vendredi, 16 mai 2014 05:38

Balléyara - Une population dévouée à l’Initiative 3N : L’exemple du village de Kabé Zéno

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Le village de Kabé Zéno est situé à 22 km à l’Est du département de Balleyara. La population est essentiellement composée d’agriculteurs et d’éleveurs. Mais à la fin de l’hivernage, la majorité des bras valides  est tentée par l’exode vers les pays côtiers ou les centres urbains, afin de chercher de quoi joindre les deux bouts pendant la période de soudure, car face aux divers défis climatiques, les récoltes pluviales ne répondent plus aux attentes des ménages. Quant à la pratique des cultures de contre-saison, elle est laissée, pour une bonne partie, aux femmes.  


Mais depuis 2010, les bras valides ont commencé à rester travailler la terre en même temps que les femmes. C’est ainsi qu’avec l’aide de l’USAID-Niger, un projet de sécurité alimentaire nommé Arziki est lancé en 2010, et est exécuté par la Ligue des Coopératives des Etats Unis d’Amérique (CLUSA). Ce projet a soutenu un groupement de femmes de Kabé Zéno.  Ce projet vient aussi en appui au gouvernement nigérien qui a lancé en 2011 l’Initiative 3N, “Les Nigériens Nourrissent les Nigériens” qui vise à accroître les productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques du pays. Rappelons qu’environ 900 milliards de FCFA seront injectés dans le secteur agricole à travers l’initiative 3N pendant les cinq années à venir.


En ce qui concerne le groupement féminin du village de Kabé Zéno, dénommé Zaadayan, il est composé de 54 femmes et dispose d’un site de 1,5 hectare sur lequel sont pratiquées les cultures de contre-saison. Depuis le lancement du projet en 2010, les membres de Zaadayan ont bénéficié de  formations sur les techniques culturales, et le site est arrosé par la technique d’arrosage goutte-à-goutte.


Cette organisation féminine de Kabé Zéno a mis en commun les ressources de ses membres pour atteindre des marchés plus concurrentiels, accroître les différentes cultures par des techniques innovantes et l’utilisation d’intrants adéquats pour améliorer les productions.


Selon Mme Santou Souley, vice-présidente du groupement Zaadayan de Kabé Zéno, le jardinage leur a procuré plusieurs avantages. ‘’Avant l’avènement du projet, nous pratiquons les cultures de contre-saison de manière traditionnelle. Nous avons beaucoup souffert par le traçage des planches, l’arrosage et surtout les constructions des puisards’’, a-t-elle expliqué. Actuellement, les femmes du groupement sont soulagées par cette intervention du projet Arziki.


‘’Toutes les femmes qui travaillent ici ont bénéficié des avantages. Après chaque récolte, j’arrive à engranger un bénéfice substantiel. Chaque femme dispose de cinq planches sur lesquelles sont cultivés du poivron, du chou, de la salade, de la carotte, de l’oignon et du moringa. Nous avons trois récoltes dans l’année, et après chaque récolte, notre caisse engrange plus de 600. 000FCFA. Aujourd’hui, avec nos recettes, nous avons acheté deux  moulins pour alléger les tâches quotidiennes de nos sœurs’’, s’est réjouie Fatouma Seyni, trésorière du groupement.  


En effet, suite aux différentes formations reçues, les femmes ont appris le système de compostage et peuvent à présent économiser de l’argent sur les engrais, ce qui renforce les capacités financières du groupement.


 ‘’Le projet piloté par Arziki m’a tout donné en termes de formation et techniques innovantes de culture. Par exemple, j’ai appris comment installer les systèmes d’arrosage de goutte-à-goutte’’,  se réjouit M. Issaka Kimba, animateur, âgé de 60 ans, qui appuie le groupement.  Cet ancien vulgarisateur au service de l’Agriculture  participe parfois avec les femmes aux réunions sur les questions des cultures de contre saison organisées par les partenaires au développement, au niveau local.


Le courage de ces femmes du village de Kabé Zéno est réel.


Selon Rakiatou Abdou Hama, technicienne en cultures irriguées du projet Arziki, ces femmes ont acquis toutes les connaissances nécessaires à l’exploitation de leurs jardins. ‘’Les femmes de Kabé Zéno sont déterminées à travailler et à lutter contre l’insécurité alimentaire.  Aujourd’hui, elles ont appris plusieurs techniques en matière de maraîchage et aussi en gestion des ressources comptables’’, a-t-elle dit.
Pour Zeynabou Kimba, le jardinage est un travail rentable. ‘’Avec mes recettes, j’ai pu acheter un mouton pour faire de l’embouche et je soutiens ma famille dans les dépenses des cérémonies de baptême ou de mariage. Vraiment, le soutien des partenaires est une ouverture pour nous. Nous lançons un appel aux autorités afin qu’elles nous soutiennent dans ce travail, avec la mise en œuvre de l’initiative 3N’’, a-t-elle conclu.

