jeudi, 11 avril 2013 08:01

Défis de l’insécurité alimentaire : les femmes prêtes à relever les défis alimentaires et nutritionnels

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Les femmes en ville comme en campagne, sont engagées et s’organisent pour affronter les vicissitudes de la vie. Elles pratiquent aujourd’hui diverses activités, comme le maraîchage. Ce choix opéré par les femmes nigériennes en particulier dans les zones rurales, leur permet  d’améliorer leurs conditions alimentaires et nutritionnelles et celles de leurs enfants.

à la situation sans cesse croissante imposée par  les phénomènes naturels et la mondialisation avec tous leurs corollaires, les femmes nigériennes sont, depuis plusieurs années, déterminées à relever les défis de l’autosuffisance alimentaire, et de  leur autonomisation. Si auparavant, la place de la femme dans la société et surtout dans le cercle de prise de décisions a été négligée, il est unanimement reconnu aujourd’hui  que rien ne peut aboutir à un résultat concret et probant sans l’implication de la femme. Au regard de leur nombre, les femmes nigériennes occupent une place de choix dans toutes les politiques de développement entreprises par l’Etat. Convaincues de leur position stratégique, l’on compte aujourd’hui au Niger plusieurs femmes politiciennes, entrepreneures, opératrices économiques, chefs de services…  elles sont présentes également dans les domaines agro-sylvo-pastoraux et sont responsables d’associations de défense des droits de l’homme etc. Chacune a un seul slogan : contribuer à l’essor économique du pays. En ville, comme en campagne, elles ont la même vision et poursuivent les mêmes objectifs. A cette ère, où le débat sur le changement climatique se fait à tous les niveaux, les femmes maraîchères ont conscience de cet aspect imposé par la nature à l’homme. En zone rurale, la période qui succède la saison des pluies est marquée par le manque d’activités pour  certains hommes. Ils passent plus leur temps ailleurs dans d’autres pays, et ceux qui restent dans leur village s’adonnent à des activités de moindre importance, comme les jeux et des causeries inutiles. Les femmes elles, ont compris la

situation autrement et s’organisent en  groupements, associations  en vue d’améliorer leur condition d’existence. Des  

organismes nationaux et internationaux accompagnent les initiatives des femmes en ville comme en campagne. A cet effet, dans le département de Boboye, les femmes du groupement de Donoudibi, sont déterminées à prendre leur destin en main. C’est ainsi que ces femmes ont mis leur capacité et leur faculté en œuvre, pour travailler dur sur un périmètre irrigué d’une superficie de 2 ha. Elles sont appuyées par le programme SADEL, la direction départementale de l’agriculture qui assurent leur encadrement, leur octroient des semences améliorées, construisent des puits, leur offrent des motopompes, ainsi que des matériels aratoires, témoigne Safi Idé, représentante des femmes productrices. Selon elle, leur choix de s’adonner à ce métier se justifie par l’abandon des hommes à un moment précis, où elles ont besoin d’un soutien constant. Grâce  à cette activité, elle a affirmé avoir déjà bénéficié des fruits de leur labeur. Elle a indiqué que cette année, 65 femmes ont exploité ce site. Ce qui a permis à chacune d’elle de profiter de ce qu’elle a produit. Par ailleurs, elle a précisé que cette année, elles ont produit de la pomme de terre, des choux, de la laitue, de l’oignon, des carottes, du maïs, des haricots. Pendant la période des récoltes,  Safi  Idé et ses collègues, amènent une partie de leur production  sur les marchés environnants. Après avoir écoulé leurs produits, elles s’approvisionnent en céréales et d’autres produits de première nécessité. L’esprit créatif et imaginatif de ces femmes leur ont également permis de prendre en charge des frais de scolarisation des enfants,  leur habillement, mais aussi de s’occuper de leur santé. Malgré leurs moyens financiers et matériels limités, Safi et son équipe tentent de montrer que les femmes peuvent et continuent à jouer un rôle de pièce maîtresse dans le développement socio-économique du Niger. Au-delà de la formation de productrice en technique agricole, elles apprennent aussi le système de conservation  de chou à travers le séchage. Cela constitue un atout pour les populations de cette localité d’avoir en permanence un complément alimentaire suffisant. Elle a déclaré avoir  reçu dans le cadre de l’initiative ‘’3N’’ un appui de l’Etat en semences, en engrais, deux (2) motopompes et des puits ont été également construits. Idem pour les femmes de Kargui Bangou dans le département de Dosso. Mme Lamissou Karimou est productrice depuis 20 ans, et vice-présidente du groupement ‘’Wafakay’’. Elle a précisé que sur le site, ils sont au nombre de 151 exploitants, dont 79 femmes. Et toutes les femmes se distinguent par leur dévouement au travail. Elles expriment toute leur volonté de garantir la disponibilité alimentaire du terroir et de ravitailler les zones environnantes. Elles ont compris la nécessité et l’importance de produire tout au long de l’année, afin de se mettre à l’abri de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. En outre, toutes les femmes appartenant aux différents groupements se disent satisfaites de ce qu’elles sont en train de faire, parce qu’elles arrivent à s’auto-suffire, à jauger leur capacité de mobiliser et à gérer, seules, les fruits de leur labeur.

l Laouali Souleymane

11 avril 2013
Publié le 11 avril 2013
Source : Sahel

 

Dernière modification le jeudi, 11 avril 2013 09:04