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jeudi, 10 juillet 2008 13:07

Département de Gaya: Une agriculture favorable au bénéfice d?une pluviométrie abondante

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D'une manière générale, le département de Gaya peut être considéré comme étant l'un des plus arrosés sinon le plus arrosé de notre pays. Dans cette région, le rapport

 

Imagedes superficies cultivées et cultivables dénote une forte pression sur le foncier. Sur une superficie totale de 4044 Km2, la superficie cultivable s'élève à 290780 ha tandis que la superficie cultivée est de l'ordre de 279390 ha. La moyenne pluviométrique sur les dix dernières années varient entre 718 mm à Dioundiou (situé au Nord) et 843 mm à Bengou (situé au Sud).  

La campagne agricole de l'hivernage 2007, s'est précocement installée par rapport à celle de l'année 2006 dans le département de Gaya. En effet les premières pluies utiles qui ont occasionné des semis partiels ont été enregistrées dans la première décade du mois d'avril tandis qu'en 2006 les premières opérations de semis ont été effectuées dans la troisième décade du même mois. Les semis se sont poursuivis dans les mois de mai, juin et juillet. Au-delà, la saison des pluies a été caractérisée par d'importantes précipitations mais aussi par un arrêt précoce des pluies. Ainsi, selon les explications du directeur départemental du développement agricole de Gaya, M. Amadou Dan- Tani, les pluies ont provoqué des inondations ayant causé d'importants dégâts matériels et humains (3 personnes décédées). Au total 4833 ménages ont été déclarés sinistrés. Ces sinistrés ont, selon le directeur du développement agricole, perdu 3074 ha de cultures de mil, de sorgho, du riz, de manioc. 2655 maisons se sont en outre effondrées ainsi que 26 cases, 510 murs. A cela s'ajoute la perte de 7 petits ruminants, 11 volailles, 19 greniers, 3 mosquées, 5 bottes de mil et une Somme d'argent de 50000 FCFA. A côté de cette situation il faudrait relever des attaques d'insectes floricoles et des oiseaux granivores sur le mil hâtif. Ces attaques ont été maîtrisées grâce à un dispositif efficace d'intervention composé des agents de la Direction du développement agricole et des brigadiers phytosanitaires basés au niveau des villages. “Au total 2205 ha sont traités sur les 5651 ha infestés soit un taux de couverture de traitement de l'ordre de 40 %. Ce faible taux est dû au manque de financement du carburant pour le véhicule de traitement de la DDDA qui dispose d'un stock de produits. Le faible taux de traitement phytosanitaire s'explique par le fait que certaines collectivités ont refusé d'acheter le carburant pour le camion de traitement mais aussi à cette période le mil était au stade de grenaison floraison et que les producteurs eux-mêmes étaient réticents par rapport à l'intervention du camion dans les champs qui pourrait causer beaucoup de dégâts sur le mil selon leurs explications'' a dit M. Amadou Dan-Tani.

Une situation alimentaire favorable… Au moment où les agriculteurs sont pris dans les champs, la Direction départementale du développement agricole de Gaya, a déjà mis la dernière touche sur le déroulement de l'année écoulée. Le département est plutôt caractérisé par une agriculture intensive avec une forte utilisation des intrants parce que, selon M. Amadou Dan-Tani, compte tenu de l'espace qui devient de plus en plus réduit, les producteurs sont obligés d'apporter beaucoup plus de capital sur les terres. En effet, selon les explications reçues, on peut compter à Gaya, 50 habitants au kilomètre carré. Pour l'hivernage passé, le département a enregistré un excédent céréalier de l'ordre de 44875 tonnes. Les cultures les plus pratiquées sont le mil, le sorgho, le riz, l'arachide, le maïs, le niébé, le fonio le voandzou et de la canne à sucre. Cette dernière apporte un revenu assez conséquent pour les producteurs de la zone. Par exemple, au niveau des communes telles que Yélou et Dioundou l'apport de la canne à sucre est vite perceptible. ''Si vous prenez le mil par exemple, pour la campagne passée, il y a eu à peu près 116000 ha cultivables.{sidebar id=1}

