vendredi, 11 septembre 2015 04:12

Commerce du wandzou et de l’arachide : Wandzou et arachides à gogo

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Le commerce du wandzou et de l’arachide est une activité saisonnière, pratiquée à côté de celle des autres produits en fin de  saison des pluies. Cette activité génératrice de revenus fait la fierté de certains commerçants qui tirent leur épingle du jeu à travers la commercialisation du produit. C’est une occasion  qui s’offre aux commerçants d’améliorer significativement leur chiffre d’affaires.


Très prisés par la population nigérienne en cette période des grandes pluies,  des produits saisonniers  comme le wandzou et l’arachide occupent une place non négligeable dans le commerce et la consommation locale. Le wandzou et l’arachide sont   diversement appréciés par les populations qui peuvent les consommer bouillis en période de récoltes, ou grillés une fois qu’ils sont  séchés, longtemps après les récoltes. Ce sont des produits qui ont un grand apport  alimentaire   à l’organisme humain. Ils sont  très prisés en cette période et on en trouve abondamment sur les marchés. Mais c’est surtout le marché de Katako qui est réputé dans la commercialisation de ces produits. Toutes les tranches d’âge en consomment en famille, à la fada ou à des rencontres entre les amis, et même au service.
Bilyamounou, est un jeune  revendeur qui exerce le commerce de wandzou et d’arachide depuis environ 11 ans. Cette activité lui a permis d’avoir une assise sociale et le respect des autres. Selon lui, il a embrassé ce commerce pour diverses raisons notamment la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes. Selon luiles produits proviennent du Nigeria. « Nous nous  approvisionnons aussi à partir des marchés comme celui de Koré Maï Roua dans la région de Dosso et la région de Tillabéry. Mais pour le moment, c’est le Nigeria qui est notre principale fournisseur» a-t-il noté. La région de Maradi est une zone de production, du wandzou en période de culture de contre-saison est très importante. Mais la production nationale à elle seule ne suffit pas pour approvisionner nos marchés. Selon Amadou un revendeur de wandzou au  marché  Katako de Niamey, les grossistes  de ces produits s’approvisionnent principalement au Nigeria. Seulement, a dit Amadou la variété produite au Niger a plus de goût que celle importée, et c’est pourquoi nombre de consommateurs préfèrent la production locale. ‘’Nous nous approvisionnons auprès des grossistes. Nous achetons les sacs d’arachide à 20.000FCFA et 33.000 francs CFA selon la qualité du produit. Il arrive que nous fassions des bénéfices de  4500 à 6.000 FCFA par jour, et même plus, cela dépend du nombre de sacs vendus dans la journée’’, indique  M. Manirou qui dit qu’il peut écouler jusqu’à trois (3) sacs par jours. La vente se fait par détail, et la tasse est vendue de   700CFA  et 750 francs.  
En ce qui concerne le wandzou le sac se vend à 20.000FCFA et la tasse est vendue entre 600 et  700FCFA. Le problème qui se pose par rapport à la commercialisation de cette denrée, c’est la mévente, surtout quand on sait que c’est un produit périssable. Aussi, certains revendeurs se retrouvent avec des pertes énormes, surtout qu’ils n’ont pas les moyens et ignorent le mécanisme de conservation.  Malgré tout, les revendeurs continuent à  exercer  ce commerce. La particularité de cette année, est que le produit a connu une légère hausse et cela s’explique par son  insuffisance visiblement sur les marchés. En attendant la récolte locale, consommateurs, vendeurs et revendeurs se contentent des produits importés. Hormis ces revendeurs, une autre catégorie composée de petits détaillants trouve aussi son compte. Ce sont ces petites filles et garçons,  qui  s’approvisionnent dans les différents points de vente. ‘’Nous achetons du wandzou et de l’arachide crus et nous les faisons cuire à la maison’’, explique la jeune Aïchatou qui précise que ce petit commerce lui permet de subvenir à ses besoins. Elle vend à toutes les bourses afin de permettre aux uns et aux autres de s’en procurer.  Pour certains observateurs, le wandzou et l’arachide, au-delà de leur caractère commercial, peuvent contribuer aux efforts entrepris dans le cadre la sécurité alimentaire car nombreuses sont les familles dans notre pays qui consomment ces produits.
Laouali Souleymane(onep)

