jeudi, 22 septembre 2016 04:12

Atelier de réflexion sur la transhumance transfrontalière Niger- Nigeria : Experts et acteurs réfléchissent sur les possibilités de renforcer les initiatives

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transhumance transfrontaliere Niger NigeriaLa Confédération des Organisations d’Elevage Traditionnel (CORET-Niger) a organisé mardi dernier à Niamey, un atelier de réflexion sur la transhumance transfrontalière Niger- Nigeria. Financées par le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme (PRAPS), ces assises permettront de renforcer les initiatives en cours et faciliteront la mise en œuvre des grandes orientations du gouvernement en matière de pastoralisme. Les participants ont épluché principalement deux thématiques : la santé animale et la gestion des ressources partagées transfrontalières. L’atelier a regroupé environ une centaine de représentants des organisations d'éleveurs, ceux des services techniques, des institutions d'intégration sous-régionales, des cadres du Ministère chargé de l’élevage, des représentants des partenaires techniques et financiers ainsi que ceux des centres de recherche.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre Délégué à l’Elevage M. Mohamed Boucha en présence du président de la Confédération des Organisations d’Elevage Traditionnel (CORET-Niger). Au cours de cette rencontre de Niamey, spécifiquement les participants vont développer des programmes de recherche-action articulés autour des thématiques prioritaires, en lien avec la transformation des systèmes d'élevage et les mutations de leur environnement naturel, économique et sociopolitique. En ouvrant les travaux, le Ministre délégué à l’Elevage M. Mohamed Boucha a souligné l’opportunité de ces assises, qui selon lui sont d’une importance capitale et cadrent parfaitement avec les politiques et les stratégies en matière d’élevage notamment la stratégie de développement durable adopté par le Gouvernement en 2013.

Rappelant que l’élevage constitue après les industries extractives le second levier de l’économie nationale, Mohamed Boucha a précisé que le cheptel est estimé à plus de quarante(40) millions de têtes toutes espèces confondues, soit plus de 16 millions d’unités de Bétail Tropical en 2015, pour une valeur de près de 3500 milliards de FCFA. En outre, a-t-il ajouté, l’élevage emploie plus de 87% de la population du Niger et 20% vivent exclusivement des activités pastorales. Il est donc essentiel pour la sécurité alimentaire. C’est pourquoi, d’après le Ministre délégué, le Gouvernement de la 7ème République conformément au Programme de renaissance acte II est en train de mettre en œuvre l’initiative 3N pour une promotion du pastoralisme.

Les conclusions issues de ces assises renforceront les initiatives en cours et faciliteront la mise en œuvre des grandes orientations du Gouvernement en matière de pastoralisme. Mohamed Boucha a félicité et remercié l’ensemble des partenaires notamment la Banque Mondiale pour leur accompagnement financier dans le cadre des activités relevant du secteur. Pour Mohamed Boucha, il s’agit de mettre l’accent sur « l’accroissement et la diversification des productions agro–sylvo pastorales et halieutiques » et « l’approvisionnement régulier des marchés ruraux et urbains en produits agro–sylvo pastoraux». Aussi, il est attendu du sous secteur élevage une augmentation de la production de viande de 45% et de 40% pour le lait et les œufs d’ici 2021.

Quant à M. Hamid Algabit, Président de la Confédération des Organisations d’Elevage Traditionnel (CORET-Niger), il a souligné la nécessité d’accroître le commerce intra-régional du bétail et des produits liés à l’élevage dans nos pays. Le président de la CORET- Niger a cependant marqué son inquiétude sur la faible connaissance des systèmes pastoraux, dont entre autres prévenir et atténuer les tensions liées à l’utilisation des ressources pastorales, prévenir et atténuer les crises pastorales et prévenir et contenir les risques liés à la santé animale. Il a notamment parlé du fonctionnement normal de l’élevage traditionnel qui ne connait pas de frontière.

« Il est donc nécessaire de convenir des mesures à prendre pour que dans tous les cas de figure, les concernés puissent jouir du droit d’accès aux moyens de subsistance de part et d’autres des frontières en toute sécurité. L’on observe de nos jours que les pays avec lesquels nous partageons les mêmes frontières sont affectés par l’émergence de mouvements violents, qui se fondent sur une remise en cause de l’Etat et de l’ordre établi. L’intolérance s’est installée dans les esprits et le sentiment d’insécurité se propage partout » a déclaré le Président de CORET. M. Hamid Algabit a appelé les éleveurs à tisser des liens de confiance avec les éleveurs traditionnels, qui de nos jours font face à de nouvelles situations caractérisées par le banditisme et l’extrémisme violents.

Pour rappel, la Confédération des Organisations d’Elevage Traditionnel d’Afrique (CORET) est une organisation panafricaine des éleveurs traditionnels présente dans 14 pays d’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est. A sa création, elle est dirigée au plan africain par l’actuel président du Nigeria, le Général Muhammadu Buhari.

Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

22 septembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le jeudi, 22 septembre 2016 04:58