Tillabéri/1ère édition de journée nationale dédiée à l’aquaculture : Echanges entre les acteurs de secteur de la pêche, de l’élevage et de l’irrigation sur la gestion durable des ressources halieutiques

En marge de la fête tournante du 18 décembre Tillabéri Tchandalo 2019 célébrant le 61ème anniversaire de la proclamation de la République du Niger, la Plate-forme paysanne a organisé, le 16 décembre 2019, la toute première édition de la journée nationale d’aquaculture. L’évènement a réuni une centaine de pêcheurs, d’éleveurs et de riziculteurs de tous les horizons du pays, dans la «capitale du fleuve». Il s’est agi, en effet, de pousser des réflexions thématiques autour de leurs activités, en vue d’une gestion durable des ressources halieutiques, face aux défis liés à l’environnement et à leur contribution pour l’autosuffisance alimentaire. L’ouverture de la journée a été présidée par le ministre de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement durable M. Almoustapha Garba accompagné de son homologue en charge de la Jeunesse et des Sports Moctar Kassoum,  en présence du gouverneur de la région et du maire de la commune urbaine et de plusieurs invités.

Les activités de l’élevage, de la petite irrigation et de la pêche contribuent significativement à l’économie nationale. Plus particulièrement, en ce qui concerne la pêche, elle se pratique, au Niger, sur le fleuve, les lacs, les mares et autres retenues d’eau d’une superficie globale d’environ 430 000ha et occupe plus de 70 000 personnes, selon les statistique du ministère en charge de l’Environnement. «La production de poissons est estimée à environ 40 000 tonnes, pour un chiffre d’affaires de 40 milliards de Franc CFA par an », a indiqué M. Almoustapha Garba. Le ministre de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement durable a, cependant, expliqué que  cette filière est à la traine, dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. En effet, rien qu’à Tillabéri capitale du fleuve, région hôte de cette première édition de la présente édition, où (d’après une enquête réalisée en 2013) 9111 ménages en dépendent, «les revenus générés par les activités de pêche sont dépensés essentiellement pour l’alimentation des ménages, les équipements et intrants de pêche, et les besoins sociaux de base (santé-éducation etc).

Le sous-secteur de la pêche reste caractérisé par une surexploitation des ressources, du fait de la persistance de la pêche illégale. Pourtant, ajoute le ministre en charge de l’Environnement, les pêcheries sont soumises à plusieurs défis liés aux activités anthropiques, aux changements climatiques, aux sécheresses récurrentes, à l’ensablement, au développement des plantes aquatiques envahissantes et aux pollutions diverses. « D’où toute la nécessité de ce cadre de réflexion pour la gestion efficiente et durable des ressources, à travers la formation et la sensibilisation des acteurs de l’irrigation, de l’élevage et de la pêche. Néanmoins, notre pays a, avec l’appui de ses partenaires, réalisé d’importants progrès selon les rapports périodiques de l’initiative 3N », relève le ministre Almoustapha Garba. Il a, à cet effet, salué l’initiative de la plate-forme paysanne qui a organisé cette journée dédiée aux agriculteurs, éleveurs et pêcheurs du Niger. C’est une occasion, dit-il, « pour les différents partenaires et acteurs du secteur de se retrouver et partager leurs expériences sur les meilleurs pratiques de gestion des ressources et créer des réseaux d’échanges de connaissances afin d’améliorer la mise en œuvre des stratégies (en la matière) et contribuer plus à l’économie nationale et aux efforts de réduction de la pauvreté et de la sécurité alimentaire ».

Il faut retenir que l’activité phare faisant objet de cet évènement est une « journée nationale des pêcheurs ». Quand on parle d’économie rurale, le regard est plus porté au niveau du sous-secteur de l’élevage et celui de l’irrigation. « En effet, à chaque fois, les gens disent que le monde rural est composé d’agriculteurs et d’éleveurs. Et, Dieu seul sait, que ce sont des milliers et des milliers de familles qui vivent, aussi, de la pêche. D’autre part, les effets dus aux changements climatiques ne font que détériorer leurs vies », a expliqué le président de la Plate-forme paysanne du Niger M. Djibo Bangna. D’où l’intérêt de cette journée, qui met un accent particulier sur la pêche au Niger, cela dit-il, en vue de pousser les réflexions et poser des regards perspectifs, en termes d’opportunités, d’enjeux et de défis qui se posent à ce secteur. C’est là une dynamique qu’entend instituer la plate-forme paysanne du Niger. Notamment, dans le cadre de la fête tournante de la proclamation de la République, fête du 18 décembre de chaque année, selon M. Djibo Bangna.

 Mahamane Chékaré Ismaël(Envoyé spécial)

02 janvier 2020
Source: http://www.lesahel.org/

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