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Agriculture : Soutien inestimable pour accroitre la production et la productivité agricoles

Niger-Kassan-Manoma.jpgC’est connaissant l’importance que les populations nigériennes accordent au domaine de l’agriculture que le Gouvernement continue à injecter des ressources considérables dans ce secteur afin de  répondre aux attentes des uns et des autres, et d’en faire un réel moteur de développement. Les efforts déployés sont entre autres la mise à la disposition  des producteurs des intrants des qualités, notamment engrais, pesticides, fongicide, etc.

Chaque année, le Gouvernement apporte son soutien aux populations en vue de mieux préparer la campagne agricole. A cet effet, l’Etat a mis en place d’importantes quantités d’intrants agricoles. Il s’agit notamment de 4.960 tonnes de semences sélectionnées mobilisées au profit des populations des zones déficitaires de la campagne précédente; 18.388 tonnes d’engrais entreposées dans  plusieurs points de vente ou centrales communales d’approvisionnement en engrais;  74.415  litres de pesticides; 14.627 sachets de ffongicide; 513 tracteurs et  8.404 motopompes.

Parlant du volet appui aux producteurs,  394 Champs écoles paysans ont été réalisés  avec 11.982  apprenants dont 5.992 hommes et 6.118 femmes; 1.094 Parcelles de démonstration ; 347.500 fagots de manioc ont été achetés et mis à la disposition de 18.422 ménages. Par ailleurs,  dans le cadre de mise en œuvre de l’Initiative 3N,  le Président de la République a décidé de promouvoir les cultures irriguées sur toute l’étendue du Niger, quelle que soit l’issue de la campagne. Ainsi, au titre du programme des cultures irriguées 2016/2017, le Gouvernement  ambitionne d’emblaver 156.000 hectares pour des productions brutes cumulées attendues de 3.272.000 tonnes de légumes divers, de céréales et légumineuses, ce qui correspondrait à 700.000 tonnes  en équivalent céréalier.

Pour atteindre cet objectif, les efforts d’aménagement et de mise en place de semences, intrants, réseaux d’irrigation et autres kits forages/motopompes, vont se poursuivre et s’intensifier sur l’ensemble des sites de cultures. En ce qui concerne spécifiquement les semences et pesticides, les quantités considérables sont mobilisées. Il s’agit précisément de 200 tonnes de pomme de terre ; 45 tonnes de riz Gambiaca ; 50 tonnes de maïs ;  3 tonnes de semences potagères, et 50.000 litres de pesticides.

L’Etat du Niger s’est engagé dans une dynamique qui consiste à éradiquer la faim dans notre pays à travers  l’objectif ‘’Faim zéro d’ici à 2021’’  du Programme de Renaissance 2. Ce programme vise entre autres à valoriser,  encourager, et  soutenir les initiatives privées tendant à moderniser notre agriculture, accroitre la production et la productivité. C’est ainsi que le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage  s’attèle résolument à faire la promotion des fermes modernes agro-pastorales et des périmètres d’exploitation agricoles.  Il s’agit également d’inciter les jeunes à s’investir dans ce secteur d’avenir tout en identifiant les appuis nécessaires afin de leur permettre d’être des opérateurs ruraux modernes.

Ajoutons aussi  les accompagnements du  Gouvernement,  sous diverses formes, aux promoteurs privés, notamment en encadrement technique de qualité; l’allègement de mesures fiscales afin de permettre des investissements privés importants dans l’agriculture et l’élevage ; la promotion du partenariat public-privé ; le soutien financier et en matériel dans la mesure du possible.

Par ailleurs, il est important de rappeler que les principales entraves au développement du secteur rural  sont, entre autres, l’insuffisance du financement et de la vulgarisation agricole pour un appui-conseils aux producteurs, car il ne peut y avoir progrès sans innovation ; l’insuffisance, en quantité et en qualité, des agents d’encadrement de base. En effet, pour assurer un encadrement des producteurs en appui-conseils techniques et organisationnels suivant la norme FAO, il faudra un (1) agent pour dix (10) villages, soit un besoin de 1.266 agents. Or, le disponible est de 300 agents, d’où un besoin de 966 agents.

Pour faire face à ces difficultés, il convient  d’allouer des financements additionnels aux programmes de vulgarisation agricoles ; de procéder au recrutement d’agents d’encadrement : un recours aux étudiants des centres de formation du secteur dans le cadre de leur service civique est une mesure transitoire en attendant la possibilité du recrutement ; de promouvoir la recherche agricole, notamment à travers les centres dédiés à cette fin et les grandes écoles de formation en les mettant en phase avec les préoccupations du Ministère ; de promouvoir également les initiatives privées en accordant des appuis ciblés au cas par cas.