Seini Seydou Zakaria, envoyé spécial

 



Assurer la sécurité alimentaire des populations

Comme tous les autres départements du Niger,  ce jeune département  a lui aussi bénéficié du soutien actif du Programme de la Renaissance, notamment dans son volet assistance aux agriculteurs.


Selon le directeur départemental de l’Agriculture, M. Salifou Soumana, Balléyara se situe dans une zone  où la nappe phréatique est au ras du sol sur  plus 90 % de son territoire. Ce qui veut dire qu’il regorge d’énormes potentialités en eau. Cette situation est favorable  à la vision et aux ambitions de l’initiative 3N. Pour accompagner les agriculteurs, le département a bénéficié de divers intrants  dont  des semences (49 kg de choux, 22 kg de carotte, 14 kg d’oignons 12,2 kg de tomates, 2,6 kg de poivron),  des produits phytosanitaires (250 litres), et bien d’autres matériels dont notamment 1000 râteaux, 96 pèles et 10 dalles. Cet apport a permis aux maraichers de produire un équivalent de 5000 tonnes d’équivalent céréalier,  comblant non seulement  le déficit de 2000 tonnes du département, mais aussi lui permettant d’engranger un excédent près de 3000 tonnes.


M. Salifou Soumana a indiqué  que d’autres efforts sont en train d’être fournis par l’Etat et ses partenaires, des efforts qui ont permis au département d’emblaver près de 1041 ha de 2011 à 2013, et de procéder au renforcement de capacité des producteurs sur les connaissances des techniques agricoles. Aussi, les populations apprécient l’initiative et souhaite sa poursuite. Elles demandent aux autorités la reconstruction du pont du village de Kandougou dont la rupture a causé d’énormes inondations, tout en compliquant l’accès à certaines zones.


Les  productrices du groupement AMG
Le petit village de Kabé Zéno est un des nombreux villages  du Niger où la sécheresse est fréquente, et où gagner sa vie grâce à l’agriculture peut s’avérer un exercice difficile. Dans ce village, grâce au précieux concours de l’USAID à travers le Projet “ Arziki “ de NCBA/CLUSA International,  des femmes se sont réunies en groupement de productrices. Cette organisation de productrices  appelée AMG dispose désormais d’un fonds de contribution de deux millions de francs CFA renouvelable, soit l’équivalent de 4000 $ USD. Arziki est un projet qui met l’accent sur la formation des femmes et des hommes dans le domaine de l’agriculture.
 Arziki qui signifie ‘’prospérité’’ dans la langue locale, cible les populations vulnérables et soutient l’initiative 3N.  Ce projet mis en œuvre au niveau local  s’efforce de donner aux populations  les outils pour s’aider eux-mêmes  à travers un changement de comportement.  “Nous avons hésité beaucoup avant de décider de collaborer avec Arziki , car nous n’étions pas habitués à l’idée de la production agricole orientée vers le marché. Nous avons été trop habitués à l’aide”, nous confie Maïmouna Djibo, présidente de AMG.  Grâce à  l’approche pragmatique  de Arziki  et au  fonds de subvention qu’il a donné, le groupe des femmes AMG obtient un système d’irrigation  goutte à goutte sur un site de 1,5 hectare. Les membres du groupe ont été formés dans la gestion, les opérations des groupements de producteurs, les techniques de production et de commercialisation. ‘’Arziki a rapidement découvert nos points faibles et nous a aidées  à les résoudre’’, a indiqué Maimouna Djibo . ‘’Aujourd’hui, je gère 54 femmes et un fonds de 2 .millions de  FCFA . Récemment, j’ai pu convaincre les membres du groupe de vendre une partie de leur production d’oignon cette saison pour acheter un broyeur à marteaux qui coûte 515 000 FCFA. Il y a trois ans, cela n’aurait pas été possible’’,  ajoute-t-elle avec conviction.  


La vente des produits des cultures du groupement  AMG ont généré  la somme de  2 millions 215 mille FCFA  en 2012, soit une moyenne de 41 000 FCFA par membre. Cela est  au-dessus du revenu agricole moyen gagné par ménage dans la zone qui est 30. 000 FCFA.  Selon la présidente du groupement, les revenus générés par le site irrigué, par femme, peuvent être estimés à 150 000 FCFA par an, car avant de vendre leurs produits, les femmes prennent dans la production de quoi nourrir leurs familles.


L’organisation des productrices AMG de Kabé Zéno, avec l’aide de Arziki , a pu atteindre des marchés  concurrentiels.  Dans les années à venir, le groupement  prévoit de lancer un système de compostage pour économiser de l’argent sur les engrais.  

Mamane Abdoulaye

 

16 mai 2014
Publié le 16 mai 2014
Source : Le Sahel

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