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Halima Alzouma Nigerienne

lundi, 04 mars 2013 06:59

Impunités Institutionnelle et Communautaire au Niger, deux Fléaux Rampants de notre Société

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Saidou HangadoumboA l’allure ou vont les choses au Niger, l’on est en droit de se demander si le vocable justice conserve son sens. De jour en jour, la réalité des événements confirme que le Nigérien ‘fort’ est un loup pour les faibles et les vulnérables. En dépit de toutes les professions de bonne foi, des engagements politiques, l’impunité va crescendo dans notre pays. Elle est institutionnalisée. Elle se manifeste aussi au niveau communautaire.

Au niveau étatique, l’impunité se voit tous les jours. En effet, les auteurs de détournements de milliards ou de millions, de vols et d’utilisation abusive des biens de l’état sont inquiétés et libérés peu de temps après. Des personnes qui ont abusé de leur pouvoir, dans l’exercice de leur fonction pour violer de jeunes scolaires, sont en liberté. Des responsables qui sont impliqués dans des conflits d’intérêt ne sont pas arrêtés.

Le chapelet des exemples d’impunités au Niger est très long et comprend plus des 99 éléments habituels que nous connaissons. Sans risque de se tromper l’on peut affirmer que l’impunité s’implante dans nos mœurs. Il n’est pas trop fort de dire que l’impunité est institutionnalisée dans notre cher pays.

Un autre phénomène rampant est la manifestation de l’impunité au niveau communautaire. Il n’est un secret pour tous ceux sont en contact avec leurs communautés que notre société est en danger. Qu’est ce qui reste de notre société si la grande majorité constituée par les campagnes est contaminée par le phénomène de l’impunité ? Dans nos campagnes, des responsables de coopératives agricoles, de comités de gestion scolaire, de santé, des microcrédits ou micro projets détournent, en toute impunité les ressources qu’ils sont supposés gérer pour l’intérêt des populations.

Le paroxysme du phénomène de l’impunité communautaire est atteint quand les jeunes s’adonnent à de nombreux vols dans les villages et à l’usage de stupéfiants de toutes sortes et restent impunis. Les auteurs des délits ou crimes ne sont pas inquiétés à cause de raisons que je donnerai dans un instant. Je n’exagère pas en disant que la nuit, vous ne pouvez rien laisser dans les champs, les jardins, les boutiques de petit commerce qui ne soit volé. De nos jours, en milieu rural, beaucoup de gens perdent le fruit de leur labour en une seule nuit. Les bandes de jeunes qui sont, le plus souvent sous influence des stupéfiants, volent tout sur leur passage. Les auteurs sont connus mais restent impunis.

A la lumière des constats sur le terrain, la cause principale de l’impunité est le clientélisme politique. Que ca soit au niveau de l’état ou au niveau communautaire, les gens se soucient plus de comment attirer et conserver les militants dans les partis politiques. Aussitôt que les auteurs des maux mentionnés plus haut sont en passe d’être inquiétés, ils menacent de démissionner du parti politique de la personne qui tente de les menacer. Ils sont soutenus aveuglement par leurs parents dans leur menace de transhumance. Les chefs traditionnels, les responsables communautaires et les autorités administratives à tous les niveaux sont soumis à ce chantage qui fait recette au Niger. Ainsi, nos campagnes sont devenues des endroits sans loi ni justice car tout le monde veut emprunter le raccourci de la voie politique.

A la lumière de ce constant d’un phénomène qui représente un véritable cancer dans notre société, tout citoyen qui est préoccupé par le devenir de notre pays doit se demander la conduite à tenir. Doit-on faire la politique sur de fausses bases comme le clientélisme politique, le manque d’éthique et de morale ? Je ne parle pas de démocratie qui est devenu un terme galvaudé et vidé de tout sens. Les politiciens doivent vite revenir à la réalité et cesser d’être des otages des militants délinquants, criminels, voleurs et malfaiteurs. Ils doivent sensibiliser les militants afin qu’ils sachent que tout homme honnête ne peut protéger un mauvais militant. Le Niger est au-dessus des faux, voire des bons militants. Nous devons avoir une tolérance zéro pour l’impunité, quelque soit le prix à payer.

C’est Dieu qui donne et sauvegarde le pouvoir. Pour paraphraser un sage Africain, nous devons admettre avec stoïcisme et courage qu’il y a une vie après le pouvoir.

Saidou Hangadoumbo, MD, MPH, PhD

NDjaména, Tchad

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