jeudi, 04 février 2016 04:05

5ème édition de la foire des produits maraichers de Niamey : Une diversité de produits maraîchers à des prix abordables

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Foire Maraicher NiameyTout comme les années précédentes à la même période, les producteurs de Timia et de Tabelotte dans la région d’Agadez ont répondu présents cette année à la foire des produits maraîchers de la place Toumo. Une multitude de produits maraîchers sont en vente à cette foire qui se tient annuellement. Ouverte le 5 janvier 2016 pour une durée d’un mois, la foire de la place Toumo continue d’attirer les populations de Niamey en raison de la qualité des produits exposés et surtout des prix qui sont raisonnables. Ils sont nombreux, les producteurs de Tanjalon, d’orange, de Pamplemousse, de l’ail, d’oignon, de la Pomme de terre, de grenadine, d’épices divers et de feuilles de plantes médicinales à occuper les différents stands et hangars confectionnés sur les lieux de cette foire.

Zone à forte vocation pastorale, la région d’Agadez est aussi favorable aux cultures maraîchères. Les produits maraîchers issus de cette région sont chaque année acheminés vers la capitale, Niamey pour la vente en raison de l’importante quantité produite. C’est d’ailleurs ce qui justifie la présence des producteurs de Timia et de Tabelotte à l’occasion de la Foire dans le but de valoriser leurs produits. Djibrilla Addo est un producteur qui vient de Timia. Assis sous son hangar devant son stand garni de produits maraîchers divers. Tanjalon, orange, pamplemousse, Pomme de terre, grenadine sont entre autres produits exposés par Djibrilla Addo. Il montre à ces clients, certains de ses produits phares en l’occurrence une variété de pamplemousse venue de l’Allemagne et des grenadines provenant de la Mecque. ‘’C’est un habitant de Timia qui avait effectué le pèlerinage qui l’a amené’’, précise-t-il.

Ces deux variétés produisent leurs fruits à partir de 3 ans si elles sont dans des bonnes conditions. «L’entretien de ces arbres fruitiers a un coût car, il faut employer une (1) à (3) trois personnes pour l’arrosage. L’approvisionnement en eau se fait à partir des puits cimentés de 20 m et des motos pompes pour faciliter le travail», a-t-il expliqué. D’après Djibrilla Addo qui exploite un terrain de 3 ha, la consommation d’es-sence par trimestre est de 300 litres. Cependant avec les foires, on peut espérer faire de bonnes recettes. Selon lui, les producteurs de Timia au nombre de 100 personnes, ont écoulé 3000 cartons de divers produits maraîchers à cette foire. Présentement, c’est un nouvel arrivage de 70 cartons d’orange ; de Tanjalon et de pamplemousse qui est sur le marché.

Les prix de ces produits de saison sont abordables. En effet, le kilogramme de Tanjalon coûte 1000F, de même que celui de pamplemousse et d’orange issue du greffage. Quant au kilogramme de la pomme de terre, il coûte 500 F comme sur les autres marchés de la capitale même si les consommateurs apprécient la qualité des produits provenant des sites maraîchers de la région d’Agadez. Un carton de pamplemousse ; ou encore d’orange coûte respectivement 17.000 F et 30.000F. S’agissant de la grenadine, elle se vend à 2000 F le kilogramme. Mais, le souci pour les producteurs et vendeurs de ces produits, c’est qu’ils sont périssables. Ce qui engendre des pertes énormes au niveau du transport. C’est pourquoi, les producteurs souhaitent vendre rapidement pour minimiser les pertes. Selon les explications de Djibrilla Addo, la grenadine et le raisin sont produits deux fois par an, alors que le Tanjalon et le pamplemousse sont récoltés une seule fois dans l’année. ‘’Notre souhait le plus cher est d’avoir 2 ou 3 espaces de vente à

Niamey parce que la place Toumo est exigüe pour contenir les vendeurs. Ces espaces de vente permettent d’éviter l’encombrement dans lequel nous sommes actuellement. Il faut que le gouvernement songe à faire en sorte qu’il ait deux à trois foires par an pour une meilleure valorisation des produits maraichers’’, a suggeré M. Djibrilla Addo.

Pour M. Algouba Younouss, producteur de Tanjalon, d’orange et de pamplemousse à Timia, la foire de Niamey est un véritable espace de vente. Le seul problème qu’il faut déplorer, souligne M. Algouba Younouss, c’est le coût exorbitant du transport dans l’acheminement des produits maraîchers de Timia à Niamey. A titre illustratif, un seul carton est transporté à 3.250F. Quant à M. Mohamed Alhassane, producteur de Tabelotte, il espère un prolongement de 10 jours après le 5 février 2016, date à laquelle la foire est censée terminer. Une fois accordé, ce prolongement permettra à Mohame Alhassane de vendre tous ses produits qui sont entre autres l’oignon, l’ail, la pomme de terre et des feuilles de plante contre les hémorroïdes.

