mardi, 26 février 2013 08:41

L’or violet a rapporté 22 milliards de FCFA aux producteurs en 2012

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Oignon violet NigerLe secteur de l’agriculture occupe plus de 90% des populations de la région d’Agadez. Essentiellement irriguée, cette activité constitue un des maillons essentiels de l’économie régionale. Dans le cadre de l’initiative 3N, l’Etat a apporté  des appuis multiformes aux producteurs. Les principales cultures pratiquées sont l’oignon, le blé, le maïs, les épices et les agrumes etc.

L’évolution des superficies emblavées et des productions obtenues, atteste de la progression des cultures .En effet, la culture de l’oignon s’est intensifiée au détriment des céréalières. L’or violet  a rapporté 22 milliards de FCFA  aux producteurs en 2012.

Pour l’année 2012, la région a produit 672 tonnes de céréales : mil et maïs. Par contre pour la culture la plus usitée qui est l’oignon, la production a atteint 42.000 Tonnes pour l’ensemble des zones de l’Aïr, plus précisément les communes de Tchirozérine, Dabaga, Tabelot, Timia, Iférouane et dans la moindre mesure les commune de Gougaram, Dannet (Arlit) et dans l’Irhazer la commune de In’gall. Au niveau de la région de Bilma les cultures sont pratiquées autour des Oasis et dans la commune d’Aderbissanat c’est surtout au niveau des mares de Tchintaborak, Toumboulak, Marandet que les paysans s’adonnent à l’agriculture.

La baisse de la production maraîchère est liée  à la préférence des producteurs pour les cultures  de rentes. Depuis 2002 la production de l’oignon  a pris le dessus sur les cultures de céréalières où de 1000 tonnes, elle est passée  à 42000 tonnes aujourd’hui, et cela va de paire avec l’augmentation des superficies : 1.007 ha en 2002 et 1.113 ha en 2012.En 2002 le rendement à l’ha était de 5.039kg /ha et en 2012 ,20.347 kg/Ha.

Grâce à la compétitivité de l’or violet de l’Aïr, la tendance est à l’exportation et vise les marchés des pays tels que : le Ghana, le Bénin, la Côte d’Ivoire etc. Par rapport à la plus value à l’exportation cela rapporte de revenus substantiels aux producteurs indique le Directeur Régional de l’Agriculture Amadou Mamoudou. « En 2012, nous avons recueillis auprès des six (6) comptoirs de vente de la ville d’Agadez, 22 milliards de FCFA  pour les deux saisons à savoir : la campagne hivernale et les cultures de contre saison. La région d’Agadez est la seule au Niger où l’oignon est cultivé en hivernage ce qui fait sa spécificité», poursuit

M. Mamoudou.

La FAO est l’un des principaux  partenaires intervenants dans la région et apporte un appui en intrants notamment des semences de pomme de terre 15O tonnes cette année en dehors  de semences de maraîchage. La Direction régionale de l’Agriculture est également appuyée au niveau national par le CICR qui  a aidé  les populations en intrants de maraîchage, l’ONG HELP (RFA), et Mercy Corps qui apportent leurs appuis dans ce sens.

Le suivi sanitaire de différentes spéculations, est assuré par l’Etat qui a eu à former des brigadiers phytosanitaires au niveau des zones de production. Ces brigadiers sont formés, mais surtout  équipés pour faire face à des situations pouvant nuire aux cultures selon le Directeur régional de l’agriculture M. Amadou Mamoudou.

L’Etat a également mis en place  des produits phytosanitaires  au niveau des districts agricoles. Malgré  l’assistance de l’Etat pour couvrir les besoins réels des producteurs, la pratique des cultures irriguées ne va pas sans prolifération de maladies parasitaires. Celles-ci sont liées d’une part à l’introduction par les producteurs des produits de mauvaise qualité achetés sur les marchés locaux, des produits qui  loin de combattre les parasites les rendent plus résistants  .D’autre part certains produits en provenance des pays arabes ne sont pas adaptés à  la zone de production. Tous ces phénomènes concourent à rendre, les luttes phytosanitaires plus difficiles.

A cela s’ajoutent des  contraintes liées aux semences de pomme de terre dont une grande partie  provient d’un Etat voisin .Ces semences qui ne sont pas contrôlées à  nos frontières, viennent avec des maladies qui se propagent dans la région. Aujourd’hui avec l’adoption par l’Etat de la loi semencière  qui va réglementer ce secteur indique M.Mamoudou ‘’nous arriverons à maîtriser et contrecarrer toutes ces contraintes. L’insuffisance  en personnel constitue un problème dans la région. La direction ne dispose que de deux chefs de districts agricoles : Dabaga et Tchirozérine. Au niveau des départements, le suivi des zones est assuré par les chefs de services de départementaux de l’agriculture.

