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« Les études tendent à montrer que nous avons généralement des faux départs dans la zone Ouest », selon Katiellou Lawan Gaptia

Les premières pluies enregistrées il y a quelques jours à Niamey et certaines localités de notre pays annoncent-elles le démarrage de la saison des pluies au Niger ? Selon M. Katiellou Lawan Gaptia, chef de la division Prévisions météorologiques à la Direction de la Météorologie Nationale, certes, nous avons enregistré les premières pluies mais, pour parler véritablement de démarrage, il faut que les pluies commencent et qu’elles soient régulières.

« En 2013, quand nous avions dit qu’il ne faut pas semer après les deux grosses pluies d’Avril, les gens ont estimé que c’est le changement climatique que nous-mêmes on ne maitrise pas ; or, il y a eu 50 jours sans pluies. Suite à cela, tout ce qui a été semé en dehors des bas-fonds ou de certains types de sols avait été perdu. En début de saison, il y a beaucoup de vent, de la chaleur et les semis s’assèchent très vite. Voilà pourquoi nous expliquons clairement aux gens ce qui se passe. Il ne sert à rien pour nous de continuer à faire des analyses, des études ; il faut que les gens les utilisent et que l’Etat fasse en sorte que ces informations soient valorisées, diffusées, qu’on sensibilise les gens à leur utilisation pour en finir pour toujours avec les aléas précoces », selon M. Katiellou Lawan Gaptia.

« Ce qui est souhaitable pour un pays, c’est d’asseoir un mécanisme hydro climatique ou agro-climatique pour comprendre notre environnement et les caprices de notre climat. Il faut définir ce qu’on doit adopter comme stratégie pour arriver à asseoir une bonne méthodologie d’adaptation de nos paysans pour que, même en cas d’année pire, nous ayons des techniques agricoles, des ingénieurs, des managers, des gestionnaires de l’eau, toute une panoplie d’expertises qu’il faut capitaliser, mettre ensemble, pour que effectivement comme l’a dit le Président de la République, une année déficitaire ne rime pas avec une campagne déficitaire », a souligné le chef de la division Prévisions météorologiques.

Mais, à quoi les Nigériens vont s’attendre cette année en termes de pluies ? Selon les premiers résultats de nos prévisions saisonnières de cette année 2017, annonce M. Katielou, pour ce qui est de la qualité de la saison de façon générale, nous nous attendons à un cumul ou une saison normale sur l’ensemble du pays mais pour être beaucoup plus précis, on a de fortes chances d’avoir une situation normale surtout dans les zones ouest de Tahoua jusqu’à Tillabéry et la zone Est également qui va de Maradi à Diffa. Donc, c’est une situation de pluviométrie normale qui est prévue même si pour la zone ouest, nous avons une pluviométrie normale à tendance excédentaire.

Il y a une troisième zone qui est la zone du Dendi au sud de Dosso où la prévision indique pour la zone de Gaya, une pluviométrie excédentaire. Pour la zone ouest qui va de Tillabéry, Niamey, Dosso et Tahoua, nous attendons une pluviométrie moyenne avec une légère tendance à la hausse ; pour la zone Est, celle qui va de Maradi jusqu’à Diffa, on s’attend également à une situation de normalité de pluviométrie moyenne pour la saison.

Pour le démarrage de façon générale, il est prévu une précocité, indique M. Katiellou qui précise que l’installation prévue était précoce et que cette prévision a déjà eu lieu il y a deux semaines. Mais il y a un autre facteur qui entre en ligne de compte : c’est qu’au démarrage de la saison, il y aura beaucoup de pauses pluviométrie et c’est ce que nous sommes en train de vivre dans la zone ouest.

Selon les premiers résultats, on aura une situation de fin stable de façon générale. Cela n’empêche pas des cas où on aura des arrêts précoces et, vers la fin, les poches de sécheresse vont exister mais seront moindres par rapport à la situation du début qui nous semble beaucoup plus alarmante. Mais, il est vraiment attendu beaucoup de pauses pluviométriques. Ce que nous sommes en train de remarquer même dans la zone de Dosso et Gaya, on avait eu un premier démarrage, les précipitations ont commencé à tomber mais nous assistons déjà à cette pause. Même à Niamey, il y avait eu 100mm le 10 mai et jusqu’au 30 mai, il n’y a pas eu de pluie ; on a eu ainsi une pause de 20 jours.

Le constat, c’est que dans la zone Ouest par exemple, les études tendent à montrer que nous avons généralement des faux départs. « Il y a un début et après une pause, donc ce n’est pas le vrai démarrage et c’est cette situation que nous vivons sur certaines zones. Quand on dit aux gens de ne pas semer même après une pluie de 100mm, c’est qu’il y a en plus une valeur économique quand vous évaluez les pertes énormes pendant cette période de soudure », affirme M. Katielou.

Yassine Hassane

03 juin 2017
Source : http://lesahel.org/

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