vendredi, 26 juin 2015 04:40

Préparatifs de la campagne agricole 2015-2016 : Des semences, des intrants et du matériel pour booster la productivité

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Cette année, la campagne agricole d’hivernage,  connait un début hésitant.En effet, comparativement à l’année passée, les semis tardent à se généraliser sur l’ensemble des  12.200  villages agricoles que compte le Niger. Selon la situation faite par  la direction générale de l’agriculture, à  la date du 20 juin 2015, seulement 3.938 villages  ont effectué des semis soit un taux de 22% contre 55% à la même période  l’année passée.

Et, 86% des postes pluviométriques suivis sont également déficitaires par rapport à 2014. Même dans le département de Gaya, zone nord soudanienne, il y a encore des communes où le premier semis n’a pas encore été effectué, à la date du 20 juin. « C’est inquiétant, tout cela est lié au changement climatique », commente le directeur général de l’agriculture M. Abdou Oumani Attou.
Toutefois,  l’espoir est permis pour cette campagne agricole, rassurent certains techniciens, car la période des semis n’est pas encore dépassée. Mais, à condition surtout d’avoir de bonnes semences. « La semence joue  un rôle stratégique dans le développement de l’agriculture en ce qu’elle constitue, dans la chaine de production, le premier élément à travers lequel sont valorisés les autres intrants, rappellent les techniciens.  D’où son importance dans l’amélioration de la productivité », souligne les techniciens de la direction générale de l’agriculture.  Conformément à sa mission, l’Etat,  à travers le ministère de l’agriculture s’attèle aux préparatifs de la campagne agricole.


Ces préparatifs concernent d’abord la mise à la disposition des semences aux producteurs. Ce qui explique le programme élaboré par le ministère de l’agriculture conformément à son cahier de charge, en vue d’une organisation des préparatifs de la campagne agricole d’hivernage 2015-2016. Telles que déclinées dans  une  communication du ministre d’Etat, ministre de l’agriculture, M. Maidagi Alambèye, les actions consistent en la mise en place des semences améliorées de qualité dans les zones déficitaires lors de la dernière campagne agricole,  qui sont  vulnérables. Il y a ensuite la mise en place des produits phytosanitaires, des équipements de traitements phytosanitaires et la prise de toutes les mesures préventives pour épargner le  pays des attaques des criquets pèlerins. Ces dispositions sont accompagnées par  la mise en place des engrais , notamment de l’urée, du phosphate simple, DAP et le N-PK au niveau des régions et des points secondaires des ventes ;le renforcement des capacités des agents de terrain, des organisations paysannes et des brigades villageoises d’intervention phytosanitaire ;la mise en place des équipements pour le travail du sol dont des tracteurs et motoculteurs.


Des semences améliorées, adaptées à la situation…
Pour ce qui est des semences, selon la communication du ministre d’Etat ministre de l’agriculture,  la programmation prévoit l’achat de 16. 000 tonnes de semences améliorées de qualité et locales adaptées, en vue d’assurer une couverture en semis d’au moins 25% de la superficie totale en cultures pluviales soit 2. 000. 000 ha, au profit de 664. 031 ménages répartis dans 237 communes. Le coût total prévisionnel est de 16. 000. 000. 000 FCFA dont 6 533 000 000 FCFA du côté  de l’Etat et de certains de ses partenaires. A la fin du mois de mai, 6. 533 tonnes ont été effectivement acquises soit 41% des prévisions. Le gap à chercher est  de 9. 437 tonnes soit un équivalent monétaire de 9. 437. 000. 000 FCFA, précise la communication. 


Et, selon la même source, concernant la contribution de l’Etat, environ  3.000 tonnes de mil, sorgho et niébé, les quantités des semences prévues sont placées déjà  à 100% au niveau des départements des régions de Dosso, Maradi, Tahoua et Niamey. Dans les régions de Tillabéri, Zinder, le taux de mise en place est respectivement de 96 et 97 % à la date du 31 mai 2015. A Diffa, la mise en place a démarré dans les départements de Goudoumaria, MainéSoroa, N’Guiguimi, Bosso.