La culture qui suit en termes de superficie est le sorgho qui fait les 80000 ha'' a indiqué le directeur départemental du développement agricole de Gaya. Audelà des cultures pluviales, le maraîchage est bien pratiqué à Gaya. A Gaya commune, le maraîchage est surtout pratiqué par les hommes. Les femmes quant à elles, s'occupent le plus souvent de la commercialisation. ''Dans les villages reculés, dans les postes administratifs, vous allez trouver des groupements de femmes qui sont très déterminées et qui pratiquent le maraîchage. Tout récemment avec le projet augmentation des revenues monétaires des femmes de Dosso, il y a eu des sites qui ont été aménagés. Les femmes sont très actives à ce niveau'', a appuyé M. Amadou Dan- Tani. L'évaluation de la production en équivalent céréalier a été estimée à 11579 tonnes toutes cultures confondues. Ce qui s'est ajouté selon le directeur départemental du développement agricole de Gaya, à l'excédent céréalier des cultures sèches qui est de l'ordre de 44875 tonnes. Le directeur départemental du développement agricole de Gaya, relève cependant qu'il y a souvent des transferts d'une région à une autre. Selon lui, les zones comme Doutchi et Loga se ravitaillent au niveau de Gaya, ce qui fait que l'excédent va ailleurs. En plus de cela, a-t-il continué, les populations migrantes viennent gonfler la population locale ce qui fait plus de bouches à nourrir. Ainsi, en 2007, la situation alimentaire, elle, a été bonne comparativement à 2006, au regard de l'accessibilité des produits, c'est-à-dire leur disponibilité sur les marchés et leurs prix abordables. ''Par rapport à l'année 2006, la campagne agricole 2007 a connu des opérations de semis en avance car les premières pluies ont été enregistrées dans la première décade du mois d'avril. Cependant il a fallu la fin du mois de juin pour terminer les opérations de semis et de re-semis. L'étalement des semis ainsi observé est dû particulièrement à une période de sécheresse intervenue entre les mois d'avril et juin et ayant une influence sur les opérations de semis. Le retour d'intenses précipitations à partir de juillet a permis la satisfaction des besoins en eau des cultures du mil hâtif et de certaines cultures de rentes comme l'arachide, le voandzou, le riz pluvial, le fonio… ce qui leur a permis de boucler leur cycle normal'', a indiqué le directeur départemental du développement agricole de Gaya.

L'arrêt précoce des pluies dès la fin de la première décade de septembre a cependant eu des effets négatifs sur les cultures du mil tardif et du sorgho à cycle reproductif très long. Cet effet négatif d'arrêt précoce des pluies a aussi concerné les cultures de rentes semées tardivement en l'occurrence l'arachide et le voandzou. Dans l'ensemble, la situation alimentaire était bonne tout le long de l'année 2007 ; en effet les prix des produits agricoles de consommation étaient abordables et les quantités disponibles sur les différents marchés du département. Ce qui n'est pas vraiment le cas en ce début d'hivernage où les prix semblent monter en flèche.

D'énormes potentialités pour le développement des cultures irriguées.

Les principales cultures pérennes du département de Gaya sont le manguier, le citronnier, le goyavier, l'oranger, le tangelo. Ce dernier prend de plus en plus de l'importance compte tenue de la forte demande de l'intérieur du pays comme de l'extérieur notamment le Bénin. ''Les arbres fruitiers ont connu une évolution normale pendant la campagne agricole de l'hivernage 2007. Notons que l'arboriculture se pratique tout au long de la vallée du fleuve mais aussi le long des vallées fossiles des dallols Fogha et Maouri. Les interventions des projets PIP1, PIP2, PSSA, PIDM, qui ont fermé leurs portes, ont permis un développement spectaculaire de l'arboriculture fruitière'', a précisé M. Amadou Dan-Tani.

On note cependant que les principales contraintes observées dans le domaine de l'arboriculture sont le dépérissement des manguiers face auquel la recherche et la vulgarisation demeurent impuissantes. On note également le vieillissement de certains vergers dont les propriétaires ne sont pas prêts à les rénover. Aussi dans ce domaine la transformation des produits est très peu développée où presque inexistante. C'est en ce sens que le warrantage pourrait réduire le bradage des produits à la récolte et ainsi contribuer à l'augmentation des revenus des petits producteurs défavorisés.

M. S. Abandé Moctar, envoyé spécial

10 juillet 2008
Publié le 10 juillet 2008
Source: Le Sahel

 

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Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15