lundi, 06 juin 2016 21:15

Lancement de la campagne agro-pastorale 2016-2017 : Des mesures et dispositions importantes prises pour accompagner les producteurs

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Albade AgroLe village de Mokko, chef de la commune rurale du même nom a servi de cadre hier lundi, pour le lancement de la campagne agricole et pastorale 2016-2017. C’est le ministre d’Etat, ministre de l’agriculture et de l’élevage M. Abouba Albadé qui a procédé à son lancement solennel au cours d’une sobre cérémonie qui a regroupé autour du ministre d’Etat, le ministre délégué à l’élevage M. Mohamed Boucha, le gouverneur de la région de Dosso, le président du conseil régional, le préfet, le maire et le représentant du sultan de Dosso.

Le lancement de la campagne s’est fort heureusement et opportunément déroulé à un moment où la saison des pluies est en train de s’installer progressivement au grand bonheur des producteurs d’une part et des autorités d’autre part à la faveur des pluies tombées.

Dans la région de Dosso en général et la commune rurale de Mokko, plus de la moitié des villages ont déjà effectué les premiers semis, ce qui présage une issue heureuse, une bonne nouvelle que le maire de la commune a partagé avec ses illustres hôtes en ce premier jour du jeûne du mois de Ramadan. Il a dans son allocution de bienvenue exprimé les remerciements et la gratitude des 52.132 habitants de cette entité communale de 1075 km2 aux plus hautes autorités pour les multiples appuis apportés à cette commune. Parlant de la campagne objet de lancement, dans la commune rurale qui est essentiellement à vocation agro-pastorale, l’espoir est de mise car les semis sont effectifs à plus de 60%.

 

Le gouverneur Abdoulaye Issa a confirmé, chiffre à l’appui, le caractère agro-pastoral de Mokko qui dispose d’importantes zones agricoles et de cheptel et de deux marchés à bétail. Evoquant la situation de la campagne au niveau régional, le gouverneur a indiqué que Dosso a connu un début précoce de pluies utiles dont les premières sont enregistrées depuis le 13 mars. A ce jour, 1019 villages agricoles sur 1747 ont déjà effectué les semis a-t-il affirmé avant de s’appesantir sur les appuis apportés par l’Etat pour accompagner les producteurs en termes de semences améliorées mises à leur disposition. A cela s’ajoutent la mise sur le marché de 2500T de vivres pour la vente à prix modérés, l’opération «bouture de manioc» pour équilibrer la situation alimentaire. Tout cela est accompagné de mesures prises pour lutter contre les ennemis de cultures à travers la mise à disposition de la région des produits phytosanitaires.

 

Dans le secteur de l’élevage le gouverneur a souligné que sa région a bénéficié de plusieurs   appuis notamment les vaccinations contre les épizooties du cheptel estimé à plus de 3,7millions de têtes, l’approvisionnement en aliments pour bétail. M. Abdoulaye Issa a néanmoins déploré la persistance de conflit entre les agriculteurs et les éleveurs qui se soldent hélas par des victimes humaines. Le ministre d’Etat, ministre de l’agriculture et de l’élevage a transmis les salutations du Président de la République et du Premier ministre aux populations et autorités de la région de Dosso et exprimé ses remerciements aux populations de Mokko pour sa mobilisation qui témoigne de leur adhésion à l’initiative 3 N du Président de la République dont l’objectif est l’éradication de la faim d’ici 2020. Abouba Albadé a rappelé les différents actions et activités menées depuis cinq ans et les avancées réalisées en matière de sécurité alimentaire.

 

A ce sujet, le ministre d’Etat a indiqué que le Niger a organisé en 2012 la première édition du comité de haut niveau sur la sécurité alimentaire de l’UEMOA, réalisé avec trois ans d’avance en 2012 la cible de l’OMD de réduire au moins de moitié en 2015 la proportion des personnes souffrantes de sous-alimentation. Ce qui lui a permis de recevoir un témoignage officiel de satisfaction de la FAO en 2013. Le ministre d’Etat a souligné le caractère mitigé des résultats de la campagne agropastorale passée et le déficit fourrager net enregistré. L’Etat a pris des mesures tant pour les populations des zones où le déficit a été déclaré que pour résorber le déficit fourrager grâce à la vente de vivres à prix modérés et celle d’aliments pour bétail sur l’ensemble du territoire. Pour cette campagne qui s’annonce, des dispositions ont été déjà prises pour accompagner les paysans. Près de 4000 t de semences sont acheminés dans les communes, 16000T d’engrais sont disponibles et 61000T sont attendues.

 

En ce qui concerne la protection des végétaux, le ministre Abouba a indiqué que la CAIMA dispose de plus de 645500 sachets de fongicides, 120000 litres de pesticides assez pour couvrir 155000ha, 125000l au centre national de lutte anti acridienne et plus de 600 tracteurs à la CAIMA. A cela s’ajoute la formation de 20 inspecteurs phytosanitaires et 78 inspecteurs semenciers pour assurer les contrôles. Pour l’élevage, c’est 13000T d’aliments bétail qui sont acquis par l’Etat et 78 broyeurs à même de traiter 14300T de fourrage. Il a noté le développement de la culture fourragère à travers l’emblavement de 1000 ha de Bourgou et 1500 ha de doliques pour une production qui avoisinerait 87000T de fourrage.

Sans être exhaustif, le ministre a fait remarquer que ces investissements prouvent toute la détermination du gouvernement à traduire en actes concrets la volonté du Président de la République de relancer durablement la production céréalière et animale au Niger. M Abouba Albadé a dit avoir engagé tous les cadres de son département ministériel à s’investir pleinement pour apporter aux producteurs les appui/conseils nécessaires en vue d’une meilleure productivité. Mais tout cela se fera dans la perspective de mettre l’agriculture nigérienne en phase avec l’évolution des temps modernes a dit le ministre précisant que l’agriculture nigérienne étant tributaire des dérèglements climatiques ne saurait rester en marge du progrès si, un temps soit, on veut réaliser la souveraineté alimentaire au Niger et relever le défi de la «Faim Zéro en 2020».

 

Le ministre Abouba Albadé pense à un système agricole robuste mais a prévenu que son avènement exige que «nous résolvions les écueils découlant du changement climatique». En route pour Mokko, le ministre et sa délégation ont marqué un arrêt au magasin de la CAIMA/antenne de Dosso. Là, M. Abouba Albadé a été suffisamment édifié sur la disponibilité des intrants agricoles devant couvrir l’essentiel des besoins des producteurs de la région.

Zabeirou Moussa(onep)

07 juin 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le mardi, 07 juin 2016 05:22