mardi, 19 mai 2015 17:46

Union Africaine - 506ème session du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) du 13 mai 2015 : Intervention de SE Madame l’Ambassadeur Diallo Amina Djibo

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Amina Diallo U AMesdames et Messieurs
Je voudrais, au nom du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS), souhaiter la bienvenue à la délégation des experts du Groupe Consultatif des Nations Unies sur la revue de l’Architecture de consolidation de la paix des Nations Unies.

Le CPS entretient avec la Commission des Nations unies pour la consolidation de la paix un partenariat élaboré sur la base du chapitre 8 des Nations Unies et de l’Article 17 du Protocole relatif à la création du CPS. Il convient à cet égard, de souligner les consultations régulières entre le CPS et la Commission en marge des réunions annuelles avec le Conseil de Sécurité des Nations unies.


La première revue menée avec le panel de Consolidation de la paix, en 2010 fait partie ce processus.


Le CPS de l'Union africaine (UA), lors de sa 470ème réunion tenue le 26 Novembre 2014, a eu une interaction avec les membres de la Commission de Consolidation de la Paix des Nations Unies (CCPNU). Au cours de cette réunion, le CPS s’est félicité de la revue détaillée de l'architecture de consolidation de la paix des Nations Unies, qui a ensuite été approuvée par le Secrétaire général des Nations le 15 Décembre 2014. Le CPS a demandé à la Commission de soutenir ce processus révisé.


La Politique de l’Union africaine sur la reconstruction et le Développement post-conflit (PRDP) a été ainsi adoptée.


Depuis l'adoption de la Politique de la PRDP, la Commission a pris un certain nombre de mesures en vue de sa mise en œuvre. Celles-ci comprennent l'identification de l'expertise pour constituer une base de données d'experts africains sur le renforcement de la paix; élaboration de lignes directrices pour la mise en œuvre des activités spécifiques de la PRDP; organisation de missions d'évaluation dans les pays sortant de conflit; la mise en œuvre de projets de soutien à la paix (PSP) et la fourniture d'autres formes de soutiens aux pays dans le besoin; et la mobilisation de l'appui venant de l'intérieur du continent pour la reconstruction et le développement post-conflit. L'UA a également lancé l'Initiative africaine de solidarité (IAS).


Si on note une amélioration générale de la situation des conflits sur le Continent, les défis restent encore trop nombreux. Ces défis multiformes, ont des conséquences humanitaires désastreuses, Ils s’inscrivent également dans des dynamiques transnationales dont les effets négatifs s’étendent d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre d’où une évolution en dents de scie. Certains Etats, sortis des situations de conflits restent fragiles et connaissent des risques de rechute, de nouvelles zones de conflits apparaissent, enfin d’autres pays semblent avoir tourné la page pour accéder à la paix et à la stabilité.


Il est part conséquent important d’identifier et de renforcer les voies et les moyens, les politiques et programmes qui permettent (i) d’examiner et répondre aux causes profondes des conflits (ii) d’accélérer les activités de reconstruction et (iii) de consolider et de prévenir le retour à la violence.


Dans cette tâche, certains paramètres sont essentiels comme la pleine adhésion et implication des parties prenantes au conflit qui doivent être convaincues de la nécessité de trouver une solution. Cette même volonté doit s’exprimer au niveau des activités de consolidation de la paix. Tout ceci étant sous-tendu par le renforcement des capacités de tous les acteurs.


La gestion des conflits et la reconstruction post conflit ne doivent pas nous faire oublier le devoir de vigilance et de surveillance pour prévenir le retour à un cercle vicieux de violence. Certaines études ont en effet démontré qu’un an de conflit amène à un retour en arrière de près de 10 ans. Donc un an de conflit conduit à devoir reconstruire pendant 10 ans.


Ceci doit nous inciter à agir davantage et à une plus grande coordination de nos mécanismes réciproquement inscrits à l’Architecture Africaine de paix et de Sécurité ainsi qu’à l’architecture de consolidation de la paix des Nations Unies.


J’ai la certitude que si nous maintenons nos interactions comme celle de ce matin visant à définir une démarche coordonnée et concertée des conflits en Afrique, nous parviendrons assurément à améliorer notre combat en vue de prévenir, de gérer et de préserver la paix.

 

19 mai 2015
Source :  http://www.peaceau.org/

Dernière modification le mardi, 19 mai 2015 18:11

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