jeudi, 17 mars 2016 20:56

Quand l’Etat du Niger fait ‘’affaire’’ avec des escrocs

Évaluer cet élément
(1 Vote)

 Il vous souviendra que dans notre précédente parution, nous avions fait état d’un bordereau de règlement émanant de la BCEAO au profit d’un compte logé à la BSIC. D’un montant d’un (1) milliard de FCFA, cet ordre de virement est fait au nom de la société WALLGATES. Une ténébreuse firme pilotée par Daniel Mukuri et son épouse Claude Desirée, qui sont de toute évidence, des pantins entre les mains de Salif Diallo, l’ami personnel du président Issoufou Mahamadou.

Pour rappel, WALLGATES avait décroché un marché de quelque 24 milliards de FCFA auprès de l’Etat du Niger dans le cadre du contrôle des flux des appels téléphoniques. Installés au Niger, Daniel Mukuri et son épouse sont à la tête d’un business qui jouit de l’aval des plus hautes autorités de notre pays. C’est ainsi qu’ayant un compte bancaire domicilié à la BLOM BANK au Liban, le couple Mukuri put avoir accès aux services de la CBAO-NIGER. Par le truchement de leurs cartes de crédit VISA et MASTER CARD PLATINIUM, Mukuri et sa compagne pouvaient faire des retraits à partir du Terminal de Paiement Electronique (TPE) de la CBAO-NIGER. Et, entre juillet 2014 et août 2015, le couple Mukuri effectua 153 retraits d’espèces s’élevant à 293.500.000 FCFA. Visiblement Mukuri Daniel et son épouse vivaient nettement au-dessus de leurs moyens. La CBAO-NIGER, constatant le pot aux roses, décida de rentrer dans ses droits par le biais d’une requête afin de saisie conservatoire adressée au président du Tribunal de Grandes Instances Hors Classe de Niamey. En d’autres termes, CBAO-NIGER demandait à saisir les biens meubles corporels et créances appartenant à la société WALLGATES. Notons que le Tribunal de Grandes Instances Hors Classe de Niamey, par ordonnance n°85 en date du 1er février 2016, donna une suite favorable à la requête introduite par CBAO-NIGER. Vous l’aurez compris, WALLGATES est une société en indélicatesse financière, plombée par des créances colossales. C’est pourtant au profit des dirigeants de cette société que le Guri avait ordonné le règlement d’un (1) milliard de FCFA le 1er mars 2016. Cette suspecte largesse de nos autorités renseigne, si besoin est, des méthodes mafieuses ayant actuellement cours au sommet de l’Etat. Décidemment, avec le Guri, il est bien difficile de cerner la limite entre la légalité et le gangstérisme, tant les deux se télescopent. Entre des amis peu recommandables, et le pillage systématique des deniers publics, car, la renaissance a profondément altéré nos moeurs politiques.

Alpha

 

17 mars 2016
Source :  Le Courrier