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mardi, 15 novembre 2016 06:55

Maradi/12ème édition de la rencontre annuelle des éleveurs ‘’ Eggo’’ : Vision prospective pour un développement harmonieux du pastoralisme au Niger

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Placée sous le thème « Pastoralisme et mutations, défis, enjeux et perspectives : quelles lecture en font les acteurs », la 12ème édition de la rencontre annuelle des éleveurs ‘’Eggo’’ s’est tenue du 12 au 13 novembre 2016 à Eggo, dans le département de Bermo, sous la présidence du ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’élevage, chargé de l’élevage, M. Mohamed Boucha. Cette rencontre a été rehaussée par la présence du Secrétaire Général du Gouvernement, Dr Gandou Zakara, des éleveurs venus de tous les coins de notre pays et d’une forte délégation du Nigéria voisin.

Ce rassemblement d’éleveurs constitue une occasion de promouvoir le renforcement du dialogue entre les leaders pastoraux, les pasteurs et agro-pasteurs, les autorités administratives et politiques, la chefferie traditionnelle, les responsables des projets et programmes intervenant en milieu pastoral.

Deux jours durant, des milliers d’éleveurs ont profité de ce brassage culturel, en rivalisant en   chants et danses. Eggo a aussi servi de cadre de grands débats sur le pastoralisme, des séances foraines d’établissement de pièces d’Etat civil, de vaccination des enfants et de course de chevaux et de chameaux.

Dans son discours d’ouverture, le ministre délégué, M. Mohamed Boucha, a indiqué que les rassemblements d’éleveurs, à en juger par la forte mobilisation des pasteurs et agropasteurs dans leur diversité ethnique et culturelle, sont des symboles fédérateurs et constituent de valeurs cardinales qui forment le socle de la nation nigérienne. Il a expliqué que, s’il a tenu à prendre part au rassemblement de Eggo pour s’adresser aux éleveurs et échanger avec eux, c’est parce qu’il est intimement persuadé que, au-delà des avis et recommandations qu’ils formulent, cette fête constitue un cadre privilégié d’échange, d’interpellation et de prospective au service de la réflexion, avec pour seul objectif, le développement harmonieux de notre élevage.

Comme l’a fait constater le ministre Mohamed Boucha, année après année, les différentes problématiques traitées ont fait l’objet d’importants débats et se sont révélées essentielles pour le Niger où l’élevage, à l’horizon 2035, contribuera significativement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et améliorera les conditions socio-économiques des populations à travers une gestion durable de l’environnement.

M. Mohamed Boucha a reconnu que l’élevage pastoral est tributaire des aléas climatiques qui entrainent une paupérisation des populations, une misère dans les foyers et une décapitalisation du foyer, malgré une contribution importante à la croissance économique. «C’est pour cette raison que le gouvernement de la 7ème République, conformément au Programme de la Renaissance du Niger, est en train de mettre en œuvre l’Initiative 3N, et une Stratégie de sécurité Alimentaire et Nutritionnelle et de Développement Agricole Durable afin d’insuffler une dynamique nouvelle à ce secteur », a-t-il dit.

Le ministre délégué a affirmé que d’importants investissements ont été réalisés dans les zones pastorales afin de mieux répondre aux besoins des générations actuelles et futures, tout en réaffirmant la détermination du gouvernement à renforcer d’une part les capacités de résilience des pasteurs et agropasteurs en leur permettant de jouir de leur activité dans un climat de paix, de sécurité et de stabilité et d’autre part de faire de l’élevage, un secteur porteur de croissance et de richesses dans notre pays.

Le secrétaire général du Gouvernorat de Maradi, M. Harouna Assakaley, pour sa part, a prévenu que la campagne hivernale 2016-2017 a été déficitaire d’environ 1.494.719 tonnes de matières sèches et cette situation doit nous interpeller quant aux risques qui pèsent sur le disponible fourrager. Il a cité entre autres, les feux de brousse qui ont occasionné déjà la perte d’une superficie considérable et la convergence de beaucoup de troupeaux dans les zones pastorales de Maradi. M.

Harouna Assakaley a ajouté que cette année, la région de Maradi a bénéficié du soutien de l’Etat à travers la mise à disposition d’environ 1110 tonnes d’aliments pour bétail, vendus à prix modérés ; la vaccination du cheptel qui a concerné 3.041.320 têtes d’animaux et la construction de deux (2) magasins de stockage des intrants zootechniques et vétérinaires. Il a fait cas de la contribution des partenaires qui œuvrent inlassablement aux côtés de l’Etat pour l’atteinte de ces objectifs en matière de développement économique et social.

Quant au Secrétaire exécutif de l’Association pour la Redynamisation de l’Elevage au Niger, M. Boureima Dodo, il a constaté que le pastoralisme connait aujourd’hui une reconnaissance politique à travers des processus sous régionaux. Pour lui, ces initiatives visent de faire du pastoralisme, un secteur attractif et durable. Il encourage nos décideurs pour des mesures plus osées par une discrimination plus positive en faveur du pastoralisme, seul gage de justice pour réparer la longue hibernation politique de ce secteur qui a entrainé une marginalisation socio-économique et politique des populations qui le portent, car les défis sont énormes.

Entre autres, il a cité le taux d’analphabétisme qui est le plus élevé dans leur communauté, les services sociaux de base très peu adaptés pour les populations mobiles et un foncier pastoral très peu reconnu et sécurisé et exposé aux accaparements sous toutes ses formes. M. Boureima Dodo a ajouté que malgré l’engagement politique au plus haut niveau, le pastoralisme est confronté à de multiples obstacles qui entravent dangereusement son existence en tant que mode de production séculaire de nos pays et sources de vie et de revenus incontestable d’une grande majorité des citoyens, mais aussi de l’Etat.

A son tour, le préfet de Bermo a reconnu qu’Eggo est une opportunité qui s’offre aux autorités administratives et coutumières, aux responsables des projets et ONG pour sensibiliser les populations nomades sur des thèmes variés. Il a remercié tous ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre pour la réussite des festivités d’Eggo édition 2016. Il a rendu un hommage mérité à nos frères et amis venus des pays voisins et du Nigéria.

Tiémogo Amadou, ANP-ONEP/Maradi

 

15 novembre 2016
Source : http://lesahel.org/

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