lundi, 22 septembre 2014 03:52

Le baiser de la mort de l’Europe (UE) à une Afrique à la résistance vaincue (Accords APE)

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Afrique EULe baiser de la mort de l’Europe (UE) à une Afrique à la résistance vaincue (Accords APE)

En ce début d’été 2014, l’Union européenne triomphe.

 

Après plus de dix ans d’une sourde bataille, elle a enfin vaincu la résistance des pays africains qui refusaient de conclure avec elle les traités de libre-échange prévus depuis 2000 par l’accord de Cotonou (Bénin). Le 10 juillet, les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont signé l’accord de partenariat économique (APE) d’Afrique de l’Ouest ; le 22 juillet, l’APE d’Afri-que australe était paraphé ; le 25 juillet, le Cameroun ratifiait un APE individuel.

 

 

Seule déconvenue pour l’Union : l’Afrique de l’Est n’a pas suivi. Les pays de cette sous-région dominée par l’Afrique du Sud ont refusé de se priver de précieuses recettes douanières sans réelles contreparties européennes. Les APE prévoient en effet la suppression des droits de douane sur trois quarts des exportations de l’Union, tandis que celle-ci continuera à importer d’Afrique de l’Ouest la totalité de ses produits qui sont déjà en franchise de droits. Un marché de dupes. Comment en est-on arrivé à un tel désastre ?

 

Depuis 2008, les Etats d’Afrique de l’Ouest résistaient aux pressions de Bruxelles, aiguillonnés par de puissants mouvements sociaux réunis au sein de divers réseaux : le Third World Network Africa, basé à Accra (Ghana), la Plate-forme des organisations de la société civile de l’Afrique de l’Ouest sur l’accord de Cotonou (Poscao), à Dakar (Sénégal), et le Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa), à Ouagadougou (Burkina Faso). Mais plusieurs événements ont permis de « retourner » les capitales africaines.

 

Basculement du rapport de forces

Tout a commencé avec la plainte déposée en 1995 devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) par les producteurs latino-américains de bananes. Ils bénéficiaient (d’où le nom de « bananes-dollars ») du soutien de Washington, qui n’a jamais accepté les « préférences » accordées par Bruxelles aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, dits ACP. En vertu des conventions de (…)

 

 


 



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Plusieurs fers au feu : pendant que l’Union européenne et les Etats-Unis négocient le grand marché transatlantique, les architectes du commerce international peaufinent d’autres projets de libre-échange. D’un côté, les accords de partenariat économique imposés par l’Europe à l’Afrique. De l’autre, l’accord sur le commerce des services, discrètement discuté à Genève par une cinquantaine de pays.

par Raoul Marc Jennar, septembre 2014
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Imaginez un monde où les cantines scolaires appartiennent à des firmes telles que Coca-Cola ou McDonald’s ; un monde où des entreprises pakistanaises discutent avec leurs homologues paraguayennes le nombre de jours de congé qu’elles vous accordent dans l’année et le montant horaire de votre rémunération ; un monde où Hugo Chávez n’aurait pu devenir président du Venezuela qu’en acceptant de gouverner comme M. Anthony Blair.

 

Ce monde, on le rêve dans les salons de l’ambassade d’Australie à Genève, où se retrouvent, outre ceux de l’Union européenne, les représentants d’une cinquantaine de pays : Etats-Unis, Norvège, Canada, Australie, Japon, Taïwan, Mexique, Colombie, Chili, Turquie, Pakistan… Ces Etats, qui devraient être bientôt rejoints par le Brésil et la Chine, représentent plus de 70 % des échanges mondiaux de services. Ils négocient depuis février 2012 l’accord sur le commerce des services (ACS, ou TISA selon l’acronyme anglais) qu’ils voudraient conclure d’ici à 2015.

Le 28 avril 2014, au moment où, avec la campagne pour les élections européennes, la résistance populaire au grand marché transatlantique (GMT) montait en puissance, les émissaires se réunissaient pour faire avancer ce projet d’une ampleur sans précédent depuis l’enlisement des travaux de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’objectif n’est autre que de ranimer l’un des textes-phares de l’époque, l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) ; mais, cette fois, en marge de l’institution, d’ailleurs sise à deux pas.

 

Retour en arrière. Nous sommes en 1994, année de la création de l’OMC. Depuis trois ans, l’Union soviétique s’est effondrée : c’est la fin de la division du monde en deux blocs rivaux. Les dictatures européennes (Espagne, Portugal, Grèce) ont disparu une quinzaine d’années plus tôt. Un vent nouveau souffle également à l’Est. Pour les dirigeants politiques, une seule priorité : l’élimination de tous les obstacles à la concurrence. A cet effet, ils dotent l’OMC d’un pouvoir inédit. L’accord de Marrakech instituant l’organisation (…)

22 septembre 2014

Source : http://www.connectionivoirienne.net/

 

Dernière modification le lundi, 22 septembre 2014 04:20

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