mercredi, 15 avril 2015 09:19

«L’Afrique, partenaire privilégié de l’Europe»

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Gianni Pittella Afrique EUGianni Pittella est président du groupe des Socialistes et Démocrates du Parlement européen. Dès son élection à ce poste, il avait annoncé qu’il souhaitait faire de l’Afrique l’une des priorités de l’action de son groupe. La mission qu’il vient d’emmener en République démocratique du Congo était la première du genre, et sera reconduite annuellement dans d’autres pays africains.


Pourquoi l’Afrique ?
Parce que c’est un grand continent complètement oublié par l’Europe. Pourtant c’est un partenaire privilégié de l’UE, et nous souhaitons y récupérer notre position centrale.


Quels sont les enseignements que vous retirez de ce premier voyage ?
Que c’est un grand espace d’initiatives politiques pour l’Europe et pour les socialistes européens. D’abord dans les processus de démocratisation de nombreux pays comme le Congo, le Burundi ou le Rwanda, et notamment pour empêcher qu’y arrivent les terroristes islamistes. Il faut aussi y soutenir des personnalités telles que le docteur Mukwege, et tous les acteurs de la société civile. Troisièmement, notre objectif immédiat est de faire adopter une législation contraignante sur la traçabilité des minerais. Enfin l’UE doit donner une impulsion dans le domaine de l’équité sociale et du développement, qui présente des carences énormes en Afrique.


Pourquoi cette législation sur les minerais est-elle une bataille si importante à vos yeux ?
Parce que ces minerais sont la cause de tant de guerres, de sang versé, et de l’exploitation des mineurs. C’est pourquoi je lance un appel public aux autres groupes du Parlement européen, et en particulier à Manfred Weber, le chef du groupe PPE, et à Guy Verhofstadt, chef du groupe ADLE, afin qu’ils joignent leurs efforts aux nôtres et votent en faveur d’une législation contraignante, comme nous le demandent l’Église et les personnalités de plus grande valeur au Congo.


Vous avez rencontré beaucoup de personnalités, tant du côté du pouvoir que de la société civile en RDC. Quelles impressions vous ont-ils faite ?

Je pense qu’une partie des anciens dirigeants veut désespérément conserver le pouvoir. Mais je vois qu’il y a des forces nouvelles, des forces de la société civile, des jeunes, qui peuvent être le nouveau visage de la démocratie africaine. Ils constituent une réalité indispensable, mais ils ont besoin de notre soutien afin de devenir la nouvelle force, la nouvelle classe politique.

J.Kz

15 avril 2015
Source : http://www.lesoir.be/

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