Elèvage de vollailles : Une basse-cour riche et diversifiée

Ils sont peu nombreux, mais leur présence est aussi captivante qu’édifiante. Il s’agit des jeunes aviculteurs participant à la 5ème édition du salon de l’agriculture, de l’hydraulique, de l’environnement et de l’élevage du Niger.Leur participation illustre aisément la portée et le développement de la filière d’élevage de la volaille, à travers l’exposition de quelques échantillons d’une multitude d’espèces et de races. Selon des aviculteurs exposant à la foire, malgré les conditions du climat sahélien, il est possible d’élever localement et avec succès plus d’une centaine de races de volailles, en grande partie originaires de l’Europe, du Maghreb et d’autres horizons. Cette adaptation de la diversité relève de la maitrise avancée, plus ou moins formelle, des astuces de l’aviculture.

Depuis son renoncement à l’exode, en Libye où il a appris l’aviculture, Mohamed Yacouba de retour au bercail il y’a environ trois ans, s’adonne avec passion et abnégation au métier. Agée d’une trentaine d’années,marié et père de deux enfants, il se réalise dignement dans la filière. Rien que les pigeons, le jeune éleveur et revendeur de volaille dit avoir une dizaine de races au niveau de sa mini-ferme avicole. A ce salon, Mohamed présente des pigeons de quatre génétiques différentes, qui proviennent de l’Inde, de l’Allemagne, de la France et des Etats-Unis. Les étagères de son stand exposent aussi d’autres espèces de volaille sur pied, tels que: des pintades, des poulets, des paons, ou des perroquets. D’après lui, le nombre de races de volaille disponibles toutes espèces confondues dépasse la centaine. « Le business de l’aviculture est assez florissant, au Niger et à Niamey en particulier où les gens s’intéressent de plus en plus à l’aviculture domestique. J’ai une maison entière consacrée à cette activité. C’est ma seule occupation professionnelle. Nous achetons des variétés en fonction de la demande de la clientèle, puis nous conditionnons leur reproduction», a confié l’éleveur de la volaille. Selon lui, les aviculteurs nigériens sont organisés en association. C’est ainsi qu’ils constituent un réseau facilitateur d’accès à la diversité de races des volailles, de partage d’expériences et de revente.Parlant du ravitaillement, il explique que les races importées provenant des quatre coins du monde leur parviennent généralement de l’axe Dakar-Bamako-Ouagadougou. Toutefois, ils peuvent, au besoin, commander par voie aérienne, comme lorsqu’il s’agit de la provenance du Maghreb. « Les relations d’échanges avec nos confrères des autres pays sont réciproques. Il leur arrive aussi de solliciter des échantillons auprès de nous», a mentionné Mohamed.

Avec tant de diversités, les volailles sont élevées depuis leur bas âge avec plein d’attention sur les conditions de leur croissance. Après leur adaptation survient le conditionnement de la reproduction.C’est là qu’interviennent les astuces modernes. « Aussitôt les œufs pondus, l’aviculteur les récupère et les met dans une couveuse, pour une durée de 21 jours pour le cas de poulet. Après l’éclosion artificielle, les poussins durent un délai pareil de trois semaines pour l’étuvage au moyen de la lumière H24 des ampoules ‘’70’’proprement choisies », a expliqué Issaka Ibrahim, un autre aviculteur rencontré au salon de Niamey.Face aux éventuels défauts de croissance de santé d’une volaille, les éleveurs font recours à leurs confrères,d’ici ou d’ailleurs, qui sont plus habitués au conditionnement de la race donnée.pour nourrir les volailles, les aviculteurs utilisent plusieurs aliments dérivés majoritairement des productions céréalières locales, avec souvent des croisements.

« J’ai connu d’énormes difficultés dans ce métier. Passionné, je partais jusqu’au Nigéria voisin pour payer des races. Le marché était très aléatoire de telle sorte qu’on endossait des pertes, du fait aussi de la faible maitrise des astuces d’élevage de certaines races. L’environnement n’est pas identique de là où j’ai appris le métier. Certains aliments pour volaille étaient rares. Nos volailles sont principalement destinées à l’aviculture domestique contrairement aux fermes industrielles de volaille pour consommation. Dieu merci, ces dernières années le marché se développe assez », se réjouit Issaka aviculteur depuis 13 ans.

Au-delà de la diversification, la performance que connait la filière de l’élevage de la volaille au Niger est aussi accentuée avec les avantages qu’offre le progrès de la technologie de l’information et de la communication dans les approches de la commercialisation. En effet, les volailleurs usent de plusieurs outils de commerce en ligne, pour rentrer en contact avec leurs fournisseurs et clients. Par le biais des réseaux sociaux, ils discutent en bon terme, avec des images illustratives à l’appui.

Le défi, reste celui de la modernisation. Selon Mohamed le matériel utilisé est essentiellement traditionnel. Ce qui laisse encore un peu complexe la gestion des fermes.

Mahamane Chékaré Ismaël(Stagiaire)
22 février 2019 
Source : http://www.lesahel.org/

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