De 2012 à 2013,  l’Etat a consenti des efforts  assez importants  en dotant les services de l’Agriculture de matériels de lutte phytosanitaire, de  15 motos et 2 véhicules tout terrain. Récemment, un autre véhicule tout terrain a été  mis à la disposition de l’Agriculture pour renforcer les capacités de ses services. La politique de l’Etat vise aujourd’hui la réalisation des aménagements hydro-agricoles dans la région, où déjà  en 2000 et 2001, un (1) premier aménagement a été réalisé  par l’Etat à Agharous  dans la commune urbaine de Tchirozérine et un second à Tiguirwit  fruit de la coopération libyenne.

A l’état actuel, il est  envisagé la réalisation d’autres aménagements tels que l’aménagement hydro agricole de Injigrane dans la commune rurale de In’gall, et  la mise en valeur des plaines de l’Irhazer où il a été  prévu jusqu’à 5000 ha d’ aménagement hydro agricole ; mais ce qui est beaucoup repandue dans la région ce sont les petits périmètres individuels. Cette année déclare M. Mamoudou ‘’nous avons reçu un financement pour la réalisation d’un  petit périmètre de 25 ha  dans la commune  urbaine de Tchirozérine plus précisément  dans le village de Attri. Et également nous sommes entrain  d’envisager dans notre programmation la réalisation d’ouvrages de structurant tels que : des barrages pour permettre la réalisation de ce genre d’aménagements’’.

Pour ce qui concerne l’intervention de la multinationale AREVA dans la mise en valeur de l’Irhazer l’étude de faisabilité  a été réalisée pour l’ensemble de 5000 ha  qui doit coûter 12 milliards de FCFA .Avec la création  du projet de mise en valeur  de ce périmètre ‘’ nous sommes  à la phase d’études complémentaires pour pouvoir commencer   les phases pilotes ‘’ ajoute le Directeur régional de l’agriculture d’Agadez.

Dans ce sens, deux (2) sites sont retenus avec AREVA : les aménagements hydro-agricoles de Agharous et Tiguirwit pour une période d’essai de deux (2) ans. A la fin de cette période interviendra la mise en valeur des 5000 ha comme annoncé. Le projet global pour l’aménagement  hydro agricole de l’Irhazer dans son ensemble doit coûter environ 100milliards de FCFA  parce que  plus de 70.000 ha  de terres  seront  mis en valeur  dans cette zone .Cette mise en valeur se fera par étape au regard des enjeux  fonciers  et miniers des  zones sensées être couvertes  dans le cadre des recherches minières .

Toujours au chapitre des programmations la Direction régionale de l’Agriculture a prévu  au niveau des bassins versants  5 grands barrages, qui permettront de stocker des énormes quantités d’eau et les mettre à la disposition des populations tant pour l’agriculture que pour l’élevage. C’est ainsi qu’à l’embouchure du Telwa, plus précisément vers Kerboubou, il est prévu la réalisation d’ un grand ouvrage  qui va accumuler toutes les eaux hivernales .

Dans l’Aïr, il est prévu  beaucoup plus de seuils d’infiltrations, des ouvrages de recharge de la nappe et également des ouvrages de protections de berges compte tenu de la nature des sols  et des reliefs. Le Directeur Régional de l’Agriculture est optimiste pour la région du fait que : l’agriculture répond à l’attente des populations avec l’évolution des productions dans le secteur  et les paysans s’en sortent du point de vue rentabilité des mises en valeur des terres. La production de l’oignon a permit aux producteurs d’engranger  des bénéfices importants.

A titre d’exemple, les services de l’agriculture ont, de concert avec une ONG, fait une estimation d’une parcelle d’un demi ha qui a permis à un producteur d’engranger 13 millions de FCFA .C’est dire combien l’agriculture irriguée  répond à l’attente des populations qui, certes ont besoins beaucoup plus d’appuis en ouvrages structurants  pour éviter la perte d’énormes quantités d’eau en hivernage, la réalisation d’ouvrages : seuils, barrages, une dotation en motopompes et moyens d’exhaure. Dans le domaine  environnemental, le besoin de protection de berge se fait sentir  dans la zone.

Des perspectives sont porteuses d’espoir dans la région, la volonté politique aidant. Cependant, la maîtrise de l’eau demeure un impératif, mais surtout la promotion de nouveaux aménagements, la régénération des palmeraies dans la zone de Bilma.  

Abdoulaye Harouna

(ANP Agadez)

26 février 2013
publié le 26 février 2013
Source : Sahel