jeudi, 24 juillet 2014 13:29

Atelier national de réflexion sur le travail des enfants dans l’agriculture : Promouvoir une approche participative en vue de réduire le travail des enfants dans le secteur

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Le Ministère de l’Agriculture en collaboration avec la FAO, organise depuis hier, à l’Hôtel Sahel, un atelier national de réflexion sur le travail des enfants dans l’agriculture. C’est le Secrétaire général du Ministère de l’Agriculture, M. Illa Djimrao qui a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux en présence du représentant de la FAO, M. Amadou Ouattara, du coordonnateur national  du «Projet cadre d’accélération des OMD» Niger, représentant de l’Organisation Internationale de Travail, (l’OIT), M. Seyni Garanké et  de plusieurs invités.


L'objectif de cet atelier est d'identifier les actions stratégiques à promouvoir en synergie avec les différentes parties prenantes pour prévenir et réduire le travail des enfants dans l'agriculture. La question exige donc des actions d'envergure, la communication et la sensibilisation ainsi qu'une implication et un engagement de tous les principaux acteurs à une réflexion participative afin de créer les conditions d'un travail inclusif. Pour le Secrétaire général du Ministère de l’Agriculture, le travail des enfants dans l'agriculture, est  une question sensible dans un pays comme le Niger où, l'activité agricole est prédominante et la population  est en majorité jeune et rurale. Selon l'Enquête Nationale sur le Travail des Enfants (ENTE) menée en 2009, plus de 50 % des enfants de 5 à 17 ans sont économiquement occupés avec des disparités selon le lieu de résidence, les secteurs d'activités et les régions.

Le Niger, a-t-il dit, s'est engagé depuis longtemps dans la lutte contre le travail des enfants. Cette volonté politique s'est traduite par la ratification de plusieurs instruments juridiques régionaux et internationaux de lutte contre le travail des enfants dont les principaux sont les Conventions de l'OIT N° 138 sur l'âge minimum d'accès à l'emploi (1973) ratifiée par le Niger en 1978 et la Convention N°182 sur les pires formes de travail des enfants adoptée en 1999 et ratifiée par le Niger en 2000. Le Secrétaire général du Ministère de l’Agriculture a ajouté que le Plan d’Action National prévoit plusieurs actions concrètes de prévention et d'éradication des pires formes du travail des enfants. ‘’Mais très peu d'informations est disponible pour le cas spécifique du travail des enfants dans l'agriculture qui occupe la grande masse des enfants. Compte tenu de la jeunesse de la population nigérienne, les données préoccupantes mises en exergue par l'enquête INS/OIT nous interpellent’’ a reconnu M. Illa Djimrao.

 


Auparavant, le représentant de la FAO, M. Amadou Ouattara a souligné les conséquences néfastes du travail forcé des enfants qui les prive notamment d'aller à l'école ou de bénéficier d'une formation professionnelle, et donc d'acquérir l'instruction qui pourrait les libérer de la pauvreté. ‘’Les filles sont   particulièrement désavantagées car après avoir travaillé dans les champs, à leur retour, elles doivent souvent accomplir les tâches ménagères’’ a-t-il précisé. Pour le représentant de la FAO, la plupart des travaux agricoles peuvent être dangereux, surtout lorsque les normes de sécurité et de santé au travail sont limitées. Ils peuvent ainsi provoquer des maladies, des accidents ou même des décès. Les enfants sont particulièrement exposés car leurs corps et leurs esprits sont encore fragiles et en train de se développer. Ils sont donc plus vulnérables aux risques tels que les pesticides, et les conséquences négatives de leur travail sur leur santé peuvent perdurer jusqu'à l'âge adulte.


En revanche, M. Adamou Ouattara a indiqué que les tâches adaptées à l'âge, qui ne présentent pas de danger et ne perturbent pas la scolarisation des enfants ou leur droit aux loisirs, peuvent très bien faire partie du processus normal de vie en milieu rural. En effet, de nombreuses contributions aux moyens d'existence de la famille pourraient être utiles aux enfants et leur apporter des compétences pratiques et sociales propices au travail qu'ils entreprendront lorsqu'ils seront adultes. L'objectif de cet atelier est que toutes les parties prenantes reconnaissent qu'un emploi rural décent est important et qu'elles doivent travailler ensemble à la création d'un environnement favorable à celui-ci. Par cette approche, la FAO promeut les investissements en faveur des enfants, futurs piliers de la main d'œuvre nationale.


Pour sa part, le représentant de l’OIT, M. Seyni Garanké a rappelé que l’OIT a pour mission, d'améliorer l'accès des hommes et des femmes à un travail décent et productif, dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de dignité. A cet égard, la protection de l'enfant constitue une de ses préoccupations majeures. Pour preuve, cette Organisation a adopté de nombreux instruments sur cette question, parmi lesquels, il cite la Convention n°29 du 28 juin 1930 concernant le travail forcé ; la Convention n°105 du 25 juin 1957 portant sur l'abolition du travail forcé ; la Convention n°138 du 26 juin 1973 concernant l'âge minimum d'admission à l'emploi ; la Convention n°182 du 17 juin 1999 portant sur l'interdiction des pires formes de travail des enfants; la déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail de 1998; l'institutionnalisation de la journée du 12 juin de chaque année, comme journée mondiale contre le travail des enfants.


M. Seyni Garanké a enfin rappelé que le BIT et la FAO ont signé un mémorandum d'accord le 07 Septembre 2004 à Ouagadougou au Burkina Faso, qui vise notamment à promouvoir une agriculture durable et le développement rural comme une priorité clé pour l'éradication de la faim et de la pauvreté, en mettant un accent particulier sur l'amélioration des revenus, la création des emplois et le travail décent pour les populations rurales.

Mamane Abdoulaye

24 juillet 2014
publié le 24 juillet 2014
Source : Le Sahel

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