Hassane Daouda(onep)

 

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Mohamed Allassan exposant : Entre satisfaction et espoir

Foire Maraicher Niamey 01«Nous sommes venus à cette foire qui bientôt prendra fin. Cette année, les clients viennent timidement mais dans l’ensemble en termes d’écoulement de nos produits ça va ». C’est en ces termes que Mohamed Allassan livre ces impressions sur cette rencontre entre les producteurs du nord et les clients de la capitale. Mohamed d’ajouter que pour développer le secteur agricole, il faudrait que les partenaires, notamment l’Etat et les ONG s’impliquent davantage en appuyant les maraîchers car c’est un secteur, moteur de lutte contre l’insécurité alimentaire. C’est aussi une voie permettant au Niger de concurrencer avec d’autres pays dans ce domaine. Il a estimé qu’avec la croissance de la population, il est aussi urgent de soutenir l’agro-alimentaire pour que cette croissance humaine aille de paire avec la croissance alimentaire.

«Cette année, c’est près de 150 Tonnes de pomme de terre que les producteurs ont pu mobiliser et aujourd’hui, il ne reste que près de 30 Tonnes à écouler », a-t-il confié.   Parlant de l’objectif de cette rencontre, Mohamed Allassan a estimé que cette foire vise à encourager le maraîchage dans notre pays mais aussi à encourager la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes. «C’est un travail qui se transmet de génération en génération, rentable pour celui qui l’exerce car grâce à ce métier j’arrive à prendre ma famille en charge mais aussi à réaliser beaucoup d’actions», a-t-il expliqué, avant de préciser que grâce à ce travail, il a pu construire sa propre maison et acquis une voiture sans compter l’assistance à ses proches.

Selon Mohamed Allassan, le travail de la terre est un moteur de croissance pour un pays. A la différence des pays développés qui subventionnent ce secteur et appuient les agriculteurs, nos pays sont très loin pour atteindre un tel objectif celui notamment de prioriser ce secteur permettant ainsi de faire la concurrence entre Etat.

 

Par ailleurs, il a cité entre autres difficultés que rencontrent les producteurs, le manque de la clientèle liée peut être à l’insuffisance d’information ou de communication, les difficultés liées au transport car les marchandises sont venues de plus de 1000 Km de Niamey. Il s’est cependant réjoui de ce boulot grâce auquel, il dit avoir réalisé beaucoup de ses rêves.

Mamane Abdoulaye et Samira Seïdou (Stagiaire)

 

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Mohamed Idrissa exposant : De la pétrochimie au maraîchage

A l’instar de ses collègues de la région d’Agadez, Mohamed Idrissa est l’un des dizaines de maraîchers venus exposer leurs produits à cette 5ème édition de la foire des maraîchers de la région d’Agadez. Ce jeune maraîcher d’une vingtaine d’années, a ceci de particulier qu’il a aussi effectué des études supérieures. Titulaire d’une licence en pétrochimie et actuellement en master II à l’Institut nigérien d’informatique et de maintenance économique (INIME), Mohamed Idrissa, ne minimise pas pour autant le travail de la terre. C’est un secteur dans lequel, on peut réussir et réaliser tous ses rêves dit-il.

 

Visiblement plein d’espoir, le jeune Mohamed Idrissa, a commencé la vente des produits maraîchers depuis l’obtention de son BAC en 2010. «Ce n’est pas la première fois que je participe à la foire, je suis habitué aux foires, j’ai participé à toutes les foires maraîchères qui ont été organisées à Niamey», confie-t-il, tout en reconnaissant que cette année, les clients viennent lentement. Malgré cela, tout le stock des exposants est presque terminé. Pour lui, cette foire vise à alimenter la ville de Niamey en produits maraîchers tels que les agrumes (oranges et pamplemousses) venant de Tabelote, réputés pour leur qualité. Pour Mohamed Idrissa, l’organisation de ces foires est une bonne chose car c’est une occasion pour les producteurs de rivaliser mais aussi un cadre d’échange entre eux et pour inciter les consommateurs à consommer davantage nos produits locaux.

 

Cette foire, a-t-il ajouté, est aussi une manière d’inciter les jeunes à s’intéresser au maraîchage. D’après

Mohamed Idrissa, les exposants s’en sortent bien malgré les contingences notamment le coût de transport, la concurrence sur le marché. Il a invité les partenaires comme l’Etat ou les ONG à appuyer ce secteur surtout dans la transformation des fruits en jus. Cela permettra aussi la création d’emplois et de lutter contre le chômage des jeunes. «Mon souhait, c’est aussi de voir les jeunes s’engager dans cette activité. Malgré nos moyens limités nous nous organisons chaque année pour acheminer nos produits à Niamey. C’est aussi une sorte de volontariat agricole que nous nous efforcions de faire», a-t-il confié. Il a exprimé toute sa gratitude aux organisateurs de cette foire pour les facilitations offertes à l’endroit des exposants.

Pour ce qui est des prix, il a estimé qu’ils sont abordables. « Dieu merci, la plupart des exposants ont pu écouler l’essentiel de leurs produits. Chacun de nous a pu écouler au moins une cinquantaine de carton de fruits, d’autres ont pu écouler deux à cinq tonnes de pomme de terre voire plus, d’autres encore sont déjà rentrés, c’est vraiment formidable, nous sommes fiers et Incha’Allah l’année prochaine nous répondrons présents» s’est-il exclamé.

Mamane Abdoulaye et Samira Seïdou(Stagiaire)

04 février 2016

Source : http://lesahel.org/

Groupe Hiza 01

Dernière modification le jeudi, 04 février 2016 05:07