De son côté, la  FAO  a prévu 1320 tonnes de semences, dont 1075 tonnes destinées aux zones déficitaires et 245 tonnes pour les ménages hôtes des refugiés venant du Nigéria.
Le processus d’acquisition de 1.163 tonnes de mil de la Cellule Crise Alimentaire(CCA), des Fonds des donateurs, est en cours. Le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) a prévu 1.050 tonnes de sorgho, 700 tonnes et niébé (450 tonnes).Toutes ces quantités acquises sont déjà stockées dans les magasins au niveau de chaque  région, selon la même source. D’autres semences sont également attendues de partenaires, notamment les Projet, Programmes, ONG et Associations.

 

Des intrants pour un bon développement des cultures

En ce qui concerne les engrais, le ministère de l’agriculture a  prévu l’achat et la mise en place de 39. 153 tonnes d’Urée, de  NPK, DAP, SSP, compost,  pour un montant prévisionnel de 39. 576. 600. 000 FCFA. Selon la communication du ministre de l’agriculture, du côté de l’Etat, les fonds prévus soit  10 milliards  dont  9. 576. 000. 000 FCFA sur fonds propre de la CAIMA, sont acquis. Le reste est à rechercher. Les stocks disponibles  constitués de 47. 294 tonnes dont 24. 600 tonnes d’urée, N-P-K et DAP,  sont déjà placés dans les régions et le reste soit, 22. 694 tonnes est stocké dans les magasins CAIMA à  Niamey.En matière d’équipement agricole, il a été relevé la disponibilité à la  CAIMA de 10  tracteurs de 50 CV,  568 unités de  tracteurs de 70 CV et 500 motoculteurs placés  à Niamey et Tillabéri.


Dans le cadre de la lutte phytosanitaire, il est annoncé la disponibilité de 239. 153 de litres, dont 165. 135 litres sont stockés dans les magasins de la Direction Générale de la Protection des Végétaux et 73. 928 litres au niveau des régions, ce qui  correspond à une capacité d’intervention de 314. 000 ha pour une prévision de 300. 000 ha soit une couverture de 104%. Toujours en vue de prévenir et lutter contre les ennemis des cultures, l’Etat a assuré la disponibilité de 14 appareils auto portés, 400 appareils de brigades villageoises d’intervention phytosanitaire et 1.500 kits de protection pour pallier les difficultés de mobilisation des avions de traitement. Aussi, il y a la poursuite de la surveillance et de la lutte préventive contre  le criquet pèlerin dans l’Aïr, le Tamesna et le Sahel des pâturages afin de prévenir tout départ d’invasion acridienne à partir du territoire national, et de protéger la  production Agro-Sylvo-Pastorale. Le Centre National de Lutte Antiacridienne (CNLA) dispose de 95. 800 litres pour une capacité d’intervention de 95. 800 hectares.  La CAIMA a acquis sur fonds propres, et mis en place 446. 070 sachets de fongicides, de 16. 622 litres d’herbicide  mis en place  pour un coût de 429. 627. 000 FCFA.
Les  acteurs intervenant dans la production  ne sont pas en reste dans les préparatifs de la campagne agricole. A ce niveau les appuis de l’Etat et des partenaires  portent le renforcement des capacités des agents d’encadrement et des organisations paysannes. Grâce à l’appui du PPAAO, 20 inspecteurs semenciers formés ont pris fonction dans leurs localités respectives où ils ont prêté serment. Toujours dans le même sens  72 Inspecteurs semenciers et phytosanitaires ont été formés grâce  un financement de la  FAO. Aussi,  216 cadres  ont suivi une formation  sur l’interprofession, les chaînes de valeur et chaînes d’approvisionnement   du riz,  ainsi que des brigadiers phytosanitaires dont  le recyclage a également  démarré.
Toutes ces mesures prises par  l’Etat viennent en  appui aux  producteurs  nigériens. Un appui très attendu pour la campagne agricole d’hivernage  car dans le  pays,  plus de 80% de la population pratique l'agriculture. Ce qui fait de la campagne agricole d’hivernage, une  période porteuse de beaucoup d'espoir. Pourvu que le ciel soit clément.

Souley Moutari(onep)
26 juin 2015
Source : http://lesahel.org/