mercredi, 10 juin 2015 08:55

Le rêve d’un marché unique africain progresse : Vingt six pays d’Afrique de l’Est et du sud signent un traité de libre échange au Caire aujourd’hui

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Africa UniteL’Union européenne pourrait perdre bientôt son titre de plus importante zone de libre-échange du monde en terme de population. Vingt-six des 54 pays africains doivent signer, mercredi à Charm-el-Cheikh, un traité instaurant la Zone tripartite de libre échange (TFTA), un marché commun regroupant 625 millions d’habitants.


Cinq ans de négociations
Après cinq ans de négociations, ce traité regroupe les pays du Marché commun des Etats d’Afrique australe et de l’Est (Comesa) , de la Communauté africaine et de l’Est (EAC ) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC ). Certains pays sont membres de plusieurs de ces ensembles à la fois, qui pèsent ensemble un peu plus de mille milliards de dollars (900 milliards d’euros).


Le TFTA regroupera deux des trois principales économies africaines (Egypte et Afrique du sud), ainsi que la quasi totalité des dix pays ayant la plus forte croissance mondiale actuellement, quoique à partir d’un niveau de revenu par habitant relativement bas. En revanche, le Nigeria, première économie du continent à la faveur d’un nouvel mode de calcul de son PIB, n'en fera pas partie.


Ce traité de libre-échange « dans une zone allant de la Méditerranée au Cap de Bonne-Espérance est un pas en avant monumental », a déclaré le ministre égyptien de l’Industrie et du commerce, Mounir Fakhri Abdel Nour à l’ouverture du sommet de Sharm el Cheikh, car il facilitera les échanges et donnera des perspectives aux investisseurs. Toutefois, ce traité, qui doit être ratifié par les 26 Parlements nationaux, ne constitue qu’une première étape vers le démantèlement des droits de douane et des obstacles non tarifaires entre les 26 pays,qui prendra des années au gré des tentations protectionnistes.


Une tâche ardue
La tâche sera d’autant plus ardue que les revenus des signataires sont hétéroclites, variant de un à vingt entre l’Erythrée et l’île Maurice. Par ailleurs, le dédouanement de produits en Afrique requiert du temps, des documents et souvent des dessous-de-table. Enfin, les pays africains ont peu l’habitude de commercer entre eux . Seulement 12 % des échanges commerciaux internationaux ont lieu avec d’autres pays du continent, quand ce ratio atteint 55% en Asie et 70 % en Europe. Un phénomène qui peut toutefois s’expliquer par la spécialisation des pays africains, qui exportent surtout des matières premières utilisées par les industries occidentales ou chinoise, et importent des produits finis de ces mêmes destinations.


Le traité s’inscrit dans une dynamique mondiale de constitution de vaste zones de libre échange, où biens et services s’échangent sans droits de douane, en Amérique Latine (Mercosur), dans le Pacifique (TPP). Seulement deux ensembles sont vraiment opérationnels actuellement : l’Union européenne avec un PNB de 18. 000 milliards de dollars et l’ALENA (Etats-Unis, Canada, Mexique, 21.000 milliards).

Afrique Libre Echange
Yves Bourdillon


10 juin 2015

Source : http://www.lesechos.fr/

Dernière modification le mercredi, 10 juin 2015 09:21

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