jeudi, 18 décembre 2014 23:03

L’industrie de l’arachide :Une activité qui profite aux femmes de Dosso

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Fabriqué à base d’arachide, le ‘’tigadagué’’ ou pâte d’arachide constitue de plus en plus une source de revenus pour beaucoup de Dossolaises. Dosso est une référence au Niger en matière de production de ce précieux produit qui sert dans l’alimentation. Il est donc important de connaitre comment on fabrique ce produit, la valeur de la production et ce que gagne ces vaillantes femmes dans ce travail.


La production du  ‘’tigadagué’’ relève d’un parcours de combattant, car avant d’obtenir cette pâte présente dans les sauces, les femmes font subir à l’arachide   tout un long processus laborieux. La première étape dans cette chaine de production est le décorticage, une étape qui utilise aussi beaucoup d’énergie.
En faisant un tour au niveau des endroits où se fait le décorticage, on trouve des femmes âgées et aussi des jeunes filles qui  travaillent sans relâche, exposées à la poussière, qui peut engendrer parfois des rhumes.
Mme Haoua Bizo dite Ladi, la quarantaine, exerçant ce métier depuis 2 ans,  indique qu’elle et ses consœurs ont conscience du danger que représente toute cette poussière pour leur santé, mais, dit-elle, ‘’Dieu merci, on s’en sort pas mal, et c’est grâce à ce travail que nous arrivons à subvenir à nos besoins quotidiens, notamment  la nourriture, l’habillement, l’achat de produits d’entretien comme le savon et la pommade ; c’est aussi grâce aux revenus que nous en tirons que nous arrivons à donner nos participations à l’occasion des différents évènements qui se passent dans notre communauté, notamment les mariages et les baptêmes. Certes c’est un travail dur, mais nous n’avons que cela sous la main’’ ajoute-t-elle.
En effet, dans le lot de ces décortiqueuses d’arachide, on en trouve qui  exercent ce métier  depuis  plus de  5 ans. Aujourd’hui, leur souhait c’est de trouver un autre métier moins fatigant.
Le sac d’arachide est décortiqué à  500 FCFA, et une seule femme peut en travailler 6 à 7 sacs dans la journée, selon les disponibilités.
Après le décorticage, l’arachide est amenée au moulin pour être broyée et réduite en pâte.  Certaines femmes procèdent directement à la vente du produit ainsi obtenue, conditionné dans des boîtes vendues à 1000 francs l’unité.
D’autres par contre, procèdent à l’extraction de l’huile et du tourteau ‘’koulikouli’’. C’est une étape qui demande beaucoup plus d’énergie.  L‘arachide moulue est mise dans des gros mortiers, et les femmes, avec des pilons très lourds, procèdent au malaxage pour arriver au produit fini. De chaque sac d’arachide, elles peuvent extraire 7 à  10 litres d’huile. ‘’Si l’arachide est de bonne qualité et qu’elle est bien travaillée, on peut en tirer plus’’, indique Maria, une jeune femme de 30 ans qui excelle dans ce domaine. Elle ajoute que les ouvrières  sont payées à 2. 500 par sac.
Concernant les coûts, Maria nous informe que le sac d’arachide, de l’achat à l’extraction de l’huile, leur revient à environ entre 6. 750 à 7. 000, voire 8 000 FCFA.  L’huile est vendue à 1. 500 FCFA le litre, le ‘’Tigadagué’’ est vendu à 1000 FCFA la boite de mayonnaise ou la grosse boite de tomate. Ainsi, par sac, ces femmes peuvent gagner des bénéfices allant de 10.000 à 15. 000 FCFA.
La fabrication du tigadagué et l’extraction de l’huile sont une véritable industrie qui peut faire profiter l’économie locale, pour peu qu’on pense à la modernisation de cette activité. Les dossolaises opérant dans ce secteur se frottent les mains, car chacune trouve son compte. Beaucoup d’entre elles   disent qu’elles sont  satisfaites de leur travail parce que c’est grâce à ça qu’elles arrivent à subvenir à leurs besoins.
Ali Maman (stagiaire)