Des mesures appropriées pour améliorer le cadre de vie des populations

La promotion des cultures irriguées est une des solutions alternatives pour endiguer l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Face à cette question, le Gouvernement est, depuis quelques années, à pied d’œuvre pour inciter les populations à s’y mettre pour accroitre la production et la productivité agricoles.  A ce effet, au titre du programme de cultures irriguées 2016-217, le Gouvernement ambitionne d’emblaver 155.215 ha pour une production attendue de 3.217.342 tonnes de légumes, de céréales et de légumineuses divers, ce qui correspond à 700.000 tonnes d’équivalent céréalier ou environ 630 milliards de francs CFA en termes de revenus monétaires susceptibles d’être générés. Pour atteindre cet objectif, les efforts d’aménagements hydro agricoles de confortation des ouvrages existants, de mise en place des réseaux d’irrigation, de kits forages/motopompes et d’intrants agricoles vont se poursuivre et s’intensifier sur l’ensemble des sites de cultures. L’Etat a mobilisé, sur fonds propres, 1000 tonnes de pomme de terre, 141 tonnes de riz Gambiaca,  15 tonnes de maïs,  13,5 tonnes de sorgho, 83 tonnes de blé, 29 tonnes de niébé, 7,79 tonnes de semences potagères et 50.000 litres de pesticides.

Notons également  que le FIDA et la FAO ont contribué significativement aux efforts de financement de la présente campagne par la mise à disposition de 100 tonnes de pomme de terre, 150 tonnes de maïs et 3.250 kg de semences potagères.

Pour résorber les insuffisances constatées dans l’écoulement des produits horticoles, il  faut dire que le Gouvernement attache une importance particulière au passage de l’agriculture de subsistance à une agriculture commerciale, et que l’enjeu d’une agriculture orientée vers le marché occupe une place centrale dans nos stratégies politiques.

Retenons aussi que le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, en collaboration avec l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), envisage de promouvoir une approche qui propose une gestion de l'horticulture axée sur le marché avec le concept ‘’produire en tenant compte des clients potentiels” ou “produire pour vendre” à la place du style conventionnel “ à la recherche de clients après la récolte” (ou “produire et vendre”). Cette approche favorise l’autonomisation des petits exploitants maraîchers. Il est aussi important de soutenir le privé pour la transformation des produits horticoles.

Evoluer de l’agriculture de subsistance vers une agriculture commerciale et plus rentable…

Sur un tout autre plan,  des préoccupations ont été relevées. Elles sont relatives, entre autres, à l’enclavement de certains villages,  l’évacuation sanitaires, l’écoulement des produits maraichers, le mauvais état des routes et des pistes existantes, la réduction des terres de cultures, des aires de pâturage et des réserves foncières, liées au développement des lotissements privés et autres occupations illégales; l’insuffisance de l’approvisionnement en eau potable et des conditions d’hygiène et d’assainissement; l’insuffisance d’aliments pour bétail et de céréales dans les Banques Aliments pour Bétail et les Banques Céréalières.

 A cela, s’ajoutent la mévente des productions agro-sylvo-pastoraux après les récoltes concernant l’oignon, le  niébé,  l’arachide, le sésame, le riz, etc ; l’insuffisance des points d’eau pastoraux dans toutes les régions en général et leur insuffisance le long des couloirs de transhumance et des aires de repos des animaux ; l’insuffisance du personnel d’encadrement de proximité pour le secteur rural. A titre d’exemple, le taux d’occupation des districts agricoles est de 36% avec un ratio de un (1) agent pour encadrer 141 villages agricoles ; l’insuffisance de la délimitation et matérialisation des couloirs de passage des animaux et aires pastorales, leur envahissement par des espèces non appétées comme le sida cordifolia et le cassia occidentalis. 

Outre  ces préoccupations, on note aussi l’avancée du front agricole vers les aires pastorales et les couloirs de passage des animaux, ainsi que le retard dans la libération des crédits délégués et leur mobilisation souvent difficile. Pour apporter des réponses adéquates à toutes ces préoccupations essentielles soulevées, le Gouvernement, de concert avec les Partenaires Techniques et Financiers,  entend mobiliser les ressources en vue d’évoluer de l’agriculture de subsistance vers une agriculture commerciale et plus rentable.

Laoualy Souleimane(onep) 

02 avril 2017
Source : http://lesahel.org/

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