vendredi, 27 juin 2014 05:21

Direction Générale de la Protection des Végétaux : 300.000 hectares de cultures à protéger

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Pour faire de l’agriculture un véritable levier de développement et de croissance, les autorités en charge de l’agriculture mettent les bouchées doubles pour que la saison d’hivernage 2014  soit une bonne campagne agricole.

Ainsi, elles entendent assurer la protection phytosanitaire de 300.000 hectares de cultures pluviales et irriguées pour contribuer à une augmentation de 25% des rendements des cultures. Pour cela, des actions sont en train d’être entreprises, car souvent des pertes sont occasionnées par les ennemis des cultures (insectes, oiseaux, rongeurs et autres)  sur une part importante des récoltes. A l’orée de cette saison, les services techniques ont pris des dispositions idoines pour assurer la protection phytosanitaire.
Selon  le directeur général de la Protection des Végétaux, M. Moudy Mamane Sani, pour la couverture phytosanitaire, le gouvernement a déployé des moyens  exceptionnels cette année : des pesticides en quantité suffisante, des véhicules et des motos tous terrains, des appareils portatifs et auto portés, quatre (4) avions de traitement  et un dispositif d’encadrement rapproché.
La Direction Générale de la Protection des Végétaux (DGPV) est chargée de la protection des cultures sur l’ensemble du territoire national. Elle est également chargée  de veiller au contrôle des végétaux et des pesticides qui entrent ou qui sortent de notre territoire national. Selon les explications fournies par le directeur général, les dispositions prises cette année sont les dispositions qui sont habituellement prises au démarrage de chaque campagne agricole. D’abord, a-t-il dit,  il y a le  renforcement  du dispositif  de surveillance et de lutte. Il s’agit principalement de mettre en état  les véhicules de prospection et de traitement, de renforcer les stocks de pesticides et des appareils de traitement. ‘’Nous venons de mettre en place les insecticides nécessaires qui peuvent permettre aux producteurs de faire face aux premières infestations’’ a-t-il dit, ajoutant qu’une autre action  importante entreprise par ses services, en ce début de campagne, c’est le renforcement des capacités des techniciens qui sont sur le terrain.  ‘’Périodiquement, nous organisons des formations des agents à tous les niveaux. Certaines formations destinées aux  responsables régionaux et départementaux de la protection des végétaux ont été déjà réalisées’’. M. Moudy Mamane Sani a ajouté qu’actuellement, les chefs des districts agricoles, regroupés dans trois centres, notamment Kollo,  Zinder et Tahoua, sont en formation. Selon le directeur général, l’objectif est de les former pour qu’ils soient plus aptes en tant qu’encadreurs de proximité, afin qu’ils arrivent à mobiliser les producteurs en cas de traitement, car ils sont en contact permanent avec ces derniers. Il a en outre indiqué que des brigadiers sont aussi en train d’être formés de façon à ce qu’ils soient plus efficaces dans les opérations de lutte contre les premières manifestations des ennemis des cultures, précisant qu’il  est prévu cette année la formation de  2000 brigadiers.   
Concernant la lutte contre les ennemis de culture, les premières actions engagées en ce début de campagne par la DGPV consistent  surtout à protéger les semis contre les attaques des  rongeurs qui les déterrent. Le directeur général de la Protection des Végétaux a souligné que les moyens de lutte contre ces rongeurs sont en place, et de façon suffisante dans toutes les régions. ‘’Pour ce qui est des autres moyens matériels, il y a entre autres les grands moyens de recours. Par exemple en cas de fortes invasions, nos quatre avions de traitement  sont tous opérationnels. Seulement, nous sommes en train de voir comment avoir des pilotes saisonniers. En outre, douze véhicules supplémentaires  de traitement seront mis en place dans les régions’’, a- t-il dit.
S’agissant des attaques acridiennes dont la région sahélienne est souvent victime,  c’est le Centre National de Lutte Antiacridienne (CNLA)  qui prend en charge la question du criquet pèlerin. ‘’En ce qui nous concerne, les criquets auxquels nous faisons face pratiquement chaque année, ce sont les sautériaux.  A ce niveau, nous prenons les mêmes dispositions communes à l’ensemble des ravageurs’’, a dit M. Moudy Mamane Sani. Il, a affirmé qu’au niveau des régions, le dispositif de surveillance fonctionne normalement; les agents disposent des moyens logistiques et des dotations en termes de carburant pour mener à bien leur travail ; les  services font des missions de prospection et lorsque la situation l’impose, ils conduisent les opérations de traitement. Dans certaines zones, ajoute-t-il, particulièrement celles qui sont souvent sujets d’attaques des ennemis des cultures, ces agents ont pu positionner des appareils autoportés qui permettent aux techniciens d’intervenir, et des chefs des districts agricoles, tous nantis de la formation et du matériel nécessaires, encadrent les producteurs.
Par ailleurs, a-t-il indiqué, là ou les cultures sont à un stade nettement plus  avancé, notamment là où les semis ont été réalisés au mois d’avril, il y a eu quelques apparitions de sautériaux qui ont été rapidement maitrisées.
Parlant de la disponibilité des produits, M. Moudy Mamane Sani affirme qu’ils ont actuellement de quoi faire face aux premières infestations, et que le Ministère a pris les dispositions nécessaires pour couvrir les besoins de cette campagne agricole. ‘’Nous avons lancé une commande de 225 .000 litres cette année. 80.000 litres  seront disponibles d’ici la fin du mois de juillet, et le reste sera livré avant la fin du mois d’août’’, a-t-il dit.
Le directeur général de la Protection des Végétaux a tenu à  conseiller aux producteurs de ‘’mettre l’accent sur la surveillance et la signalisation, de bien communiquer avec les agents qui sont avec eux. Plus vite les producteurs signalent, plus vite la solution peut être trouvée avec les moyens qui se trouvent à leur niveau’’. Aux brigadiers phytosanitaires, il conseille de prendre les mesures de précaution, de se protéger pour ne pas souiller l’environnement, et de   tout faire pour que les produits phytosanitaires ne soient pas mélangés avec les denrées alimentaires. ‘’Les contenants des produits phytosanitaires, a-t-il dit, ‘’ne doivent pas été utilisés à d’autres fins’’. Quant aux producteurs, il leur demande de s’assurer de la qualité des produits avant de les acheter, en ayant recours aux  conseils des services de l’agriculture. ‘’Il y a une liste de produits autorisés au Niger, et qui est disponible au niveau  de nos services ; il faut que vous achetiez des produits qui sont effectivement autorisés dans notre pays. Il y a également une liste de distributeurs agréées, donc les achats  des produits doivent se faire auprès d’eux’’, a dit M. Moudy Mamane Sani.

Aissa Abdoulaye Alfary

27 juin 2014
Publié le 27 juin 2014
Source : Le Sahel
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