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Campagne agricole : Les vœux d’un agropasteur

À quelques encablures de la commune rurale de Sansané Haoua, à environ 80 kilomètres à l’ouest de Niamey, Moussa Djionga, la soixantaine, laboure son champ. Il était juste 7h30 du matin, et déjà, cet agropasteur était au soin pour les jeunes pousses de mil, au stade de la levée à la date du 31 juin dernier. «Ca a bien poussé, mais notre seule inquiétude, c’est la régularité des pluies », dit-il.

Comme dans toutes les familles d’agropasteurs, la division du travail est encore de mise chez Moussa Djionga. Bien qu’étant père de deux garçons, le vieux Moussa travaille seul dans son champ. « L’un de mes enfants est vers le nord avec le troupeau, tandis que le second prépare son mariage. Il réside à Niamey », nous confie-t-il. L’agriculture et l’élevage demeure encore, les seules activités de Moussa. «Certains s’adonnent à la pratique des cultures de contre saison. Mais moi, c’est l’agriculture et l’élevage. L’année passée j’ai récolté 80 bottes», se réjouit-il. Ce qui répond largement aux besoins alimentaires de sa famille. «Je n’ai jamais acheté de céréales, en dehors du riz », précise-t-il.

Pourtant, Moussa Djionga emploie encore les méthodes culturales rudimentaires. Une houe et une hilaire constituent le principal équipement de ce paysan. En a-t-il d’ailleurs le choix ? « Il y a un tracteur à la mairie, mais il faut mettre beaucoup d’argent pour faire déplacer l’engin. Ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de le faire. Nous sommes de petits paysans», dit-il et d’ajouter « des fois, j’utilise une charrue à traction animale lorsque mes animaux sont là ».

Mais ces dernières années, d’autres facteurs viennent contrarier les certitudes du vieil agriculteur. « Les terres ne donnent pas comme avant, les pluies ne tombent pas comme avant », reconnaît Moussa Djiongo. Les effets du changement climatique affectent ainsi les activités de ces agropasteurs. La seule méthode d’adaptation pour ces derniers consiste en une méthode traditionnelle, celle qui consiste à faire venir les animaux dans les champs pour que leurs excréments enrichissent les sols.

Par contre même si cette méthode peut se révéler efficace pour l’enrichissement des terres de cultures, Moussa Djingo est conscient que les méthodes modernes sont incontournables. «Si on a des engrais et des semences améliorées, ça pourrait nous aider dans nos activités », reconnaît-il. Pourtant chaque année, l’Etat met à la disposition des populations d’importantes quantités d’engrais et de semences améliorées. Seulement beaucoup de petits producteurs n’arrivent pas à y accéder. Et ils sont très nombreux dans différentes autres régions du pays. C’est pourquoi Moussa Djiongo formule ce vœu. « Tout ce que nous pouvons attendre des autorités, c’est de nous aider en engrais, en semences et en vivres. Si nous avons ça, nous serons capables de produire de quoi nous nourrir et nous prendre en charge », dit-il.

l Siradji Sanda,

25 juillet 2017
Source : http://lesahel.org/

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