lundi, 08 avril 2013 11:20

Tahoua : la récupération et la restauration des terres, des actions majeures

Évaluer cet élément
(0 Votes)

La restauration de l’environnement et la protection du capital productif sont aussi des préoccupations du programme de la Renaissance et de l’Initiative 3N. C’est ainsi que plusieurs actions ont été menées dans ce secteur. Le site de récupération des terres dégradées de Koloma Babba, à quelques encablures de la ville de Tahoua, constitue un exemple d’appropriation par les populations des actions entreprises par les autorités de la 7ème République.

D’après la situation dressée en mars 2013 par la direction régionale de l’environnement, plus de 5 milliards de FCFA ont été injectés dans les actions de préservation et de restauration de l’environnement dans la région de Tahoua. Ces actions sont entre autres, la production de 1 million 827 mille 871 plants; la plantation en bloc sur quelque 14 mille 500 ha; la réalisation de 23 mille 855 mètres linéaires de plantation, la récupération de 22 mille 235 ha de terres dégradées; la fixation de 611 ha de dunes; l’ensemencement de 10.840 ha avec des herbacées; l’empoissonnement de 43 mares; le faucardage de 47 ha de plans d’eau; l’ouverture de 5.462 km linéaires de bandes pare-feux ; la formation de 100 brigadiers et de 100 pêcheurs.

Sur ces 5 milliards injectés, environ 4,5 milliards ont servi à financer les travaux de cash for work. D’après le colonel Ibrahim Maman, directeur régional de l’environnement, ces investissements ont permis de garantir un emploi temporaire de 6 à 8 mois, pour environ 65.331 personnes dont 22.924 femmes, correspondant à 9.333 ménages. ‘’Ce qui a permis à la population de surmonter, de façon honorable, la période de soudure, tout en maintenant les gens dans leur environnement’’, explique-t-il. Et le site de Koloma Babba donne une idée de l’impact de ces interventions sur le terrain.

C’est le major Amadou Bachirou, chef service communal de l’Environnement qui nous a guidés sur ce site. D’une superficie de 60 ha, le site a bénéficié de travaux de récupération. Pour qui connaît cette zone, disposer d’un seul hectare à des fins de production relève de la gageure. Le terrain est nu et rocheux. C’est donc en 2011-2012 que des travaux de récupération ont été engagés sur ce site. Six (6) banquettes ont été réalisées sur chaque hectare du terrain et l’on a ensemencé le site. ‘’Nous avons assuré l’encadrement des villageois. Les traceurs, les pointeurs et les ouvriers ont été recrutés par eux-mêmes’’, confie le major Amadou Bachirou.

Plus de neuf (9) millions de FCFA ont été injectés au profit des populations. ‘’Nous étions 200 à 300 personnes à travailler ici pendant deux mois. Et chacun recevait 15.000 F par banquette réalisée’’, témoigne Idi Yacoubou, président du comité villageois de gestion du site. Mais, en plus de ces retombées directes, une organisation a été mise en place pour gérer le site. Deux gardiens ont été recrutés et  sont payés sur les recettes générées par le site. En effet, depuis 2011, le site produit du fourrage. ‘’En 2012, nous avons récolté plus de 250 bottes de fourrage et  en avons  vendu pour 108.000 FCFA. Cette année, la production est encore plus abondante. Il y a déjà des réservations, puisque les éleveurs savent que notre fourrage est de qualité. Il n’est pas piétiné par les animaux ou souillé par excréta’’,  explique le président du comité villageois. Avec, ces fonds le comité aide, sous forme de prêt, les villageois qui sont dans le besoin. Les fonds sont aussi utilisés pour réaliser d’autres travaux d’intérêt communautaire.

En outre, la régénération naturelle du site a permis le retour de la faune. ‘’Depuis un peu plus d’un an, nous constatons le retour des lièvres qui avaient complètement disparu de la zone’’ nous confie l’un des jeunes gardiens du site. Des gommiers ont été  plantés sur l’ensemble du site. ‘’Dans quelques années, nous allons commencer à produire de la gomme arabique et même à  cultiver ce terrain, ce qui est très important pour nous,’’ affirme Idi Yacoubou. En plus de ce site, les villageois ont été encadrés dans la création de pépinières et la production des plants. ‘’L’année passée, ils ont produit et vendu pour plus d’un million de FCFA’’, dit le major Amadou Bachirou. Le site de récupération des terres dégradées de Koloma Babba est un exemple de transfert de compétences et de maîtrise d’ouvrage par les communautés.

Siradji Sanda,envoyé spécial

08 avril 2013
Publié le 08 avril 2013
Source : Sahel