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Conférence-débat au 3ème salon de l’Agriculture, de l’Hydraulique, de l’Environnement et de l’Elevage : Les financements innovants dans le secteur rural au menu des débats

Conference debat Sahel Niger 2017En marge des activités de la 3ème édition du Salon de l’Agriculture, de l’Hydraulique, de l’Environnement et de l’Elevage (SAHEL-Niger) qui se déroulent au Palais du 29 juillet de Niamey, une conférence débat a été organisée, mercredi dernier, par le Haut-Commissariat à l’Initiative 3N, une structure stratégique chargée de la conception, de la formulation et de l’harmonisation de toutes les interventions en matière du développement rural. Cette conférence animée par le Secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Initiative 3N, M. Mahaman Sani Abdou, a porté sur le thème «financements innovants dans le secteur rural ». L’ouverture de la conférence débat s’est déroulée en présence du premier Vice-président du Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC), du Haut-commissaire à l’Initiative 3N, Dr. Ouendeba Botorou et du Secrétaire général adjoint du ministère de l’Agriculture et de l’Elevage.

Dans une salle de conférence du palais du 29 juillet pleine à craquer, le conférencier a tout d’abord défini les concepts pour ne laisser aucune place à l’ambigüité et à l’incompréhension. C’est ainsi qu’à travers une projection en power point, M. Mahaman Sani Abdou décline à son public, les grandes articulations de son exposé. Ce dernier tourne autour de quatre points majeurs à savoir la problématique de financement du secteur agricole; les expériences de financements existants ; les initiatives prometteuses et quelques réponses à la problématique de financement du secteur agricole. Il a ensuite défini les concepts clés de sa thématique. Il s’agit du financement qui consiste à mettre à la disposition des ressources financières ; le mécanisme de financement qui veut dire instruments utilisés pour assurer le financement ; le système de financement qui signifie le type et la provenance du financement ; les modalités de financement (conditions de financement) et la subvention qui fait allusion au don ou appui accordé avec ou sans conditionnalité et le crédit (emprunt).

Abordant la problématique de financement du secteur agricole, le conférencier Mahaman Sani Abdou a relevé que depuis l’accession du Niger à l’indépendance en 1960, plusieurs stratégies et politiques ont été mises en place pour prendre en charge le développement économique et social. Dans les années 60 et 70, l’économie du Niger est dominée par le secteur agricole et rural qui contribue pour 60% au Produit Intérieur Brut (PIB). Le financement agricole et rural découle des cultures de rente (coton et arachide), et produits d’élevage (bétail/ viande, cuirs et peaux) et bénéficie d’une forte subvention de l’Etat. A partir de 1982, l’économie du Niger est mise sous ajustement et le pays s’engage dans une politique d’ajustement structurel qui a entrainé la chute de la plupart des indicateurs comme par exemple l’investissement et les exportations. Et du coup des difficultés sérieuses ont apparu dans l’économie nationale et entrainent le désengagement de l’Etat des secteurs productifs.

Par rapport aux expériences de financements existants, le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Initiative 3N a expliqué que le système de financement agricole dépend de la nature de l’organisation à financer et le contexte dans lequel elle se développe. Au Niger, les mécanismes de financement connus sont multiples et variés. Ces mécanismes sont mis en œuvre par des systèmes informels de tontine (qui a, de nos jours, pris un essor important avec l’initiative de MATA MASU DUBARA initié par CARE International au Niger) ; le système mutualiste classique privilégiant l’épargne préalable au crédit (réseaux d’épargne et de crédit) ; le crédit warranté et le financement bancaire. En ce qui concerne l’avant dernier axe de l’exposé portant sur les initiatives prometteuses, le conférencier a relevé que la durabilité et la pérennité sont des impératifs et des critères de succès de tout financement. M. Mahaman Sani Abdou souligne aussi que le Fonds d’investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (FISAN) à travers ses trois facilités constitue l’un des mécanismes innovants pour le financement secteur agricole.

Pour ce qui est du dernier aspect de l’exposé en l’occurrence les réponses à la problématique de financement du secteur agricole, le conférencier précise que la question du financement du secteur agricole trouvera assurément sa réponse dans les dernières dispositions prises et qui sont relatives à l’inscription du financement agricole via le secteur financier dans plusieurs stratégies nationales, notamment la Stratégie Nationale de Finance Inclusive (SNFI) 2014 -2018 ; le développement du FISAN à travers ses trois facilités et l’ouverture vers des financements relatifs au partenariat public-privé. Après cette communication, des contributions ont été apportées par certains participants, d’autres ont posé des questions pour des éclairages et des précisions et un débat enrichissant s’est instauré entre le conférencier et l’assistance.

Hassane Daouda(onep)

06 mars 2017
Source : http://lesahel.org/

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