vendredi, 07 mars 2014 22:27

Blaise Compaoré à la tête de la Francophonie

Évaluer cet élément
(5 Votes)

Blaise Compaore OIFPour éviter un éventuel bouleversement au Burkina Faso où certains proches de Blaise commencent à déserter ses rangs et où de vives tensions seraient pressenties tant sur le plan social qu’au niveau de la grande muette suite à son entêtement à tripatouiller la Constitution, la France aurait tout bonnement choisi de présenter Blaise Compaoré comme candidat à la succession de Abdou Diouf.

Et, quand on se rappelle du score sans appel d’Abdou Diouf face à Calixte Bélaya, il n’y aurait pas match et Blaise peut déjà être considéré comme le prochain secrétaire de l’Organisation Intergouvernementale de la Francophonie (OIF).

 

Après avoir assisté à l’ouverture et aux tout premiers spectacles du Marché des Arts et des Spectacles de l’Afrique (MASA) à Abidjan en Côte d’Ivoire, le Secrétaire de l’Organisation Intergouvernementale de la Francophonie (OIF) est descendu tout droit à Ouagadougou au Burkina Faso où il devait rencontrer le président Blaise Compaoré. Cette rencontre entrerait dans la ligne droite de la recherche du prochain successeur à l’ex président Abdou Diouf du Sénégal qui avait été casé à la tête de cette institution depuis à peu près une décennie. En effet, selon ce qui se chuchote en haut lieu, l’inamovible Président du Faso serait le prochain secrétaire général de l’OIF. Si cette information se confirme, il y aurait des vagues très certainement qui viendront secouer cette institution qui devient un recasement pour les anciens présidents pour service rendu à la France. Pour l’heure, il y a lieu d’examiner les contours d’un tel choix et d’en tirer les conséquences qui en découleraient.

Comme on le sait, le Président Blaise Compaoré était jusqu’à une période très récente le chouchou de la françAfrique, celui qui devait, au nom des intérêts de la France, jouer le sale boulot dans plusieurs scandales néocoloniaux dont seuls la France avait gardé le secret sur toutes les autres métropoles. C’est ainsi qu’au nom de la communauté francophone, Blaise Compaoré s’était retrouvé comme médiateur dans plusieurs situations de conflits, notamment en Côte d’Ivoire et au Mali. De médiateur, il faut juste entendre celui qui, aux côtés de ses frères africains ferait tout pour imposer la position française derrière laquelle se rangeraient ses pairs. Cela a toujours été ainsi et, les solutions trouvées ont toujours été en faveur de la position de la France. Comment alors ne pas récompenser celui qui a oeuvré toute sa vie durant au rayonnement des idéaux français dans la sous-région de l’Afrique Francophone ?

Un autre argument de taille plaide en faveur d’une telle proposition. Comme on le sait, le Président Blaise Compaoré est actuellement en train de tripatouiller un article de la constitution de son pays pour pouvoir se représenter, encore, à la présidence du Burkina Faso. Cette boulimie du pouvoir du président Blaise Compaoré pourrait se justifier du fait qu’il aurait commis tellement de forfaits dans ce pays. Outre le fait qu’il ait fait assassiner son ami Thomas Sankara pour prendre le pouvoir, Blaise serait à la tête d’une importante mafia qui aurait fait de lui l’un des présidents les plus riches au monde. Souvenez-vous juste de l’image de cet imposant château qui avait circulée sur le net. On se croirait dans un château d’un empereur russe. Ceci dit, quel rôle pourrait jouer Blaise une fois à la touche des affaires de son pays. Mieux, quel sort lui serait réservé une fois descendu de la présidence de son pays ? La justice de son pays le laisserait-elle tranquille ? La veuve de feu Thomas Sankara soutenue par les groupes de pression tant internes qu’internationaux ne conduiraient-ils pas Blaise au CPI pour exiger réparation des crimes odieux commis sous son règne comme celui de son ami et du journaliste Norbert Zongo ? Comme on le voit, l’après Blaise sans la présidence est pleine d’incertitudes pour le président du Faso. Est-ce alors la raison du tripatouillage de la constitution pour qu’il restât un président à vie ? Le singe ressemble bien à l’homme. Et, il serait très dommageable pour la Francophonie, pour la France notamment de voir son ex poulain face à deux faits très bas : tripatouillage de la constitution et/ou être face à la Cour Pénale Internationale. Toutes ces deux options seraient très malheureuses tant pour Blaise Compaoré que pour la France. Quelle issue ? Pour éviter un éventuel bouleversement au Burkina Faso où certains proches de Blaise commencent à déserter ses rangs et où de vives tensions sont pressenties tant sur le plan social qu’au niveau de la grande muette, la France aurait tout bonnement choisi de présenter Blaise Compaoré comme candidat à la succession de Abdou Diouf. Et, quand on se rappelle du score sans appel d’Abdou Diouf face à Calixte Bélaya, il n’y aurait pas match et Blaise peut déjà être considéré comme le prochain secrétaire de l’Organisation Intergouvernementale de la Francophonie (OIF). Cette décision est tout simplement lamentable et lourde de conséquences pour la politique africaine de la France, déjà minée par plusieurs faux-pas.

Les premiers à décrier ce choix serait toute la jeunesse francophone qui se verrait chapeauter par des rondouillards blanchis qui ne servent plus à rien. Après une vingtaine à la présidence d’un pays africain, que reste-t-il dans le congolo de l’homme ? Plus rien si ce n’est un esprit détraqué par la gestion des nombreux problèmes qu’il a eu à gérer. Et ce sont ces vieux qui doivent désormais conduire à la destinée de la communauté francophone qui a réellement besoin de sang neuf pour innover face à l’Anglais qui constitue déjà une énorme menace. C’est cette boulimie blanchie qui a emporté la très bonne candidature de Calixte Bélaya, une écrivaine en herbe pleine d’idées innovantes. La francophonie seraitelle devenue un recasement pour les anciens chefs d’état ? Ce serait une autre énormité du moment où ces présidents déjà sans grande élévation d’esprits se sentiraient désormais dans le devoir de bien servir la France pour éventuellement accéder au secrétariat de la Francophonie une fois leurs nombreux mandats achevés à la tête de leur pays. D’éternels blanchis qui ne laissent point leur jeunesse s’épanouir. Encore un complot ourdi sur le dos de la jeunesse. Il revient alors à la jeunesse francophone de réagir au plus vite pour éviter que cette mascarade aboutisse. Il y va de la survie même de cette institution qui, au lieu de s’intéresser réellement aux problèmes liées à la promotion de la Langue et de la culture des pays francophone, a tendance à devenir un regroupement politique pour le règlement des crises politiques. Il reste que le Burkina qui a quand même besoin d’une telle issue pour résoudre la crise de succession de Blaise se résolût à chercher d’autres pistes. On ne saura sacrifier notre jeunesse au profit de ces boulimiques du pouvoir.

Madouguizé 

 

07 mars 2014
Publié le 05 mars 2014
Source : Le Monde d'Aujourdhui

{module 583}

 

Dernière modification le vendredi, 07 mars 2014 23:02

Actu africaine