger les civils, empêcher d'autres violences, mettre fin à l'impunité et promouvoir la réconciliation".
Elle a également souligné que "le désarmement des Séléka semble avoir laissé les communautés musulmanes dans une situation de vulnérabilité".
Par ailleurs, elle a indiqué que des témoignages allèguent d'"une implication de certains soldats de la Fomac/Misca (Force multinationale d'Afrique centrale/Mission internationale de soutien à la Centrafrique) dans le meurtre de civils chrétiens, qui devra faire l'objet d'enquêtes supplémentaires".

21 janvier 2014
Pubié le 21 janvier 2014
Source : http://www.lalibre.be/

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