mardi, 29 octobre 2013 09:02

Atelier de renforcement de capacités des acteurs de l’Elevage : Améliorer la disponibilité des données sur l’élevage au Niger

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Le ministre de l’environnement, de la Salubrité  Urbaine et du Développement Durable, M. Adamou Chaiffou, assurant l’intérim de son homologue de l’Elevage, a présidé hier, à  Niamey, la cérémonie d’ouverture des travaux de l’atelier de renforcement des capacités des acteurs de l’Elevage dont le thème est, ‘’les statistiques sur l’élevage au Niger : situation et perspectives’’. Cet atelier vise à  contribuer  à  l’amélioration des politiques de l’élevage et de l’investissement dans  le secteur  grâce  à  de meilleures statistiques sur le bétail.

La cérémonie s’est déroulée en présence de la coordinatrice des enquêtes de ménages de la Banque Mondiale, Mme Diane Steele; du représentant  par intérim de la FAO, M. Fodé  Ndiaye; de la co-responsable de l’appui au renforcement institutionnel de la coopération technique Belge au Niger, Dr Ricardo Mondry, ainsi que plusieurs invités venus de certains pays d’Afrique.

L’atelier sur les statistiques de l’élevage au Niger intervient à un moment où la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne organisent des opérations de recensement des effectifs de leurs cheptels. En effet, le secteur de l’élevage reste incontournable dans la lutte contre la pauvreté, notamment dans les pays sahéliens. Il est l’une des principales sources de revenus des ménages en milieu rural, et constitue de ce fait un important facteur d’intégration des économies au sein des espaces communautaires africains. Pour soutenir cette idée, le ministre de l’Elevage par intérim a indiqué  que les statistiques disponibles montrent que le cheptel de l’Afrique représente une valeur de plus de 65 milliards de dollars. Il est également établi, au plan mondial, que 1,3 milliard de ruraux dépendent de l’élevage. Ce dernier est aussi la source de protéine et d’oligo-éléments pour 830 millions de personnes souffrant de malnutrition. Au Niger, ‘’le secteur de l’élevage emploie plus de 87% de la population et 20% vivent exclusivement des activités pastorales. C’est dire que toute stratégie qui vise  à réduire de façon sensible la pauvreté et l’insécurité alimentaire en Afrique doit se concentrer sur les zones et les populations rurales’’, a précisé  M. Adamou Chaiffou, avant de souligner que le Ministère de l’Elevage a élaboré une Stratégie de Développement Durable de l’Elevage (SDDE-2012-2035), avec comme vision ‘’ un Niger où l’élevage, à l’horizon 2035, contribue significativement  à  la sécurité alimentaire et nutritionnelle et améliore les conditions socio-économiques des populations à travers une gestion durable de l’environnement qui est un des axes de l’Initiative ‘’3N’’ . C’est dire que la formulation de politiques de réduction de la pauvreté, tout comme l’élaboration des politiques de développement rural et le suivi de la mise en œuvre des programmes et l’évaluation de leurs impacts, requièrent des données statistiques fiables.  Cependant, force est de constater que la capacité des structures statistiques nationales des pays africains à produire des données fiables pose des problèmes, particulièrement pour les statistiques d’élevage. C’est pourquoi, la rencontre de Niamey est d’une importance capitale pour tous les pays africains résolument engagés sur la voie d’une croissance soutenue et durable. En outre, les défis à  relever sont considérables, car il s’agit d’améliorer la disponibilité  et la qualité des données, de les analyser et enfin de les diffuser à un public d’intervenants nationaux et internationaux de plus en plus nombreux et exigeants.

Le représentant par intérim de la FAO, M. Fodé  Ndiaye, a indiqué que selon une étude récente menée par le projet sur les données de l’élevage, intitulé ‘’Investir dans l’élevage en Afrique: perspectives commerciales 2030-2050’’, la croissance de la consommation de produits d’origine animale se développera plus rapidement en Afrique que sur d’autres continents dans le futur. On estime que le marché de la viande en Afrique atteindra 34,8 millions de tonnes, et que celui du lait sera de l’ordre de 82,6 millions de tonnes en 2050. Il est donc impératif que les indicateurs  clés de l’élevage soient disponibles en temps opportun, et qu’ils soient largement diffusés. L’absence de ces indicateurs pourrait entraver les investissements dans le secteur de l’élevage tant du côté du gouvernement que du secteur privé, limitant ainsi la croissance attendue, a ajouté M. Fodé Ndiaye.

La coordinatrice des enquêtes de ménages de la Banque Mondiale, Mme Diane Steele, et la co-responsable de l’appui au renforcement institutionnel de la Coopération Technique Belge au Niger, Dr Ricardo Mondry, ont salué l’ensemble des participants à l’atelier avant de justifier sa tenue. Ainsi, le manque de données suffisantes de qualité fait que les systèmes de collecte de données agricoles disponibles ne sont pas en mesure de générer une information adaptée sur l’élevage. Le moyen le plus direct d’accroitre le volume d’informations  disponibles sur l’élevage est d’intégrer  ce secteur au sein des questionnaires d’enquêtes comme les recensements agricoles, les enquêtes par échantillon ou la mesure des niveaux de vie que les  gouvernements des pays organisent.   

Hassane Daouda

29 octobre 2013
Publié le 29 octobre 2013
Source : http://lesahel.org/

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