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Le maïs frais : Un produit saisonnier à la portée de tous
Cultivé dans plusieurs zones de notre pays, le maïs est un produit saisonnier très apprécié et consommé par les populations de Niamey. C’est une culture qui est produite deux fois dans l’année au Niger. Une première campagne est réalisée pendant la période des pluies et une seconde en période de froid. Actuellement, c’est la première campagne qui bat son plein. Au marché de Katako, considéré comme l’épicentre par excellence de la vente du produit très prisé, ce sont des camions gros porteurs qui jalonnent à longueur de journée les artères des environs du marché  pour pouvoir décharger les sacs de maïs. Du coup, la circulation devient un véritable cauchemar pour les autres usagers de la route. C’est  avec beaucoup de peine que  les engins à deux roues et les piétons parviennent à se faufiler entre les voitures sous un soleil ardent et une atmosphère lourde provenant de l’intérieur du marché. Les vendeurs du maïs sont bien positionnés aux abords du goudon pour que les clients les aperçoivent vite. Certains d’entre eux n’attendent même pas que le client vienne vers eux. Il suffit qu’un passant fixe son regard sur le produit pour les entendre dire en langues nationales « Aboki na zo » ou encore «Aitchora ka’a». Assis sous son grand parapluie M. Aouala Zabeirou, vendeur de maïs frais transpire devant les clients. Il essuie  régulièrement sa sueur d’un revers de la main. Derrière lui, se trouvent superposés des sacs de maïs destinés à la vente en gros ou en détail. Selon Aouala Zabeirou, le maïs frais provient de Gaya, la zone la plus arrosée du pays, mais aussi  de Maradi ; de Konni dans une certaine mesure et de notre grand voisin du Sud, en l’occurrence le Nigeria. ‘’La vente du maïs est une activité qui nous rapporte de l’argent. Le produit est très consommé dans la capitale à telle enseigne qu’il nous arrive de vendre tout avant 18 heures. Nos clients sont en général les jeunes filles qui font la grillade. C’est surtout dans la matinée qu’il y a l’affluence des clients. Le prix du sac varie en fonction du contenu. Il existe en fait trois types de sacs : gros ; moyen et petit. Ils coûtent respectivement  40.000 F ; 20.000 F et 12.000 F chez les revendeurs. En détail, la vente se fait par tas. Là aussi, il y a lieu de relever  trois catégories de tas. Le premier tas où les unités qui le composent sont grosses et se vendent à 500F ; le second à 200 F et le dernier tas à 100 F’’. Toutefois, une revendeuse de maïs grillé qui a préféré garder l’anonymat se plaint. ‘’ Il m’arrive de ne même pas obtenir le prix d’achat’’, affirme-t-elle.


Pour M. Moumouni Bizo de la commune rurale de Matankari (Dogondoutchi), la vente du maïs est un véritable business. ‘’ J’exerce ce petit commerce il y a de cela 13 ans. Par jour, je peux vendre jusqu’à deux à trois sacs’’. A côté de Moumouni se trouve son petit frère en la personne de Issia. Son travail est de vendre sur une charrette du maïs un peu partout dans la ville de Niamey. ‘’ Ma recette journalière varie en fonction de la demande. Il m’arrive d’ avoir 4000F, voire 5000 F. La vente du maïs, nous procure des sous permettant de subvenir à nos besoins’’. Quant à Ibrahim Souley, vendeur grossiste, il précise que le prix du sac de maïs frais en début de  campagne varie de  30.000 à 35.000 F. Mais en ce moment, le prix du sac est en baisse, soit 25.000 F parce que la récolte tire à sa fin. Il faut la seconde campagne, c’est-à-dire la période du froid pour que les vendeurs  renouent avec cette activité commerciale.

Hassane Daouda(onep)

11 septembre 2015
Source : http://lesahel.org/