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Prévention et gestion des Conflits entre agriculteurs et éleveurs au Niger.

Les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont de plus en plus récurrents au Niger. Cette question mérite qu’on lui accorde une attention toute particulière, surtout en cette période où la campagne agricole s’installe progressivement sur toute l’étendue du territoire national. En effet, chaque année, ces conflits entre acteurs ruraux surgissent un peu partout dans le pays et causent d’énormes dégâts matériels, de perte en vies humaines et de baisse du rendement etc.

L’Agriculture et l’élevage constituent les activités économiques principales du pays. Elles occupent plus de 85% de la population au Niger et contribuent à plus de 40%, au produit intérieur brut. Cependant, malgré le nombre important de la population qui exerce ces activités, force est de constater que ces acteurs ruraux font face à d’énormes difficultés qui entravent souvent leurs activités. Il s’agit entre autres de l’absence de complémentarité et d’une vision de partenariat entre ces acteurs ruraux en terme, de production, de transformation, de conservation et de commercialisation. Ce qui du coût engendre des problèmes, au niveau de la gestion des ressources naturelles (accès aux ressources naturelles) et de l’exploitation (mise en valeur des aménagements).

Ces acteurs ruraux font face également à un problème d’eau qui provoque souvent des conflits entre les agriculteurs, les populations et les éleveurs qui se partagent les points d’eau. D’autres problèmes non moins importants qui provoquent ces conflits sont la non disponibilité des aliments bétails qui depuis un certain temps font l’objet de commercialisation et les difficultés que rencontrent les éleveurs dans la transhumance. Ces facteurs obligent souvent les éleveurs à remonter très tôt. Il y a également l’occupation des terres réservées à l’élevage et les champs pièges et l’ignorance des textes qui régissent les rapports entre les acteurs ruraux. Ce qui, du coup, provoque l’occupation des couloirs de passage par les agriculteurs qui sèment dans ces espaces. Enfin, il y a le non-respect des délais de passages des animaux par les agriculteurs.

Malgré les actions multiples menées par l’Etat et les ONG qui interviennent dans le domaine, pour prévenir et gérer les conflits, les crises agro-pastorales persistent encore. Cette situation n’est pas sans conséquence sur le rendement de ces acteurs. C’est dans cette optique qu’il est important d’agir pour atténuer ces conflits qui ne cessent de gagner du terrain alors que les mécanismes de prévention et de gestion existent et le code rural qui régit ces conflits travaille autant que faire se peut pour mettre fin à ces conflits. Une campagne de sensibilisation s’avère également nécessaire pour prévenir les conflits et vulgariser les voies de recours à suivre en cas de conflits (car ces acteurs ne doivent pas se faire justice), mais également pour promouvoir les textes qui régissent les rapports entre ces acteurs ruraux et d’attirer leur attention sur les conséquences que peuvent avoir les conflits sur leur production.

Balkissa Hamidou

29 mai 2017
Source :  La Nation

 

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