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Situation pastorale Maradi : Des moments pénibles pour les éleveurs

Au moment où les yeux sont rivés sur la situation alimentaire préoccupante dans certaines zones du pays, la tendance générale est, malheureusement, à éluder une problématique intimement liée, notamment la situation pastorale. Au niveau de la région de Maradi, un Rapport sur la situation pastorale au 30 Mars 2017 fait cas d’une situation des pâturages déficitaires. Selon ce rapport, le disponible fourrager existant ne peut pas couvrir les besoins qualitatifs des animaux à cause de la dépréciation et de la diminution de ce disponible par le vent, le piétinement, l’ensoleillement et les feux de brousse. "La quantité du disponible fourrager ne peut pas couvrir les besoins des animaux dans un futur proche".

En effet, la situation des pâturages indique qu’en zone pastorale le disponible se trouve autour de la réserve faunique de Gadabéji, dans la vallée d’Aminatan, Amoulass, Effred, Boundou Zala, Pourel, dans la partie nord de la région. Dans les zones agropastorales et agricoles, les résidus de récoltes se font rares. De sorte que certains troupeaux se déplacent vers les zones de production comme les enclaves pastorales et les forêts classées de la région. Les ligneux contribuent, certes, à l’alimentation des animaux, mais de façon générale, l’alimentation animale en fourrage est insuffisante en quantité et en qualité sur tous les parcours de la région, compte tenu de l’importance des effectifs présents.

Au regard de cette situation, on assiste à un mouvement du cheptel. Ainsi, en zone pastorale c’est-à-dire au niveau du département de Bermo ; on observe une présence massive des animaux venant des autres régions du Niger notamment Tahoua, Zinder et Agadez. Selon les techniciens, le mouvement se focalise vers les endroits pourvus d’eau et/ou de pâturage. Et comme il fallait s’y attendre, cette concentration des animaux dans ces zones n’est pas sans conséquence : elle entraîne un surpâturage et une augmentation des besoins en eau des animaux, à tel point que les infrastructures ne peuvent pas répondre aux attentes des pasteurs

En zones agro-pastorales et agricoles les animaux effectuent des déplacements vers les enclaves pastorales et les forêts. Il y a aussi lieu de signaler que suite à la diminution du pâturage, on observe un déplacement des animaux vers le Nigeria.

Il est tout de même à signaler que sur le plan de la santé animale, la situation est, selon le rapport, calme dans son ensemble en dépit de "quelques cas de foyers de clavelée enregistrés dans les départements de Bermo et Madarounfa. On note également quelques cas de piroplasmose bovine dans le département de Bermo". Mais selon le rapport, ces foyers sont vite pris en charge par les services vétérinaires de la place et le Service Vétérinaire de Proximité.

Ce qui, par contre, est préoccupant, c’est le tarissement des mares semi permanentes. Face à cette situation, l’abreuvage des animaux est assuré à cette période par les stations de pompage, les Mini AEP, les puits villageois et pastoraux.

La conjugaison de tous ces facteurs fait que l’état d’embonpoint des animaux se dégrade au fur et à mesure. Actuellement, selon la Direction régionale de l’élevage de Maradi, «l’embonpoint des animaux est passé de passable à médiocre". On enregistre une augmentation de l’offre, en matière d’animaux sur les marchés. Et tout naturellement les termes des échanges sont en défaveur de l’éleveur, sauf à Madarounfa où il est positif. Comme on le constate donc, les pasteurs aussi font face à une situation pénible, qui nécessite une prise en charge rapide.

Hassane Adamou Amadou

25 avril 2017
Source : La Nation

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Agriculture